Devoir de Philosophie

Le devoir s'oppose-t-il à la liberté ?

Publié le 01/03/2004

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Les inventeurs du régime républicain, les Grecs, eurent à défendre leurs cités contre l'invasion de l'Empire perse. De cette guerre, la bataille des Thermopyles est demeurée célèbre : trois cents Spartiates, pour n'avoir pas fui, périrent en tentant de stopper pendant deux jours l'avancée de dizaines de milliers de soldats ennemis. Sur le lieu même de leur mort, leur épitaphe était : « Passant, va dire à Sparte que nous sommes morts d'obéir à ses lois. « Ils ont montré ainsi que le sens du devoir peut être plus fort que la volonté de vivre ; on peut célébrer leur gloire et leur amour de la liberté, mais on peut déplorer qu'un prétendu devoir les ait envoyés à une mort certaine. S'ils avaient eu le choix, peut-on penser, ils auraient probablement préféré vivre ; le devoir a eu raison de leur bon sens, et de leur libre choix. La contrainte du devoir s'oppose-t-elle ainsi toujours à la liberté ?

  • I) Le devoir s'oppose à la liberté.

a) La vie en société impose des devoirs. b) Le devoir est la pression sociale intériorisée (thèse sociologique). c) Il faut suivre les commanddements religieux.

  • II) Le devoir ne s'oppose pas à la liberté.

a) J'accomplis librement mon devoir. b) Le devoir n'émane que de moi. c) Le devoir garantit la liberté.

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« l'extérieur, et non par moi-même.

La véritable liberté s'oppose au devoir comme au penchant, en ce qu'elle doit setenir en-deçà de toute détermination.¦ Si je cède au désir, je suis prisonnier du désir ; si je me plie au devoir, je suis esclave du devoir.

Être libre, c'estdonc se tenir en retrait de l'un comme de l'autre, c'est demeurer dans l'absolue indétermination.

La liberté de la belleâme, selon l'expression de Hegel, liberté du romantique, consiste en cet exercice d'un pouvoir absolu de négation, refus d'être déterminé par autre chose que par soi-même, donc d'êtredéterminé, et finalement retrait en soi et mépris du monde extérieur.¦ Un tel retrait en soi-même, s'il semble permettre la moralité en ce qu'il nousretient de toute action, donc de toute action mauvaise, nous fait néanmoinsdemeurer dans une insatisfaction radicale de tout désir.

Mais s'abstenir detoute action, c'est aussi s'abstenir de toute action bonne, et en cela, c'estpouvoir devenir immoral.

Loin d'être une liberté absolue, demeurer dans unetelle impuissance est la servitude absolue.

Demeurer dans le pur pouvoir dechoix, c'est se condamner à ne jamais pouvoir choisir. 3.

LA LIBERTÉ A - Le devoir de liberté ¦ Puisqu'agir, c'est agir sous l'empired'une loi, loi morale ou loi de la nature,et qu'il nous faut agir, la liberté ne peutconsister qu'en une action soumise àune loi qu'on se donne à soi-même.Opposée à l'hétéronomie, l'autonomieest le fait de se donner cette loi ; plusque l'indépendance, simple négation dela détermination par autre chose, l'autonomie est de plus autodétermination.¦ Pour que rien ne m'attire vers telle ou telle action, il ne faut pas que ce soitl'objet même de mon vouloir qui soit déterminant, mais seulement la façondont je le veux ; la seule loi d'autonomie est celle qui me détermine par simplerespect pour la légalité de cette loi, et non par désir de l'existence de l'objet.Comme la détermination par l'existence d'un objet est toujours le fait dupenchant, c'est au contraire la loi morale, lorsqu'elle me détermine par saseule légalité, et non par l'attraction de l'objet qu'elle me propose, qui est laseule loi d'autonomie, et donc la seule liberté.¦ « L'impulsion du seul appétit, dit Rousseau, est esclavage, et l'obéissance àla loi qu'on s'est prescrite est liberté.

» On oppose communément la liberté à la loi.

Se soumettre à la loi, ce serait ne pas ou ne plus être libre.

Mais n'obéirà aucune loi, serait-ce être libre ? Mais il faut s'entendre sur le terme liberté et sur le terme loi..Il y a un premier sens du mot libre qui est négatif : être libre c'est ne pas être empêché de faire ce qu'on a envie defaire.

On emploie le terme libre dans ce sens à propos des choses comme à propos des hommes : retirer d'un cheminles arbres qui font obstruction, c'est libérer le passage, ne pas retenir un oiseau dans sa cage, c'est le laisser librede s'envoler, ne pas empêcher quelqu'un de s'étendre sur le gazon d'un jardin public, c'est le laisser libre de le faire.Toute loi comporte des interdictions.

Dès lors toute loi réfrène la liberté, prise en ce sens négatif.

C'est le seul sensque Hobbes donne au mot liberté.

Selon Hobbes, dans l'état de nature, chacun est empêché à tout moment, dansses mouvements et ses entreprises, par autrui qui est virtuellement son ennemi.

Mais les lois d'un Etat - institué envue justement de mettre fin à cet état de guerre qu'est l'état de nature - empêchent les individus de se nuire lesuns aux autres.L'autre sens du mot liberté n'est réservé qu'à l'homme, et caractérise ce que Kant appelle l'autonomie : obéir, à la loidont on est, en tant qu'être raisonnable, l'auteur, ou encore, obéir à sa propre raison.

Obéir à sa raison, c'est êtrepleinement responsable de sa conduite.

Etre libre, c'est s'obliger soi-même à une conduite raisonnable, s'interdirecertains débordements, en un mot c'est obéir à la loi qu'on s'est prescrite.La loi peut s'entendre ici dans un sens moral, comme dans un sens politique.

Autrement dit, les obligationsauxquelles on se soumet volontairement et librement (alors qu'on subit bon gré malgré une contrainte) sont morales,ou bien civiques.

C'est dans ce sens-ci d'obligation civique que Rousseau l'entend d'abord.

Rousseau dans le ContratSocial jette les bases d'un Etat dont les lois constituent des obligations et non des contraintes : car c'est le peuplesouverain, plus exactement la volonté générale (selon la règle de la majorité) qui décide des lois.

Ainsi chacund'entre nous, en tant que citoyen, est libre parce qu'il se soumet aux lois dont il est l'auteur, en tant que membrede la volonté générale. L'obéissance au seulappétit est esclavage etl'obéissance à la loi qu'ons'est prescrite est liberté.(Du Contrat Social) La liberté ne consiste pas à suivre nos désirs.

Ellen'est pas dans l'absence de contraintes mais dansle libre choix des contraintes que l'on se donne àsoi-même.

On peut appliquer cette idée au peuple.Un peuple libre est celui qui se donne à lui-mêmeses propres lois, ce qui définit la démocratie.. »

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