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Le désir n'est-il que l'expression d'un manque ?

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Plan : 

I. Thèse : le désir est manque, pauvreté, pénurie, « béance « Ex : 

le désir platonicien est manque d'être et s'origine dans le manque. 

II. Antithèse plus que manque, le désir est production et 

création. 

III. Synthèse le désir est manque, dépassement de son manque et, 

simultanément, construction. 

La conclusion : le désir est une production où je me forge et me 

construis. 

Introduction 

Qu'est-ce, tout d'abord, que le désir ? Il désigne une tension vers un objet que 

l'on aimerait posséder, objet que l'on imagine source de satisfaction. Le désir ne se 

confond ni avec la volonté, organisation réfléchie de moyens en vue d'une fin, ni avec 

le besoin, manque essentiellement matériel alors que le désir est de l'ordre de 

l'existentiel et me concerne dans ma réalité profonde. Dans le désir, il semble que je 

tende vers quelque « objet « fondamental dont j'ai, en quelque sorte, la nostalgie. Au 

contraire, le besoin est un manque, d'essence physique. Que désigne, maintenant, le 

terme « expression « ? Exprimer, c'est rendre sensible par un signe. Quant à 

l'expression, elle signifie, ici, la manifestation sensible de quelque chose d'autre, de 

plus profond, à savoir, dans cet intitulé de sujet, le manque. Ce terme de manque vient 

du latin mancus, manchot, défectueux et signifie le défaut, l'absence ou la grave 

insuffisance d'une chose nécessaire. 

Dans la notion de manque, il y a celle d'une pénurie, d'une rareté, d'une lacune 

(inscrite en notre être). Si nous portons également notre attention sur le « ne...que « 

qui figure dans l'intitulé, le sujet, dès lors, possède le sens suivant : la tension vers un 

objet que l'on aimerait posséder se rattache-t-elle uniquement à l'incomplétude qui est 

en nous, n'est-elle que la manifestation d'une détresse fondamentale et s'origine-telle 

en elle ? 

Le problème est, alors, de savoir si le désir n'est pas, également, créateur et 

producteur : n'y a-t-il pas, dans le désir, une production authentique de soi-même 

mettant l'existant sur la voie de l'humanité ?

« douloureuse pé nurie, tension vers l 'objet et creux affectif. Le désir n 'est donc que le signe sensible d'une pénurie faisant partie de nous -même, que la manifestation d'une détresse qui s'identifie à notre existence même. Exister, c'est être en détresse, c'est souffrir, c'est être fondamentalement « vide », et le désir témoigne de cette pénible incomplétude existentielle. Pour illustrer concrètement cette vision du désir en tant qu'il s'origine dans le manque, nous pouvons donner l'exemple de l'Eros platonicien, de l'Amo ur du Banquet . Et, en effet, dans le Banquet , Platon a fondé la théorie du désir, qui informe tout notre savoir occidental : le désir n'est point plénitude, mais incomplétude. Le père d'« Amour -Désir » est Expédient. Sa mère est Pauvreté (Pénia ). Le célè bre mythe de la naissance d'Eros nous conduit donc bien à souligner que le désir est, fondamentalement, l'expression , d'un manque. L'Amour crie misère, il est en détresse et semble un gueux que jamais la misère ne lâche : « ...il crie toujours misère, et i l s'en faut qu'il soit tendre et beau, comme on le croit généralement : il est dur, desséché, il va nu -pieds et n'a pas de maison ; il couche par terre sans couverture, en plein air, au seuil des fermes et sur les routes ; c'est qu 'il a la nature de sa mèr e que la misère ne le lâche pas » (Le Banquet) . Ainsi, le désir ne serait -il pas le manque lucide se connaissant en tant que tel ? Le désir (et nous ne parlons point seulement ici du désir sexuel) témoigne de cette incapacité d'être apaisé, rassasié, assou vi, incapacité qui nous caractérise. Le désir manifeste cet état de « non -repos » qui est nôtre. Il ne se confond pas avec l'inquiétude, mais la manifeste. On remarquera, d'ailleurs, que le désir paraît, à ce niveau, non point manque lui -même, mais express ion d'un manque, ce qui n'est pas la même chose. Il naît du manque et ne se confond pas avec lui. Mais cette analyse du désir, pour classique qu'elle soit, ne comporte -t-elle pas des aspects gênants ? En particulier, ne fait -elle pas du désir une sorte de « maladie » que l'homme découvre dans son être même ? Rattacher le désir à une incomplétude, n'est -ce pas le comprendre comme un simple « défaut » de l'homme, cet animal malade et souffrant ? Peut -être ce point doit -il être davantage creusé et élucidé, de manière à mieux approfondir la vérité et l'essence du désir. II. Plus que manque, le désir est production Ne voir dans le désir que l 'expression et la manifestation sensible d'un manque originel, suscite, en effet, tout un ensemble de critiques dont la plu s manifeste et la plus évidente vient d'être énoncée : ceci suppose qu'on voit en l'homme un animal malade, souffrant, inquiet, dont toute l 'existence est une quête inassouvie vers l'objet et les objets. Mais on nous rétorquera qu 'après tout, cette descrip tion « classique » est vraie et légitime, que définir le désir à partir du manque, c'est, tout simplement, enraciner l'homme dans cette « pathologique » condition qui est sienne. Tentons, par conséquent, d'entrevoir quelque autre faille dans le discours de la thèse énoncée plus haut, thèse originant le désir dans le manque. Un autre argument semble infiniment plus fondé : chaque fois qu'on origine le désir dans le manque, ne double -t-on pas notre monde (sensible) d'un autre monde purement idéal, de type « p latonicien », un univers d'« Essences » ? Et, en effet, si l'objet fondamental semble toujours au -delà de tout désir, peut -être est -ce parce que l'objet (essentiel) se situe ailleurs... Ainsi, en insistant sur un manque où s 'originerait le désir, on procèd e par opération doublant, de manière platonicienne, notre univers sensible par des Idées ou Essences. « ...l'objet manque au désir ; donc le monde ne »

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