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Les hommes ont-ils besoin d'être gouvernés ?

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            Être gouverné pour un homme semble relever de la domination. Or la liberté n’est-elle pas la valeur de toutes les valeurs ? Être au service d’un gouvernement n’est-ce pas renoncer à notre liberté première et fondamentale ? Et pourtant, il est un fait : nous sommes tous gouvernés. Apparemment, aucune société n’existe sans gouvernement. Le paradoxe est que nous voulons tous la liberté tout en étant sous le coup d’un gouvernement sous le risque du désordre social qui nous retirerait précisément notre liberté ! Mais n’y a-t-il pas en nous un « besoin « inhérent à notre nature humaine de devoir se plier à une instance supérieure extérieure et étrangère à nous, au risque de l’explosion du corps social ? Aristote n’a-t-il pas raison, dans La Politique, de signifier que « Quiconque vit en dehors de la société est ou bien un monstre ou bien un dieu «, voulant dire que l’humaine nature n’a de sens et de signification que dans un ordre social, et donc soumis à un gouvernement quelque soit sa nature. Ce besoin d’être gouverné est-il pure et simple soumission ? Si oui, ne sommes-nous que des sujets ? Mais ne devons-nous pas se déclarer citoyen libre d’accepter un gouvernement, tel ou tel gouvernement ?

            Le gouvernement est-il une usurpation systématique et historique ou répond-il à un profond besoin spécifique à l’humanité ? 

« puissance supérieure sa liberté naturelle et ses droits. Ainsi Hobbes, armé de sa grille de lecture de la nature humaine, pose l’homme comme foncièrement égoïste dont le déploiement « naturel » ne peut que débouche r dans une multiplication de conflits locaux, à ce que le philosophe anglais décrit comme « Homo homini lupus ». Le recours à un gouvernement trouve sa justification dans l’instinct de survie, dans la recherche naturelle d’ une puissance extérieure et supérieure à tout individu, pour assurer la paix et la sécurité. Son Souverain cumule le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif pour circonscrire des lois positives qui rendent possible l’existence sociale. Dès lors, l’indivi du ne peut jamais se prévaloir d’un droit naturel quelconque, puisqu’il y a pas précisément renoncé pour assurer sa propre conservation et sa tranquillité. Le Souverain, qui a reçu de ses sujets la totalité de leurs forces naturelles pour leur propre survie, ne constitue pas seulement le droit : il le fait naturellement respecter, puisqu’il concentre en sa personne toute la puissance de l’État. Selon cette thèse, les hommes doivent être gouvernés car seuls les individus s’entredéchireraient. Même s’il l’on ne présuppose pas, en l’homme initial, un principe de discorde, un égoïsme profond et insurmontable, comme le pense pourt ant Schopenhauer, il faut admettre qu’un homme seul se dépouille de son humanité. M. Tourni er dans son roman, Vendr edi ou l es limb es du P acifique, a excellemment montré que l e projet d e se soustrair e à tout forme d’aut orité pour se replier sur soi condamne l’individu à s e dissoudre dans la nature , au point de devenir une chos e parmi l es choses. Ce qu’à un niveau plus conceptuel , Marx rejette sur le mode de la « robinsonnade » , à savoir l’utopie qui repose sur une conscience supérieure réorganisant la réalité, tout en niant le besoin spécifiquement humain selon son histoire d’être un être fondamentalement social . Assurément, il est en l’homme un penchant à l’égocentrisme, au nombrilisme, mais il faut, en la matière, reprendre la question de l’homme originaire. L’homme est -il enclin à la sociabilité naturelle ? Y a t-il en lu i une tendance à accepter de renoncer à ce qu’il est naturellement pour s’assujettir à un e autorité souveraine ? Rousseau va repr endre à nouveaux frais cett e que stion d e la sociabi lité naturelle des hommes. Dans le Second Discours, il opère un e descr iption de l’homm e à l’état d e nature selon une hypothès e de p ensée qui n’a rien à voir ni ave c l’histoir e ni av ec l’anth ropologie. L’homme pris dans l’état de natur e n’est ni bon ni mauvais, il n’ est pas plus socia ble qu’il n’ est insociable, pour la s eule raison qu’ il vit dans la solitude , et que la natur e e st suffisamment généreus e pour lui fournir tout c e dont il a b esoin. Mais il dispose e n lui de la qualité d e « perfectibilité » , c’ est -à -dir e d’une qualité d e se pe rfe ctionner qui se manif est e en fonctions de s circonstanc es historiques. En imaginant d’une part que l’ homme initial doit se défendr e contr e les agr essions extéri eures naturell es mais que cela lui est impossible, d e l’ autre, de s changements dans son milieu qui l’obl igent à fuir vers d es régions dem eurées hospitalières où il rencontre s es semblables, il fait de la constitution des pr emièr es sociétés une solution pour la simple survie. Dès lors la question de meure de savoir d’où vient l’origine d’ un gouvernement. L’homme ne doit -il pas alors être gouverné ? Nous le savons, pour les Grecs, l’individu est prenant de la Cité. Il ne peut exister et s’épanouir que dans une société. Dans La République , Platon se heurte expressément à cette question du statut d’une form e de gouvernement juste qui assurerait à chaque citoyen son individualité. Le penseur grec montre les avantages que présente, pour chaque homme, la vie en régime sociale : gain de productivité pour chaque métier qui se spécialise, production croissante, ép anouissement de chacun selon ses dispositions, etc. Mais lorsqu’il s’agit de gouverner cette société, il faut tenir compte des défauts propres à l’humanité, et notamment de l’existen ce de ses besoins et tendances liés inévitablement à son existence charnel le : pour instaurer une société juste, il faut selon le principe du meilleur, confier la direction du gouvernement aux plus avertis, c’est -à -dire aux philosophes, non seulement parce que leurs intérêts ne vont pas dans le sens des intérêts part iculiers, mais aussi et surtout parce que, au cours de leur parcou rs, ils possèdent un savoir »

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