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L'art n'est-il qu'un mode d'expression subjectif?

Publié le 31/03/2005

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2. L'artiste est créateur de liberté   La notion de création dénote avant tout et en premier lieu la création divine celle que nous présente la Genèse. Par extension le concept de création subsume aussi l'idée de création artistique. Il apparaît comme la représentation d'un monde à travers une subjectivité particulière. Le travail de l'artiste apparaît comme libérateur à la fois pour celui à qui il s'adresse, et à la fois pour celui qui crée. La création artistique comme libération d'un monde pensé sous le seul mode de l'utilité. BERGSON, La pensée et le mouvant « Remarquons que l'artiste a toujours passé pour un « idéaliste «. On entend par là qu'l est moins préoccupé que nous du côté positif et matériel de la vie. C'est au sens propre du mot « un distrait «.

 

L'art n'est-il qu'un mode d'expression subjectif ? Le « n'est-il que « insiste sur le caractère limitatif de cette définition. Définir l'art comme mode d'expression, c'est le placer sur le même plan que le langage par exemple. Autrement dit l'art serait un mode de transmission, de traduction, de communication – communication qui ne serait pas partagée par tous mais qui serait subjective. Ce subjectif est plurivoque : il renvoie à la fois au relativisme, à la subjectivité, et à la particularité. Ainsi il serait un mode d'expression s'adressant à une subjectivité, et dès lors n'aurait comme prétention que d'être particulier – mais l'art n'est-il pas le premier moment du savoir absolu ? D'où notre question : dans quelle mesure est-il légitime de réduire l'art à n'être qu'un mode d'expression subjectif ?

 

  1. L'art -  un mode d'expression subjectif
  2. L'oeuvre d'art comme le langage est communication entre l'artiste et le public

 

« HEGEL « Le but de l'art, son besoin originel, c'est de produire aux regards unereprésentation, une conception née de l'esprit, de la manifester comme sonoeuvre propre ; de même que, dans le langage, l'homme communique sespensées et les fait comprendre à ses semblables. Seulement, dans le langage,le moyen de communication est un simple signe, à ce titre, quelque chose depurement extérieur à l'idée et d'arbitraire. L'art au contraire, ne doit passimplement se servir de signes, mais donner aux idées une existence sensiblequi leur corresponde. Ainsi, d'abord, l'oeuvre d'art, offerte aux sens, doitrenfermer en soi un contenu. De plus, il faut qu'elle le représente de tellesorte que l'on reconnaisse que celui-ci, aussi bien que sa forme visible n'estpas seulement un objet réel de la nature, mais un produit de la représentationet de l'activité artistique de l'esprit. L'intérêt fondamental de l'art consiste ence que ce sont les conceptions objectives et originelles, les penséesuniverselles de l'esprit humain qui sont offertes à nos regards. » Hegel rompt avec Kant, pour qui la beauté naturelle tient une large part. Lacontemplation de la belle nature accordemystérieusement l'imagination et l'entendement. Hegel rejette la beauténaturelle, car la beauté artistique étant un produit de l'esprit lui estnécessairement supérieure. C'est pour nous et non en soi et pour soi qu'un être naturel peut être beau. L'imitation de la nature n'est donc pas de l'art, tout au plus un exercice d'habileté, parlequel on imite le Créateur. Il y a plus de plaisir à fabriquer des outils ou des machines qu'à peindre un coucher desoleil. La valeur de l'art est tout autre : c'est l'esprit à l'oeuvre, qui s'arrache de la nature en la niant. Au moyen del'art, l'homme se sépare de la nature et se pose comme distinct. L'art peut donc faire l'objet d'une science, penseHegel, il suffit d'en montrer la nécessité rationnelle dans l'histoire de l'humanité. L'oeuvre d'art ne décrit pas uneréalité donnée, elle n'est pas faite pour notre plaisir, mais l'art est en son essence une intériorité qui cherche às'exprimer, à se manifester ; c'est un contenu qui cherche une forme, un sens qui veut se rendre matériel. On nepeut le condamner pour son apparence, car il faut bien à la vérité une manière de se montrer. L'art étanthistoriquement la première incarnation de l'esprit, il se confond d'abord à la religion : la religion grecque est l'art greclui-même. Ce sont Homère et Hésiode qui ont inventé les dieux grecs. Cet âge d'or de l'art, que Hegel définit comme"classique", sera dépassé par l'art romantique avec l'apparition du christianisme. La religion chrétienne estessentiellement anthropomorphique : le divin est le Christ, soit une pure individualité charnelle, qui a souffert et quiest morte en croix. Seul l'art peut ici donner une représentation charnelle de ce divin, dont le passage historique aété fugitif, et si l'art est mort dans notre société moderne, c'est probablement pour la raison que la spiritualitéchrétienne ne suffit plus tout à fait aux besoins de l'esprit. Le beau est une idée, soit l'unité d'un concept et de la réalité. Le concept est l'âme tandis que la réalité en estl'enveloppe charnelle. Le beau est donc la manifestation sensible de cette unité ; il exprime une réconciliation. Il estnaturel qu'il échappe à l'entendement qui sépare et qui divise, de même qu'à la volonté qui cherche à soumettrel'objet à ses propres intérêts. Tout ce qui est libre, indépendant, infini, conforme à la seule nécessité de sonconcept, peut être dit beau. De plus, un bel objet est vrai, puisqu'il est conforme à son être. Cela implique qu'aucunorganisme vivant ne pourra être beau, parce que soumis au besoin, il n'a pas de véritable liberté. Seule la beautéartistique peut être accomplie : elle représente l'idéal. L'idéal est soustrait de la vie quotidienne imparfaite etinauthentique. Il incarne l'universel dans l'individualité absolument libre et sereine : le symbole en est l'individualitéapollinienne, perfection d'harmonie et de forme, sérénité conquise sur la douleur. En un sens, cette beauté idéaleest hors du temps et de l'histoire, symbole de l'éternité. Si cet idéal de beauté est désormais révolu, alors qu'ilculminait dans l'art grec, c'est que l'organisation sociale et la production économique sont devenues prévalentes,soudant les individus dans des rapports de besoin, d'échange et de travail complexes et étroits. L'Idéal ne peut pluss'incarner dans l'art, il s'est incarné dans l'État et la politique à la fin du xixe siècle et au cours du xxe siècle. Onpeut toutefois remarquer qu'à notre époque présente, ces deux formations ne semblent plus animées par lesaspirations spirituelles les plus hautes des individus et de la collectivité. Nous vivons dans l'ère du nihilisme queNietzsche avait diagnostiquée à la fin du xixe siècle. 2. L'art – la subjectivité en action L'art semble véritablement être le lieu de la subjectivité. Tout d'abord la subjectivité du créateur qu'il soitpeintre, poète ou musicien ; puis la subjectivité du destinataire. C'est ainsi qu'on parle souvent de relativismequant à la norme du goût.La beauté varierait selon un sujet, voire selon les moments de la vie de ce dit-sujet. La beauté seconstituerait selon l'évolution de ce dit sujet. Si la belle musique trouve son incarnation pour un individu dansle rap, pour un autre ce sera la musique classique. Il n'y aurait donc aucune discussion possible sur le beaudès lors qu'il serait purement et simplement subjectif. Cf le proverbe : « les goûts et les couleurs ne sediscutent pas » Néanmoins ça pose problème car ceci remettrait en question la critique d'art. Quel estl'intérêt de la critique d'art si elle ne repose sur rien. Une des réponses serait la suivante : le beau serait II. »

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