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Les méchants peuvent-ils être véritablement heureux ? (Problème du bonheur et de la vertu)

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Raison et volonté Notre devoir est donc de contenir notre liberté dans les limites d'une connaissance du meilleur. La volonté est certes guidée par la raison, mais une vertu infailliblement rationnelle est impossible. En ce sens, on peut voir la vertu comme la simple force de volonté : la résolution et le courage seraient-ils alors les principales vertus éthiques où trouver notre contentement ? Débat et enjeu La pensée et le malheur Une philosophie du bonheur vise d'abord à éviter le malheur, qui prend autant la forme du mal qui nous advient que de celui que l'on se fait à soi-même. Un tel projet présuppose que la nature humaine n'est pas nécessairement vouée au malheur, et qu'elle trouve en elle les ressources suffisantes pour y remédier. En ce sens, la pensée, qu'elle soit pratique ou contemplative, ne se porte pas comme un fardeau : elle est la condition d'une action réussie et d'un vrai contentement. Le malheur donne-t-il le droit d'être injuste ? Introduction & Problématique "Tu ne vois donc pas qu'il est malheureux ?" . Cette phrase souvent entendue appelle à la clémence celui qui, par exemple, jugerait sévèrement l'injustice du malade ingrat envers ceux qui se dévouent jusqu'au sacrifice à son chevet.

Être heureux, c’est être dans un état de bonheur, c’est-à-dire de satisfaction et de plénitude. Si tous les hommes désirent être heureux, il semble que le bonheur ne soit pourtant pas le même pour tous. Certains l’associent au plaisir, d’autres aux richesses, d’autres encore à la gloire. Si le bonheur est relatif aux exigences de chacun, alors le bonheur ne dépend pas de la qualité de l’individu, de sa valeur morale et de son mérite, mais de sa disposition à être satisfait de son existence. Un être méchant peut être heureux s’il est satisfait de sa méchanceté. Ainsi, le bonheur ne relèverait nullement d’une rétribution morale, et être bon ou mauvais ne changerait rien à notre satisfaction ou notre déception. Pourtant, le fait même d’être méchant ne témoigne-t-il pas d’une frustration, d’un malheur que l’on exprime dans l’agressivité à l’égard d’autrui ? Être heureux n’implique-t-il pas à l’inverse un tempérament doux et amical ? Il s’agit alors de se demander si les méchants peuvent être véritablement heureux. 

« des autres. Non seulement le méchant ne se soucie pas d'autrui, et n'éprouve donc aucun scrupule à aire du mal à autrui, maisencore, il trouve même du plaisir dans le malheur d'autrui. Le méchant est heureux de faire du mal. Le méchant estheureux car il succombe à ce que saint Augustin nomme la délectation du vice, au livre II de ses Confessions . Augustin relate un vol de poires qu'il accomplit avec ses comparses, et souligne la gratuité de son acte, enexpliquant que la seule motivation était de faire le mal. « J'ai dérobé sans rien chercher dans le larcin que le larcin même ; et voulant plutôt me repaître de la laideur du vice que du fruit de l'action vicieuse » (II, chap. 4). Le coupable repenti reconnaît le plaisir qu'il avait à dérober ces poires, et la jouissance que lui procurait le seul faitd'agir mal. La seule fin recherchée dans ce larcin était la « satisfaction du péché » et « la malice » qu'il vécu comme un « festin délicieux ». 2ème partie : Mais les méchants sont mal-aimés, et sont voués au malheur. Si être méchant peut rendre heureux, est-ce que le méchant peut être véritablement, absolument heureux ? La méchanceté est mal vue, elle est même punie, lorsqu'elle prend la forme d'un délit ou d'un crime. Le méchant estdonc mal-aimé, rejeté de tous, et menacé de sanction punitive. Le méchant ne peut donc être véritablementheureux dans de telles conditions. Il ne peut atteindre à la plénitude avec la menace constante d'être arrêté, et desubir les mauvais traitements que son comportement implique. Le méchant est donc toujours en fuite, instable et sans attache, et donc bien loin de la plénitude et de la sérénitéque le bonheur suppose. Le méchant peut avoir du plaisir, mais jamais un véritable bonheur, en tant qu'état desatisfaction stable et pérenne. Le méchant est solitaire, sans amis. La figure par excellence du méchant est celle du tyran, qui, par sa dominationabsolue, s'exclue des autres. Le tyran croit suivre ses désirs, mais en réalité, il ne fait que refreiner l'insurrection quile menace, en contraignant davantage le peuple. Or pour Aristote, l'amitié est nécessaire à la vie heureuse. Ilexplique au livre X de l'Ethique à Nicomaque que le bonheur de ses amis procure notre propre bonheur. C'est l'amitié et le « vivre ensemble » qui rendent heureux les hommes, et non la méchanceté qui implique la solitude. Seule la vieen société, au sein d'une cité harmonieuse et ordonnée procure le bonheur des hommes. Un méchant, qui se faitl'ennemi des autres, et s'exclu de la communauté, ne peut donc être heureux. Pour Aristote, c'est l'exercice de la vertu et non la méchanceté qui témoigne de la volonté humaine et permet à l'homme de réaliser pleinement sa nature. Pour le philosophe, la vertu de l'homme serait « une disposition susceptibled'en faire un honnête homme capable de réaliser la fonction qui lui est propre », c'est-à-dire capable de réaliser sonexcellence, et d'atteindre donc le bonheur d'une vie accomplie. 3ème partie : Les méchants sont malheureux car ils vivent dans l'injustice. La méchanceté, en tant que vice, asservit l'homme, et, loin de le rendre heureux, le prive de sa liberté. Le vice estune disposition rebelle au changement, c'est une obsession dans laquelle on s'enfonce toujours plus, une pratiquesans cesse répétée, une suite d'actes semblables qui refusent l'appel de la liberté, et nous entraîne dans un cercle« vicieux ». Plongeant dans un puit sans fin, l'homme se vautre dans le vice sans jamais être satisfait, et dansl'illusion constante d'atteindre un bonheur qui ne fait au contraire qu'accroître la frustration. En effet, la méchanceténe vise pas de fin ultime, elle se complet dans l'acte, et demande donc à être constamment entretenu. Le plaisir del'homme méchant réside dans son action, et il n'est donc jamais véritablement heureux, car jamais satisfait, car soncontentement ne dure que le temps de son action malfaisante, et est donc toujours à reproduire. La méchancetéest donc tout à la fois absence de limite et emprisonnement, elle aliène l'homme à son obsession malfaisante, et nepeut le rendre véritablement heureux. Pour Platon explique par l'intermédiaire du personnage de Socrate dans Gorgias , que le méchant est forcément malheureux, car il vit dans l'injustice. Selon lui, l'homme méchant qui reste impuni est le plus malheureux. En effet,l'injustice est un mal de l'âme, qui ne peut que rendre malheureux, et qui demande à être soigné par le châtimentjuste. Le méchant qui est châtier est donc plus heureux que celui qui reste impuni car il est délivré de son mal. Cequi rend heureux, pour Platon, ce n'est pas la fin visée par l'action, c'est sa moralité. Par conséquent seul l'actionbelle et bonne peut rendre heureux, et le bonheur véritable réside donc dans la justice. Conclusion : Si l'on doit admettre que le méchant, comme tous les hommes, cherche par son action à atteindre le bonheur, il fautpourtant conclure qu'il ne peut y parvenir véritablement. Le méchant peut se procurer un plaisir temporaire, maisnullement un état permanent de bonheur. Au contraire, la méchanceté implique l'instabilité, et la menace constanted'être réprimé. La méchanceté est contraire à la nature humaine, et donc à son épanouissement, car elle consiste àrejeter les autres et à vivre en solitaire, ennemis de tous, alors que l'homme est sociable par nature, et doitrechercher son bonheur dans une harmonie complète avec les autres et le monde. Seul l'homme vertueux, qui agitavec justice, c'est-à-dire avec convenance à l'égard d'autrui peut être véritablement heureux, car toutes sesactions sont belles et participent de sa pleine réalisation d'être humain au sein de la cité et du monde. L'hommeheureux, c'est l'homme libre qui répond de ses actions car elles sont droites et contribuent non seulement à sonpropre bonheur, mais à celui de tous. »

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