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L'expérience familière est-elle le commencement de la science ?

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spontanée, immédiate (im-médiate) (alors que expérience      scientifique = expérience médiatisée, réfléchie, seconde Plan :   Introduction   I - Les bases affectives de l'expérience familière. II - La science est rupture avec l'expérience familière III - Différences entre expérience familière et expérience scientifique.   Conclusion   Développement     Introduction : La science m'enseigne que tous les corps tombent dans le vide à la verticale : mais cette « loi universelle « semble être contredite par la chute des feuilles en automne... Mais la loi scientifique se déploie dans l'hypothèse du « vide « et je n'ai pas d'expérience « familière « du vide... Dans ces conditions, mon rapport quotidien avec le « réel « ne semble guère me préparer à la connaissance scientifique. Alors, comment l'expérience familière pourrait-elle être un « commencement de la science « ?   I - les bases affectives de l'expérience familière   Vieille leçon, répétée depuis Platon : le savoir véritable, que  Platon appelle science, ne peut s'élaborer qu'en s'éloignant de la perception immédiate, fondement de l'expérience familière. Qui dit familière, dit aussi devenue habituelle par la phénomène de répétition.   a) L'expérience de l'instabilité L'expérience familière, c'est d'abord le monde de la perception : or, ce monde perçu, comment se présente-t-il ? C'est le monde de la « corruption « (Aristote, Physique), ce monde sublunaire où tout est voué au devenir, à l'instabilité et à la disparition. Héraclite écrivait : « Panta rhei «, tout coule, comme l'eau qui passe sous le pont Mirabeau. Le temps pour la conscience de saisir une chose, de s'attendrir sur une représentation, et déjà la chose n'est plus, ou n'est plus ce qu'elle était.

Attention ! Il s'agit de savoir s'il y a continuité ou discontinuité entre l'expérience première, le fait coloré et divers et, d'autre part, les phénomènes scientifiques. N'oubliez pas la réponse de Bachelard : l'expérience première et familière forme un obstacle à la science.

Ici, il s'agit de s'interroger sur le rapport entre la théorie et l'expérience ainsi que sur l'origine et le fondement des sciences. Il est important de distinguer la différence entre ces deux concepts. Si la science a pour point de départ l'expérience au sens de la simple observation sensible, elle ne se réduit cependant pas à cela. Tout commence effectivement avec l'expérience, l'observation, la constatation de faits " bruts ". Mais Le raisonnement scientifique ne peut se contenter de cela. La science construit également son objet et l'on peut même ajouter que notre expérience du monde est elle-même toujours une construction (nous percevons du monde ce que notre structure sensible et intellectuelle nous laisse voir et comprendre). Sur ce point, nous vous invitons à vous documenter sur la philosophie kantienne, vous trouverez de nombreux éléments à exploiter. Demandez-vous comment les scientifiques élaborent leurs connaissances. Par quelles étapes passent ces connaissances ? Qu'est- ce que connaître un objet ?

 

« Qui dit familière, dit aussi devenue habituelle par la phénomène de répétition. a) L'expérience de l'instabilité L'expérience familière, c'est d'abord le monde de la perception : or, ce monde perçu, comment se présente-t-il ?C'est le monde de la « corruption » (Aristote, Physique ), ce monde sublunaire où tout est voué au devenir, à l'instabilité et à la disparition. Héraclite écrivait : « Panta rhei », tout coule, comme l'eau qui passe sous le pontMirabeau. Le temps pour la conscience de saisir une chose, de s'attendrir sur une représentation, et déjà la chosen'est plus, ou n'est plus ce qu'elle était. L'expérience familière me fait vivre dans l'immédiat : dans laPhénoménologie de l'Esprit (1807), Hegel assimile cette expérience familière de la conscience immédiate, vouée à l'immédiat, aux égarements de Don Quichotte, dont la conscience sans cesse se perd pour se retrouver dans uneautre représentation. b) L'expérience du singulier Mais la perception habituelle n'est pas seulement le lieu de l'expérience du devenir perpétuel, mais aussi celui de lasingularité des choses : chaque jour est un autre jour, chaque arbre est un arbre différent, les « indiscernables » deLeibniz ; telle rose est belle, telle autre est triste et maladive ; cette singularité de l'expérience fam. constitue lemonde de la subjectivité : confronté à autrui, il s'avère que nous ne ressentons pas les mêmes choses de la mêmemanière : l'un souffre de la chaleur tandis que je trouve que la température est très agréable : où est donc la« nature des choses », où se situe la vérité de cette expérience banale ? c) Passivité de l'expérience familière Il convient donc de conclure ici que l'expérience familière, celle de ma familiarité avec les choses, me livre un universinstable, changeant, très diversifié, et toujours teinté au filtre de mes réactions physiologiques et affectives. On peut comprendre pourquoi des connaissances générales, les premiers « noms communs » ou concepts, ont pu mettre du temps à se constituer (v. Rousseau, Essai sur l'origine des langues , 1781) : l'expérience usuelle saisit essentiellement la différence entre les objets, leurs particularités « pour soi », plutôtqu'elle repère leurs ressemblances et leurs points communs, moins apparents, sous-jacents. Et d'ailleurs, qui dit expérience familière, ou habituelle, suggère qu'elle donne lieu au sentiment de l'évidence àtravers la répétition ; comme si les phénomènes les plus fréquents allaient de soi –voilà qui n'invite pas às'interroger, à exercer une certaine curiosité. Disons que l'expérience familière, par sa facilité et son caractère d'habitude, relève surtout de la passivité. Elle estpassion au sens étymologique : je subis le monde et mon expérience traduit (ou trahit) cet effet du monde sur moi. II – La science est rupture avec l'expérience familière Comment, dans ces conditions, passer de la conscience immédiate, expression de l'expérience familière, à uneconnaissance scientifique ? a) Une solution de continuité N'y a-t-il pas de l'une à l'autre une solution de continuité, pour cette raison que l'attitude scientifique serait touteautre que celle de la conscience de l'immédiat ? Soit un exemple emprunté à l'histoire des mathématiques : les Egyptiens avaient des pratiques d'arpentage pourmesurer les crues du Nil, des méthodes de calcul qui permettaient aux marchands de faire leurs comptes, un art delire dans les étoiles en fonction de la disposition de celles-ci. La mathématique, science du nombre et de l'espace, est née plus tard, par exemple avec Thalès (-VII-VIè) : Thalèss'est détaché de l'expérience familière, des pratiques usuelles, utilitaires, pour construire une connaissance a priori,c'est-à-dire indépendante de toute condition expérimentale. A-t-il emprunté aux Egyptiens ? On admet plutôt aujourd'hui –et depuis Kant- que les mathématiques ne commencent pas avec l'expériencefamilière, utilitaire, purement intuitive (usage des sens), mais avec l'invention de la démonstration : i-e avecl'introduction de principes abstraits, non dérivés de l'expérience, et de méthodes de calcul qui ne doivent rien àl'expérience. La science mathématique naît donc, dans ces conditions, d'une rupture avec les habitudes de l'expérience familière,quotidienne ; le raisonnement mathématique ne s'appuie pas sur l'expérience, sur la perception, mais sur des notionsque la pensée a définies d'elle-même, indépendamment de tout emprunt au monde perçu. Tel est le sens du terme a priori chez Kant : intuitions, concepts, jugements indépendants de toute expérience, et qui constituent les bases de la connaissance scientifique. b) L' a priori serait le commencement de la science »

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