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L'art exprime-t-il des idées ?

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Celles-ci constituent ce que sont les choses en elles-mêmes et ne correspondent pas à la définition de l'idée comme « message « (au sens de « je viens d'avoir une idée «). Ainsi, l'art a pour fonction de dévoiler, au-delà de la diversité des choses, les Idées auxquelles elles se rapportent. Si l'art exprime des Idées, c'est désormais au sens où il dévoile la nature des choses, où il l'ex-prime.              Cette conception de l'art le rapporte donc aux formes fixes et immuables qui président à la nature : elle renvoie aux modèles, aux archétypes des choses. L'Idée exprimée n'est pas quelque chose que l'on dit sur quelque chose, mais la nature même des choses, l'en soi ou la face cachée de leur être.    

III - L'entrée dans la visibilité : l'art fait voir  

Ainsi, l'art n'est pas tant expression d'une idée, que le lieu même où l'Idée s'exprime. Or, une telle réflexion se retrouve dans l'ouvrage de Georges Didi-Huberman : Devant l'image. Pour l'auteur, il s'agit de définir le rôle de l'art par contraste avec d'une part l'iconologie, c'est-à-dire l'étude des images et, d'autre part, le rapport émotionnel et affectif aux oeuvres. L'une se donne en effet comme l'approche méthodique et rationnelle de l'oeuvre d'art, qui passe par l'application de certaines règles et par des grilles de questionnement posées à l'image, tandis que l'autre ne retient que le sentiment et les affects. Or, une telle alternative soit « intelligibilise « l'art à l'excès, soit le rend incommunicable.

Notre sujet renvoie, en différents sens, au fait d’exprimer des idées. En effet, cela peut à la fois signifier « transmettre un message « ou – dans un sens plus philosophique – « exprimer la nature d’une chose «. Bien qu’éloignés, ces sens n’en demandent pas moins à être hiérarchisés.
De fait, il est manifestement réducteur de voir dans l’art la transmission pure et simple d’un message, c’est-à-dire d’une idée prédéterminée. Cependant, nous verrons comment nous pouvons, à partir de cette conception, faire à un pas supplémentaire en direction d’une compréhension plus fine de l’art. Nous analyserons alors ce que peut signifier, en un sens philosophique, « exprimer des idées «, en mettant à la fois l’accent sur ce qui est exprimé – les idées – et la manière dont elles le sont, c’est-à-dire la manière dont celles-ci sont rendues visibles.

« voit la beauté. Alors, et alors seulement, elle vient à l'existence. A présent, les gens voient desbrouillards, non parce qu'il y en a, mais parce que des poètes et des peintres leur ont enseigné lamystérieuse beauté de ces effets. Des brouillards ont pu exister pendant des siècles à Londres. J'osemême dire qu'il y en eut. Mais personne ne les a vus et, ainsi, nous ne savons rien d'eux. Ilsn'existèrent qu'au jour où l'art les inventa. Maintenant, il faut l'avouer, nous en avons à l'excès. Ilssont devenus le pur maniérisme d'une clique, et le réalisme exagéré de leur méthode donne labronchite aux gens stupides. Là où l'homme cultivé saisit un effet, l'homme d'esprit inculte attrape unrhume. Soyons donc humains et prions l'Art de tourner ailleurs ses admirables yeux. Il l'a déjà fait, du reste. Cette blanche et frissonnante lumière que l'on voit maintenant en France, avec ses étrangesgranulations mauves et ses mouvantes ombres violettes, est sa dernière fantaisie et la Nature, ensomme, la produit d'admirable façon. Là où elle nous donnait des Corot ou des Daubigny, elle nousdonne maintenant des Monet exquis et des Pissarro enchanteurs. En vérité, il y a des moments, raresil est vrai, mais qu'on peut cependant observer de temps à autre, où la Nature devient absolumentmoderne. Il ne faut pas évidemment s'y fier toujours. Le fait est qu'elle se trouve dans unemalheureuse position. L'Art crée un effet incomparable et unique et puis il passe à autre chose. LaNature, elle, oubliant que l'imitation peut devenir la forme la plus sincère de l'inculte, se met à répétercet effet jusqu'à ce que nous en devenions absolument las. Il n'est personne, aujourd'hui, de vraimentcultivé, pour parler de la beauté d'un coucher de soleil. Les couchers de soleil sont tout à fait passésde mode. Ils appartiennent au temps où Turner était le dernier mot de l'art. Les admirer est un signemarquant de provincialisme." O. Wilde Intentions, le Déclin du mensonge . Commentaire : La nature est notre création. Wilde soutient d'abord que nous ne sommes pas les créations de la Nature, mais qu'elle est notre propre création. Ce qui signifie non pas que nous ayons réellement créer la nature - ce seraitabsurde - mais que la nature n'est pour nous rien d'autre que la représentation qu'on s'en fait : n'existe pour nous que ce dont on a une représentation. En ce sens, on peut dire que les choses n'existent que par nous qui nous lesreprésentons. Regarder et voir . Entre regarder et voir, il y a cette différence connue que regarder, c'est seulement percevoir sans attention ni intérêt particulier, voir, c'est apercevoir une chose en tant que telle, avec attention. Ce n'est pasparce qu'une chose est présente à nos sens qu'on la voit, mais parce qu'elle attire notre attention : on peutparfaitement regarder le monde et ne rien y voir. On peut donc bien dire avec Wilde que les choses ne se mettent àexister pour nous que lorsqu'elles sont vues et non pas seulement regardées. Or, Wilde soutient que ce qui faitqu'on voit les choses et donc qu'elles se mettent à exister pour nous, c'est leur beauté. Ne sont vues que les belleschoses. Ce qui permet du coup de comprendre l'importance des arts : ce sont les œuvres d'art en tant qu'elles fontvoir de belles choses ou les choses de telle sorte qu'elles soient belles qui font que les choses sont vues et semettent à exister pour nous. Les brouillards. On s'est mis à voir les brouillards non parce qu'ils sont apparus, mais parce que les peintres et les poètes les ont inventés dit Wilde. Ce qui signifie que les œuvres d'art ne font pas apercevoir une réalité quipréexistait sans qu'on le sache, elles donnent à la réalité des aspects qu'elle n'a pas, mais qui la rendent belle detelle sorte que cela attire notre attention. Ce qui existe pour nous n'existe bien que pour nous : en elles-mêmes leschoses ne sont pas telles qu'on les voit : il n'y a que pour nous qu'elles sont comme on les voit. Ce n'est pas l'art qui imite la nature, mais la nature qui imite l'art . La nature finit par ressembler aux œuvres d'art, comme si elle les imitait, s'ingéniait à reproduire leurs effets. Ce paradoxe signifie que nous finissons par voir laréalité comme les œuvres d'art la représentent, encore que cette représentation soit tout à fait fantaisiste. Lesœuvres d'art déterminent notre manière de percevoir la réalité au point de la voir comme elles la figurent. C'estpourquoi, après avoir vu des couchers de soleil comme Turner les peint, on découvre la nature comme lesImpressionnistes la peignent. »

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