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Le développement technique met-il l'homme en opposition avec la nature?

Publié le 05/03/2005

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Le mot nature est ambigu. Le naturalisme du XVIIIe siècle par exemple est contradictoire. D'une part son épistémologie réduit la nature à un mécanisme (des faits soumis à des lois nécessaires) indifférent aux valeurs humaines. D'autre part, sa morale prétend se fonder sur la nature, c'est-à-dire sur des tendances spontanées, supposées bonnes; la nature devient alors la Mère-Nature, une sorte de providence bienveillante. Le progrès technique a incontestablement permis à l'homme de rompre avec la nature et de s'affirmer comme être pensant et culturel. Mais en faisant prévaloir les moyens sur la fin et en déchargeant l'homme de la peine de faire et parfois de penser, le développement technique n'a-t-il pas fini par asservir le vivant et par aliéner l'homme? Comment faire en sorte qu'il permette à l'homme de vivre en harmonie avec la nature tout en développant ses qualités d'homme? 1. La technique a fait sortir l'homme de l'état de nature. * La technique suppose un arrachement au règne naturel au sens où elle manifeste une pensée guidant un savoir-faire.
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« Marx caractérise d'abord le travail comme une action par laquelle l'homme donne forme utile à la matière.

Cetteaction est une transformation par laquelle il « s'assimile » les matières naturelles, c'est-à-dire leur imprime sa marqueen les façonnant de telle sorte qu'elles répondent, sous forme d'objets, aux besoins de son corps.À ce niveau, rien ne vient pourtant encore distinguer le travail de l'homme de celui des animaux et notamment desinsectes qui, eux aussi, comme l'araignée ou l'abeille, transforment la matière et lui impriment leur marque.C'est pourquoi Marx doit préciser que cette définition donne simplement à l'homme le rôle d'une « puissance naturelle», au même titre que n'importe quel être vivant.

Cette définition est donc insuffisante et il s'agit de la dépasser sil'on veut montrer que l'homme seul connaît la dimension authentique du travail.La définition précédente ne ne nous livrait, en effet, qu'un « état primordial du travail » commun aux animaux et auxhommes et convenant aussi bien aux opérations accomplies sous l'effet d'un pur instinct.Ces dernières formes de travail sont primaires ou primordiales car elles développent une compétence purementaveugle, liée à la « programmation » biologique des espèces.

L'insecte, en effet, ne se représente pas l'action qu'il aà accomplir avant de l'effectuer, alors que l'homme possède la conscience du but qu'il cherche à réaliser et sereprésente en idée le résultat qu'il cherche volontairement à produire.Pourquoi dit-on alors que les abeilles ou que les araignées travaillent ? Il s'agit pour Marx d'une comparaisontrompeuse, fondée sur une simple ressemblance qui ne doit pas nous abuser, car il existe un abîme infranchissableentre l'instinct et la conscience.

Ce à quoi s'oppose cet extrait: Ce texte s'oppose à tous ceux qui louent la perfection du travail animal, guidé par un instinct qui ne connaît ni lestâtonnements ni les erreurs du travail humain dirigé par la conscience.L'instinct, dit-on, est finalisé, c'est-à-dire naturellement adapté à la réalisation d'un but atteint sans errements.Ainsi, les abeilles fabriquent leur miel et les araignées tissent leurs toiles sans jamais se tromper, car l'instinct estadapté à la réalisation de ces tâches, sans passer par les erreurs d'un perfectionnement progressif.

Nietzscheinsistera sur ce point, prenant appui sur la perfection de l'instinct animal pour critiquer la valeur de la consciencehumaine et mettre l'accent sur ses imperfections.

La démarche de Marx est tout autre.Marx montre qu'en réalité le véritable travail vaut par la possibilité d'un perfectionnement indéfini lié à la conscience,et que Rousseau avait appelé « perfectibilité », c'est-à-dire cette possibilité, spécifique à l'homme, de progresser àpartir de ses erreurs et de ses tâtonnements.

L'instinct, au contraire, est sans progrès, car il ne provient pas d'uneactivité consciente, capable d'innover.

Il est fixé, une fois pour toutes, au but qu'il est déterminé à réaliser.Toutefois, ce texte possède un autre enjeu.

En insistant sur le fait que le travail à dimension humaine repose sur laconscience qu'a le travailleur de ses actes et de son projet d'action, Marx s'oppose surtout à toutes les formesd'organisation du travail qui rompent le lien entre la pensée et l'action.

Celles-ci réduisent le travail à uncomportement répétitif, dénué de sens, et qui devient d'une cécité comparable à ce que constitue l'instinct chezl'animal.C'est la division du travail dans l'industrie, au XIX siècle, qui est mise ici en question.

Lorsqu'elle est appuyée parune mécanisation à outrance des moyens de production, organisée selon un travail à la chaîne, elle fait perdre autravailleur la conscience de l'unité et du sens de son travail.L'ouvrier, en particulier, perd dans ce cadre le rapport de la représentation à l'action, le lien de la volonté à laréalisation, puisque ses gestes deviennent aussi mécaniques que peuvent l'être, dans leur domaine propre, ceux desautomatismes de la biologie animale, que l'on a nommé instincts.

Or, le propre du travail humain est d'être conscientde lui-même, de sa finalité et de sa signification.

• En outre, le développement technique rend l'homme capable de maîtriser la nature.

Il peut construire une diguepour éviter une crue, administrer un remède ou opérer chirurgicalement pour guérir une maladie.

C'est ce queDescartes nomme «se rendre comme maître et possesseur de la nature» (Discours de la méthode).. »

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