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L'artiste ne cherche-t-il qu'à divertir ?

Publié le 03/02/2004

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Les hommes sont incapables de supporter la conscience de leurs faiblesses et de leur mortalité. Ils cherchent donc à l'oublier. L'artiste est ainsi le complice d'un aveuglement. Illusionniste, il doit sa puissance à la force d'un penchant universel à désirer l'illusion comme le baume momentané à nos angoisses ou à notre dégoût. Nous pourrions dire que c'est un fantaisiste, en rappelant que ce mot renvoie à l'origine au pouvoir de l'imagination. La fuite dans l'irréalité des représentations prend ainsi, pour qui sait la lire, une valeur métaphysique. Celle d'un avertissement concernant la vérité de notre condition.

B. Le mépris de la vérité

La critique pascalienne démasque l'envers du plaisir pris aux oeuvres. Cette satisfaction ne saurait être que de mauvaise qualité.

L'art est illusion et apparence. Il tente de nous détourner de la réalité en nous créant un monde imaginaire. Mais, l'art n'est pas seulement jeu et divertissement. Il est une quête de vérité.

  • I) L'art ne cherche qu'à divertir.

a) L'apparence est ce qui fait la grandeur de l'art. b) L'existence de l'homme n'est qu'une douleur. c) L'art est un luxe.

  • II) La fonction principale de l'art n'est pas de divertir.

a) L'art ne se consomme pas. b) L'art est une affaire sérieuse. c) L'art boulerse.

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« [Transition] Les réflexions de Hume nous instruisent en nous montrant qu'un artiste a le pouvoir de ravir son auditoire, c'est-à-dire de le posséder en l'enchantant. Ce point rend nécessaire une interrogation sur la finalité de cette opération. Necomporte-t-elle pas certains dangers ? 2. L'artiste en procès A. La vanité de l'artisteLe pouvoir de l'imitation n'a pas échappé à Pascal qui fustige la vanité de la peinture en notant qu'elle fait admirerdes objets auxquels nous ne prêtons pas attention au quotidien. La vanité est un simulacre. Elle donne l'apparenced'une présence ou d'une qualité quand elle repose sur son contraire.Elle fait triompher le néant sur l'être véritable. Le cas de l'artiste est donc grave. Pascal analyse finement le goût del'homme pour le divertissement et retrouve la même logique. Nous n'aimons pas les spectacles pour eux-mêmes maisparce qu'ils nous détournent de la considération de notre vide intérieur. Les hommes sont incapables de supporter laconscience de leurs faiblesses et de leur mortalité. Ils cherchent donc à l'oublier. L'artiste est ainsi le complice d'unaveuglement. Illusionniste, il doit sa puissance à la force d'un penchant universel à désirer l'illusion comme le baumemomentané à nos angoisses ou à notre dégoût. Nous pourrions dire que c'est un fantaisiste, en rappelant que cemot renvoie à l'origine au pouvoir de l'imagination. La fuite dans l'irréalité des représentations prend ainsi, pour quisait la lire, une valeur métaphysique. Celle d'un avertissement concernant la vérité de notre condition. B. Le mépris de la véritéLa critique pascalienne démasque l'envers du plaisir pris aux oeuvres. Cette satisfaction ne saurait être que demauvaise qualité. De fait, il est aisé de voir que bien des spectacles ne cherchent qu'à exciter. Leurs auteurs neméritent pas le titre d'artiste mais de démagogue. Il est cependant plus troublant de s'apercevoir que des créateursconsidérables ont pu être critiqués au nom d'une conception de la vérité. Dans la Lettre à d 'Alembert sur lesspectacles, Rousseau reproche au théâtre de flatter notre égoïsme. Une injustice mise en scène nous émeut car ellene nous touche pas réellement. Notre conduite le prouve. Nous la supportons sans rien dire lorsque nous larencontrons hors de la salle et il nous arrive même d'en commettre de similaires. Rousseau en déduit que le théâtre détourne notre jugement et notre sens moral en éloignant ce qu'il nousmontre parce qu'il le représente. Il reproche ainsi à Molière d'avoir ridiculisél'honnête mais peu aimable Alceste au profit de la fausse vertu de Philinte. Lacondamnation prononcée par Pascal s'aggrave. L'artiste est désormais celuiqui aveugle sciemment son auditoire car il sait que la salle aime rire. La véritéà laquelle nous croyons n'est que la façon dont il nous séduit. C'est unsophiste. Ce procès prend son origine chez Platon qui, dans la République,qualifie le peintre d'imitateur d'apparences. L'artisan fabrique des objets réels,utilisables. S'ils sont toujours imparfaits par rapport à un modèle que Platonnomme Idée, ils ont le mérite de chercher à y correspondre de leur mieux.L'artiste, à l'inverse, cherche à se dérober en produisant des imagescharmantes qui égarent en séduisant. L'artiste, parce qu'il crée des fictions,est l'homme du non-être, du simulacre. Le divertissement est donc un acteimmoral qui ravit l'esprit en le soustrayant à sa tâche, la connaissance de lavérité. [Transition] Ces analyses nous obligent à considérer de plus près la dimension del'apparence. Celle-ci est généralement décriée comme étant trompeuse maisson cas est plus complexe. Elle désigne d'abord ce qui apparaît. »

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