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Les lois sont-elles nécessairement justes ?

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  1. La loi dit le juste.             a)         Il est très difficile de s'accorder sur le juste, et cela l'est d'autant plus pour une multitude d'individus. Or, pour vivre ensemble, les individus ont besoin de règles communes qui sont connaissables par tous et donc clairement explicites. La difficulté concernant un accord sur le juste est très ancienne, trouver la vérité du juste est une question classique en philosophie. Aristote par exemple dans les politiques distingue la justice absolue des idées fausses que peuvent avoir certaines parties de la cité sur le juste. Les riches pensent que le juste consiste en l'inégalité stricte et les pauvres en une égalité stricte. Or, le juste pour Aristote se formule ainsi: à chacun selon son excellence (sa valeur ou son mérite). La loi de la cité doit faire régner ce principe et susciter l'accord entre les deux groupes fondamentaux de la cité. Elle fixe le juste.

            Le sujet nous invite à interroger les conditions de la loi juste. La loi a pour fonction de faire régner le juste et de rendre celui-ci accessible par l'ensemble des individus d'une société politique. Mais la loi dit-elle pour autant toujours le juste? Puis-je avoir des conditions qui me garantissent de la justice d'une loi? Puis-je être assurer d'être juste en obéissant à la loi de mon pays ?

« injuste de se maintenir. Pour Rousseau, en effet, de fait la loi est injuste, elle est lemasque d'une réalité profondément injuste parce qu'il y a une fracture dans lasociété entre riche et pauvre. Tant qu'il y aura des riches et des pauvres, la loi nepourra dire le juste ou du moins elle ne le dira que de façon partielle. Par exemple,les lois qui règlent des rapports inégaux en traitant des inégaux comme des égauxest-elle juste? Le rapport patron/employé est-il un rapport équitable? La loi ne dit lejuste que si elle dit tout le juste et ne cache pas un fondement injuste. c) Enfin, le juste peut-il seulement être dit? La loi peut fixer les règleset ne susciter l'obéissance qu'en la rendant nécessaire par la force et plusprécisément la sanction. Mais une loi fusse-t-elle juste enseigne-t-elle le juste à celuiqui la consulte? Ne faut-il pas commenter la justice des lois et ce qui est leur raisond'être? Il faut pour cela que le juste soit accessible et penser les conditions depossibilité d'une loi juste. 3.La loi dit le juste à condition... a) La loi dit juste si elle ne fait pas de distinction entre les hommes etqu'elle a pour fondement un règle fondamentale en éthique: "ne fais pas à autrui ceque l'on ne voudrait pas que l'on te fasse". La loi doit dire l'égalité entre les hommes. b) Mais la loi ne dit pas le juste si elle n'est pas l'expression de sonjuste détenteur. En effet, une loi pourra dire le juste et une autre être injuste dans lemême système de lois. Or, pour s'assurer que les lois disent toujours le juste, unesolution est de la confier à ceux qui y obéissent. Rousseau dans le Contrat Social fait de la loi l'expression de la volonté générale,c'est-à-dire du peuple. La souveraineté duPeuple doit régner pour que la loi soit juste.Mais le peuple est-il toujours vertueux, veut-iltoujours son bien? L'exemple de certainstotalitarismes dits populaires semble contredirece principe. Cependant, il faut rester prudentcar cela ne signifie pas que le peuple veuille sonmal mais qu'il ne le voit pas et qu'il a pu êtreabusé. Le peuple doit donc pour dire le justepar la loi être éduqué. c) Afin de prévenir ce danger, la loine dit le juste que si elle protège chaque individuparticulier dans ses droits reconnus commeinaliénables en ce qu'ils intéressent la dignitéhumaine. La loi doit faire en sorte pour accomplirson devoir que chacun ait accès aux besoinsfondamentaux. Reste à savoir ce que ce droitcontient. Conclusion: La loi ne dit le juste qu'à certaines conditions. Mais le problème auquel on seconfronte si on prétend que la loi est injuste est que chacun la juge non pas suivant unejustice supérieure mais une justice partiale et souvent fausse. Si le régime est juste, sila loi est à l'expression du peuple et qu'elle reconnaît des droits que nul ne peutraisonnablement remettre en cause et vise le bien public, alors il est sans doute devaleur morale d'en reconnaître sa justice quant elle s'oppose à mes intérêts particuliersapparents. SUPPLEMENT: ROUSSEAU : l'État, expression de la volonté générale Selon Rousseau, les hommes sont contraints de s'associer pour survivre. Le problème est de « trouver une forme d'associationqui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun s'unissant àtous, n'obéisse pourtant qu'à lui-même et reste aussi libre qu'auparavant ». Sa solution, c'est le contrat social. Rousseau l'énonceainsi : « Chacun de nous met en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprême direction de la volonté générale, etnous recevons en corps chaque membre comme partie indivisible du tout. » Par ce contrat chaque individu préserve doncintégralement sa liberté puisqu'il décide librement d'obéir à la volonté générale, et son égalité, puisque chacun participeégalement à cette volonté générale. L'État trouve sa légitimité dans cette volonté générale dont il ne doit être que l'expression.Dès que l'État ne représente plus cette volonté générale, le contrat est rompu, et l'État devient illégitime. « Trouver une forme d'association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens dechaque associé et par laquelle chacun s'unissant à tous n'obéisse pourtant qu'à lui-même et reste aussi librequ'auparavant» (Rousseau) Le Contrat Social propose une solution à ce difficile problème : Le souverain c'est l'ensemble des membres de la société. Chaquehomme est donc à la fois législateur et sujet : il obéit à la loi qu'il a lui-même établie. Cela suppose l'existence d'une volontégénérale distincte de la somme des volontés particulières. Chaque homme a comme individu une volonté particulière qui le »

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