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Le doute est-il une manifestation de la liberté de l'esprit ?

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esprit
Le doute apparaît dans la tradition philosophique comme la propédeutique à toute science afin d'obtenir un degré scientifique de certitude. D'emblée donc la notion même de doute porte en elle-même une interrogation épistémologique. En effet, le doute serait le moyen de suspendre notre jugement et de nous libérer de croyances et de tous nos préjugés. Le doute serait donc la manifestation de la liberté de l'esprit notamment par rapport aux choses corporels pour en venir directement aux principes. Et en ce sens, que le doute, en tant que méthode sceptique, serait une arme de lutte contre le dogmatisme notamment et les croyances de l'esprit. Pourtant, s'il s'agit du pan positif du doute, il faut nécessairement bien voir que cette définition positive du doute ne va pas de soi. Le doute étymologiquement représente effectivement un balancement, une incertitude. Et l'on voit mal alors comment le doute pourrait être cette libération de l'esprit si ce doute ne prouve pas sa solution. Alors plutôt que le doute, ce serait la solution du doute qui serait la manifestation, c'est-à-dire la phénoménalisation de la liberté de l'esprit : la mise au grand jour. Le doute est en effet l'apanage du scepticisme qui fait de lui un gage de sagesse et se comprend la « non-prise-de-décision ». Bien moins qu'une liberté de l'esprit, le doute serait plutôt une humiliation de la raison et la manifestation de sa limite et de son ignorance. C'est donc à l'aune de problème de la valeur épistémologique du doute que prend tout son sens le sujet : « le doute est-il la manifestation de la liberté de l'esprit ? »             Ainsi, si dans l'épistémologique cartésienne notamment il apparaît que le doute est bien cette manifestation de la liberté de l'esprit (1ère partie), nous serons tout de même amener à mettre en doute cette valeur du doute lui-même c'est-à-dire aussi sur la possibilité de sa résolution en une certitude apodictique (2nd partie), or si l'on perçoit alors un paradoxe, ou une tension dans la notion même, il nous faudra essayer d'envisager une solution, une issue à ce balancement au risque sinon de conduire définitivement à un scepticisme radical, et stérile en science ; ce que l'on pourra peut-être faire en réinterrogeant la valeur gnoséologique et la fécondité cognitive du concept de doute au science d'un système des sciences c'est-à-dire du point de vue de la critique ; nous amenant éventuellement à distinguer entre un usage de la méthode sceptique du doute et le scepticisme lui-même en tant que doctrine (3ème partie).

« dormir les yeux ouverts comme fond les bêtes. Mais non. La fonction de penser ne se délègue point. Dès que la têtehumaine reprend son antique mouvement de haut en bas, pour dire oui, aussitôt les rois reviennent. » Le doute estdonc bien la manifestation de la liberté de l'esprit et permet ainsi l'édification des sciences. Transition : Il apparaît clair alors que le doute en tant que méthode destructive est bien la manifestation de l'esprit, de sapossibilité de se détacher de ses croyances et incertitudes. Néanmoins, si ce doute est une méthode, il ne peutêtre qu'un moment de la liberté de l'esprit. En effet, n'y a t-il pas un risque à systématiser le doute pour la liberté del'esprit si ce dernier n'arrive pas à ce sortir de ce doute : le scepticisme ne serait-il pas alors l'humiliation del'esprit ? II – Limites positives du doute a) En effet, et c'est déjà une mise en garde que l'on peut voir chez Descartes dans les Méditations métaphysiques en disant notamment que son doute était méthodique mais surtout hyperbolique et qu'il doit se résoudre dans unsavoir positif au risque sinon de ne devenir qu'un scepticisme. Le doute doit être provisoire et méthodique : unepropédeutique au vrai. Il a une fonction épistémologique de discrimination et doit permettre de séparer ce qui relèvede l'opinion et de la certitude : « Or bien que l'utilité d'un doute si général ne paraisse pas d'abord, elle est toutefoisen cela très grande, qu'il nous délivre de toutes sortes de préjugés, et nous prépare un chemin très facile pouraccoutumer l'esprit à nous détacher des sens, et enfin en ce qu'il fait qu'il n'est pas possible que nous puissionsjamais plus douter des choses que nous découvrions par après être véritables. » L'essentiel est dit : le doute n'estqu'un moment de l'esprit en quête vers le vrai et c'est pour cela que dans la sixième méditation il reviendra sur lecaractère hyperbolique du doute. Pourtant, n'est-ce pas ici avoir ouvert la boîte de Pandore ?b) En effet, si Descartes par son doute comme liberté de l'esprit a voulu s'écarter du doute sceptique ne voulant jamais rien n'affirmer dans un sens ou dans l'autre d'où l'idée de balancement propre à l'étymologie du terme mêmede doute. Il est important de voir que la solution du doute cartésien n'est possible que par l'existence du concept de« certitude ». Sinon ce doute ne serait pas alors un liberté de l'esprit mais bien son humiliation en tant que signe deson ignorance. Ou signe du fait que nous savons que nous ne savons pas. Or pour échapper à ce doute sceptiqueDescartes pour affirmer et assoire la notion de certitude la fait reposer notamment sur l'intervention et l'existencede Dieu et notamment de la « création continuée » tel qu'on peut le voir dans le Discours de la méthode . Et il suffit de remarquer avec Hume dans l'Enquête sur l'entendement humain que la certitude n'est toujours qu'une certitude psychologique c'est-à-dire le fruit d'une coutume, d'une habitude voire d'uneforte probabilité pour ne plus voir dans le doute cet élément propédeutique àl'avènement d'une science totale de type « mathesis universalis » mais biende voir que ce doute, s'il est certes nécessaire, ne peut se résoudre dansl'affirmation d'une certitude. Le doute n'est plus alors manifestation de laliberté de l'esprit mais bien de son ignorance dans la mesure où il paraîtimpossible de sortir de ce doute de manière absolument positive.c) Pourtant, Hume , comme on peut le voir dans l'Enquête sur l'entendement humain , ne revendique pas un scepticisme absolu de type pyrrhonien mais plutôt un scepticisme académique c'est-à-dire que Hume ne cherche pas fairedu doute une valeur de sagesse comme cela peut être le cas de Sextus Empiricus , mais veut en faire le moyen d'interroger toutes nos connaissances et nous rendre compte des limites de notre entendement. Etc'est en ce sens notamment qu'il développe le concept de certitude moralec'est-à-dire d'une certitude qui n'est pas scientifique mais qui nous permet,tout en reconnaissant l'impossibilité absolue de trancher dans un sens plutôtque dans l'autre, d'agir mais aussi de développer la connaissance. Cescepticisme mitigé se contente de montrer que la part la plus étendue denotre savoir se résout en croyance : « Donc le doute cartésien, si unecréature humaine pouvait y atteindre (et manifestement c'est impossible),serait entièrement incurable ; aucun raisonnement ne pourrait jamais nousconduire à un état d'assurance et de conviction sur aucun sujet. » Transition : Ainsi le doute en lui-même et on le pousse à son terme nous montre qu'on ne saurait véritablement décider. Doncau lieu de manifester la liberté de l'esprit il mettrait au grand jour son ignorance et la croyance qui l'animeconstamment. Dès lors faut-il révoquer le doute ? Et quand bien même, comment sauver la connaissance ? Ne faut-il pas alors faire la différence entre la méthode sceptique et le scepticisme en tant que doute institué ? III – Méthode sceptique & propédeutique à la science a) En effet, et c'est bien ce que montrait Hume déjà dans l'Enquête sur l'entendement humain puisque : « Il faut toutefois avouer que cette espèce de scepticisme, quand elle est plus modérée, peut se comprendre en un senstrès raisonnable et qu'elle est une préparation nécessaire à l'étude de la philosophie en ce qu'elle conserve nosjugements dans l'impartialité convenable et qu'elle sèvre notre esprit de tous ses préjugés dont l'éducation et laprécipitation ont pu nous imprégner. » Et de ce point de vue, il est remarquable de voir que Kant reprendra »

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