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R. Huyghe affirme que, par l'art, « le monde devient plus intelligible et accessible, plus familier ». Sans vous limiter au seul domaine de la peinture, mais en vous appuyant sur votre expérience de la littérature, de la musique, du cinéma ou de toute autre forme d'expression artistique, vous direz, dans un développement composé, si l'art vous apparaît comme le mode privilégié de compréhension du monde.

Publié le 08/08/2014

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René Huyghe

SENS ET DESTIN DE L'ART (1967)

La connaissance de l'art

Nombreux sont ceux pour qui l'art n'est qu'un jeu, supérieur, certes, mais un jeu, un amusement ; nombreux sont ceux qui ne le révèrent que par conformisme et avec un secret mépris pour son « inutilité «. Certains ne sont pas loin de le considérer comme un luxe.

5              Pourtant l'art est une fonction essentielle de l'homme, indispensable à l'individu comme aux sociétés et qui s'est imposé à eux comme un besoin dès les origines préhistoriques. L'art et l'homme sont indissociables. Pas d'art sans homme, mais peut-être également pas d'homme sans art. Par lui, l'homme s'exprime plus complètement, donc se comprend et se réalise mieux. Par lui, le monde devient plus intelligible et accessible, plus familier. Il est le moyen d'un perpétuel échange avec ce qui nous entoure, une sorte de respiration de l'âme assez analogue à celle, physique, dont ne peut se passer notre corps. L'être isolé ou la civilisation qui n'accèdent pas à l'art, sont menacés d'une secrète asphyxie spirituelle, d'un trouble

15 moral.

Pour bien comprendre le rôle de l'art, il n'est pas inutile de se deman­der ce qui caractérise l'homme, ce qui le distingue essentiellement de l'animal, ce qui lui donne sa place prééminente dans la chaîne des êtres, ce qui fait sa dignité et sa noblesse. L'animal ne ressent en lui que des

20 impulsions plus ou moins impérieuses, et il leur obéit : ce sont ses ins­tincts, ses appétits, ses désirs, voire les réflexes que son maître lui a appris. Pour lui, agir c'est subir — subir sa propre nature.

L'homme veut davantage : il ne lui suffit pas d'agir, il veut agir « en connaissance de cause «, ainsi qu'il le dit lui-même. Il veut connaître et

25 juger les mobiles de ses actes, la « raison « des choses et des faits qui l'entourent et qui retentissent sur lui. De là est sortie, au sens le plus vaste du mot, la science, et plus particulièrement celle du passé : l'histoire.

Mais à quoi sert de connaître, si ce n'est pour agir sur ce qui est, agir sur ce qui sera ? Forger le présent et l'avenir ? Mais à quoi servirait d'en 30 acquérir le pouvoir, si c'était seulement pour le livrer au hasard ? Il faut donc savoir ce que l'on veut, choisir ce que l'on veut. Or choisir impliqueque l'on juge ce qui est bon ou ce qui est mauvais, ce qui est beau ou ce qui est laid. Ainsi à cette première faculté propre à l'homme : la connais­sance lucide, s'en ajoute une autre : le sens de la qualité, le désir d'amé­liorer le monde et de s'améliorer. Du même coup sont fondés à la fois la morale et l'art, l'éthique et l'esthétique. Ces deux domaines se côtoient, parfois même se pénètrent mutuellement, du moins en leur zone frontalière ; il est arrivé qu'on les confonde.

Mais si la morale commande surtout à non actions, l'art s'applique à nos créations. Dans les deux cas, c'est pour leur conférer cette qualité que l'homme a seul le don de concevoir spontanément et de poursuivre lucide­ment.

 

Connaître ce qui a été, ce qui est, ce qui peut être ; créer le meilleur, voilà donc le propre de l'homme et sa grandeur. Or, l'histoire de l'art répond à cette double quête de la connaissance et de la qualité. Par elle, l'homme apprend à se mieux pénétrer, à savoir ce qu'il a été au long des siècles, tel qu'il s'est reflété dans le témoignage direct, irrécusable et tou­jours vivant de ses oeuvres ; tel qu'il est aussi dans sa nature profonde et éternelle, car rien mieux que l'oeuvre d'art ne permet de sonder la sensibi­lité et l'esprit, les profondeurs de l'homme.

« que l'on juge ce qui est bon ou ce qui est mauvais, ce qui est beau ou ce qui est laid.

Ainsi à cette première faculté propre à l'homme : la connais­ sance lucide, s'en ajoute une autre : le sens de la qualité, le désir d'amé­ liorer le monde et de s'améliorer.

Du même coup sont fondés à la fois la morale et l'art, l'éthique et l'esthétique.

Ces deux domaines se côtoient, parfois même se pénètrent mutuellement, du moins en leur zone frontalière; il est arrivé qu'on les confonde.

Mais si la morale commande surtout à non actions, l'art s'applique à nos créations.

Dans les deux cas, c'est pour leur conférer cette qualité que l'homme a seul le don de concevoir spontanément et de poursuivre lucide­ ment.

Connaître ce qui a été, ce qui est, ce qui peut être ; créer le meilleur, voilà donc le propre de l'homme et sa grandeur.

Or, l'histoire de l'art répond à cette double quête de la connaissance et de la qualité.

Par elle, l'homme apprend à se mieux pénétrer, à savoir ce qu'il a été au long des siècles, tel qu'il s'est reflété dans le témoignage direct, irrécusable et tou­ jours vivant de ses œuvres ; tel qu'il est aussi dans sa nature profonde et éternelle, car rien mieux que l'œuvre d'art ne permet de sonder la sensibi­ lité et l'esprit, les profondeurs de l'homme.

•Questions 1.

Résumé (8 points) Vous résumerez ce texte en 180 mots (un écart de 10 % en plus ou en moins est toléré).

Vous indiquerez à la fin de votre résumé le nombre exact de mots employés.

2.

Vocabulaire (2 points) Vous expliquerez dans le contexte le sens des expressions suivantes : -qui ne le révèrent que par conformisme (1.

2-3), - asphyxie spirituelle (1.

14).

3.

Discussion (10 points) R.

Huyghe affirme que, par l'art,« le monde devient plus intelligible et accessible, plus familier ».

Sans vous limiter au seul domaine de la peinture, mais en vous appuyant sur votre expérience de la littérature, de la musique, du cinéma ou de toute autre forme d'expression artistique, vous direz, dans un développement composé, si l'art vous apparaît comme le mode privilégié de compréhension du monde.

68. »

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