Devoir de Philosophie

Le devoir la raison partie 2

Publié le 09/05/2026

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« II Le devoir d’aider son prochain chez Rousseau et chez Schopenhauer trouve son fondement dans le domaine du sentiment. PREMIERE MAXIME Il n'est pas dans le cœur humain de se mettre à la place des gens qui sont plus heureux que nous, mais seulement de ceux qui sont plus à plaindre. Si on trouve des exceptions à cette maxime, elles sont plus apparentes que réelles.

Ainsi l'on ne se met pas à la place du riche ou du grand auquel on s'attache ; même en s'attachant sincèrement, on ne fait que s'approprier une partie de son bien-être.

Quelquefois on l'aime dans ses malheurs ; mais, tant qu'il prospère, il n'a de véritable ami que celui qui n'est pas la dupe des apparences, et qui le plaint plus qu'il ne l'envie, malgré sa prospérité.

[.] DEUXIÈME MAXIME On ne plaint jamais dans autrui que les maux dont on ne se croit pas exempt soi-même. [.] Pourquoi les rois sont-ils sans pitié pour leurs sujets ? C'est qu'ils comptent de n'être jamais hommes.

Pourquoi les riches sont-ils si durs pour les pauvres ? C'est qu'ils n'ont pas peur de le devenir.

Pourquoi la noblesse a-t-elle un si grand mépris pour le peuple ? C'est qu'un noble ne sera jamais roturier.

Pourquoi les Turcs sont-ils généralement plus humains, plus hospitaliers que nous ? C'est que, dans leur gouvernement tout à fait arbitraire, la grandeur et la fortune des particuliers étant toujours précaires et chancelantes, ils ne regardent point l'abaissement et la misère comme un état étranger à eux ; chacun peut être demain ce qu'est aujourd'hui celui qu'il assiste.

Cette réflexion, qui revient sans cesse dans les romans orientaux, donne à leur lecture je ne sais quoi d'attendrissant que n'a point tout l'apprêt de notre sèche morale. N'accoutumez donc pas votre élève à regarder du haut de sa gloire les peines des infortunés, les travaux des misérables ; et n'espérez pas lui apprendre à les plaindre, s'il les considère comme lui étant étrangers. Faites-lui bien comprendre que le sort de ces malheureux peut être le sien, que tous leurs maux sont sous ses pieds, que mille événements imprévus et inévitables peuvent l’y plonger d'un moment à l'autre [...]. Surtout n'allez pas lui dire tout cela froidement comme son catéchisme : qu'il voie, qu'il sente les calamités humaines : ébranlez, effrayez son imagination des périls dont tout homme est sans cesse environné.

[.] TROISIÈME MAXIME La pitié qu'on a du mal d'autrui ne se mesure pas sur la quantité de ce mal, mais sur le sentiment qu'on prête à ceux qui le souffrent. On ne plaint un malheureux qu'autant qu'on croit qu'il se trouve à plaindre.

Le sentiment physique de nos maux est plus borné qu'il ne semble ; mais c'est par la mémoire qui nous en fait sentir la continuité, c'est par l'imagination qui les étend sur l'avenir, qu'ils nous rendent vraiment à plaindre. Voilà, je pense, une des causes qui nous endurcissent plus aux maux des animaux qu'à ceux des hommes, quoique la sensibilité commune dût également nous identifier avec eux.

» Rousseau, Émile ou de l’éducation, Livre IV. Questions : 1 / Quel est le sentiment qui permet de se mettre à la place d’autrui et de lui apporter de l’aide en cas de malheur ? Chez Rousseau, la pitié est au cœur de ses sentiments. La pitié est un élément naturelle qui nous permet de nous identifier à celui qui souffre.

Nous avant plus de facilité à nous mettre à la place de celui qui est malheureux, car nous savons que nous pourrions connaître une situation semblable.

Ce sentiment nous pousse spontanément à aider les autres, sans passer par un raisonnement abstrait ou par l’obéissance à un devoir. 2 / Pensez-vous que ce sentiment soit plus efficace que le devoir d’aider son prochain ? Pourquoi ? On peut penser que la pitié est plus efficace que le devoir, car elle est immédiate et spontanée.

Là où le devoir suppose une réflexion rationnelle (comme chez Kant), la pitié touche directement le cœur.

Elle incite à agir plus rapidement, car elle permet la souffrance d’autrui comme si c’était la nôtre. Cependant, elle peut être inégale ou dépendre de notre sensibilité.

Le devoir, lui, possède l’avantage d’être universel et stable.

Ainsi, la pitié paraît plus humaine et plus concrète, mais peut-être moins stricte que le devoir. 3/ Quelles sont les deux formes de conditions humaines différentes auxquelles Rousseau fait référence ou allusion dans la deuxième maxime ? Expliquez pour quelles raisons la noblesse éprouve du mépris vis-à-vis du peuple. Rousseau s’oppose à :  La condition privilégiée (rois, riches, nobles)  La condition misérable ou précaire (peuple, pauvres) D’après lui, on n’éprouve que de la compassion que pour ceux dont on pense pouvoir partager le sort.

Les rois ou les nobles n’éprouvent pas de pitié pour le peuple car ils se considèrent à l’abri de la pauvreté.

Ils se croient protégés du malheur. La noblesse méprise donc le peuple parce qu’elle considère sa condition fondamentalement différente et inférieure, et non comme une situation qui pourrait devenir la sienne.

L’absence d’identification empêcoi he la pitié. 4/ Quelle approche d’éducation morale ? Rousseau propose t- il en matière Rousseau propose une éducation basée sur le sentiment et le vécu et non par des leçons abstraites. Il ne faut pas enseigner la morale “froidement comme un catéchisme”, mais faire en sorte que l’enfant voie et ressente les souffrances humaines.

Il faut développer son imagination afin qu’il comprenne que le malheur des autres pourrait également être le sien. I faut donc que la morale s’exprime à travers la sensibilité et l’identification, plutôt que par des règles imposées de l’extérieur. 5/ En quoi la morale de Rousseau vous semble-t-elle plus humaine que celle de Kant et peut-être même plus universelle ? La morale de Rousseau semble plus humaine car elle considère la sensibilité naturelle de l’homme.

Elle ne demande pas de faire taire nos émotions, mais au contraire de les développer. Contrairement à Kant, qui exige une.... »

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