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L'homme est-il vraiment libre ?

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Mais par sa volonté, le sujet se rapproche de Dieu car elle est, chez lui aussi, une faculté infinie. Comme Dieu, l'homme a une volonté infinie. Si l'homme n'est que matière, si son être se résume à son corps, comment le penser libre ? Le corps reste soumis aux contraintes qui s'exercent sur la matière : il est déterminé. Pour dire que l'homme est libre, il faut donc qu'il y ait en lui quelque chose d'absolument indépendant du corps, quelque chose d'inconditionné. Descartes nomme cette chose : « l'âme », « l'esprit », « la pensée ». Par ailleurs, l'être limité qu'est l'homme ne peut pas être à l'origine de cette liberté infinie. Il faut donc qu'il l'ait reçue d'un principe extérieur, lui-même infini. Descartes nomme ce principe « Dieu ». Bref, si je crois être libre, je pose à la fois l'âme et Dieu : c'est une position métaphysique.

Le sujet libre est l'auteur d'un choix (d'action ou de pensée) que rien d'autre que sa volonté ne semble avoir influencé. Cette capacité de choix se nomme libre arbitre. Mais l'homme possède-t-il ce libre arbitre ? Peut-il démontrer l'existence du libre arbitre ? Il semble impossible de faire de la liberté la conclusion nécessaire d'un raisonnement logique, car tout raisonnement pourrait d'emblée faire l'objet d'une légitime suspicion. Je ne peux pas dire : « J'avais le choix entre tel et tel objet, j'ai choisi le premier, donc je suis libre «, car le choix peut toujours avoir été déterminé par des causes qui m'échappent. Si le raisonnement ne peut démontrer la liberté, n'est-ce pas l'expérience qui pourra en fournir la preuve ? Le libre arbitre ne serait-il pas l'objet d'une expérience première ? N'ai-je d'ailleurs pas, au fond de moi, le sentiment immédiat de ma liberté ? Mais comment accorder ma confiance à une expérience qui peut être déformée par ma subjectivité, c'est-à-dire par la conjugaison de mon désir de me croire libre et de mon ignorance de ce qui m'influence ? L'expérience de la liberté n'est-elle pas une illusion ?

« conviction ni son sentiment. Ce n'est pas parce que nous sentons que nous choisissons librement, que c'esteffectivement le cas. Ainsi Spinoza dénonce l'illusion du libre arbitre : « Les hommes se croient libres pour cetteseule cause qu'ils sont conscients de leurs actions et ignorants des causes par où ils sont déterminés ». "Mais venons-en aux choses créées qui, toutes, sont déterminées à exister età agir selon une manière précise et déterminée. Pour le comprendreclairement, prenons un exemple très simple. Une pierre reçoit d'une causeextérieure qui la pousse une certaine quantité de mouvement, par laquelle ellecontinuera nécessairement de se mouvoir après l'arrêt de l'impulsion externe.Concevez maintenant, si vous voulez bien, que la pierre, tandis qu'ellecontinue de se mouvoir, sache et pense qu'elle fait tout l'effort possible pourcontinuer de se mouvoir. Cette pierre, assurément puisqu'elle n'est conscienteque de son effort, [...] croira être libre et ne persévérer dans son mouvementque par la seule raison qu'elle le désire. Telle est cette liberté humaine quetous les hommes se vantent d'avoir et qui consiste en cela seul que leshommes sont conscients de leurs désirs et ignorants des causes qui lesdéterminent. C'est ainsi qu'un enfant croit désirer librement le lait et un jeunegarçon irrité vouloir se venger s'il est irrité, mais fuir s'il est craintif. [...]" Baruch Spinoza, a Lettre à Schuller » Ce que défend ce texte: Spinoza cherche à montrer dans ce texte que les hommes se trompent quandils pensent être libres. « C'est ainsi qu'un enfant croit désirer librement le lait, et un jeune garçon irrité vouloir se venger s'il est irrité, mais fuir s'il est craintif. » De même un ivrogne, écritSpinoza à la suite de ce passage, « croit dire par une décision libre ce qu'ensuite il aurait voulu taire ». Or ils setrompent. Non seulement la liberté est une illusion, mais Spinoza veut montrer que cette illusion est inévitable.Nous sommes tous, en effet, conscients de poursuivre des fins (désirer le lait, vouloir se venger, le mot « fin »désignant ici le motif ou le but), mais nous attribuons la cause de nos désirs à notre volonté libre. L'homme, enréalité, est placé dans l'ignorance de tout autre rapport de causalité que celui de l'objet et du désir qu'il suscite ennous. Les hommes se croient donc libres parce qu'ils ont conscience de leurs désirs, mais ils ne pensent pas « mêmeen rêve, aux causes qui les disposent à désirer et à vouloir, parce qu'ils les ignorent », écrivait déjà Spinoza dansL'Éthique.Pour expliquer les raisons de cette ignorance, l'auteur va ici se livrer à une comparaison : imaginons une pierre quireçoit d'une cause extérieure une certaine quantité de mouvement, suite à cette « poussée », elle continuera de semouvoir alors même que cette impulsion extérieure aura cessé. Cette pierre est comparable à l'homme. Si elle étaitdouée de conscience, tandis qu'elle continue à se déplacer, elle croirait être libre, et être l'auteur de la poursuite deson déplacement, alors qu'elle est en réalité ignorante de la cause véritable (l'impulsion première qui l'a mise enmouvement).Bien sûr, les pierres ne pensent pas, mais l'homme est pris dans une situation de ce genre, et l'illusion qui en résulteconstitue ce qu'il appelle sa liberté : « Telle est cette liberté humaine que tous les hommes se vantent d'avoir » etqui n'est que la conscience de nos désirs doublée de l'ignorance de leurs causes véritables.Quelles sont alors ces causes ? Toutes les causes qui s'enchaînent pour déterminer chacune de mes actionsrenvoient, en dernière analyse, à un principe que Spinoza appelle en latin conatus, et qui désigne l'effort, la «poussée » (on dirait aujourd'hui : la « pulsion »), par lesquels chaque être tend à continuer à exister et à augmentersa puissance d'agir. Cette « poussée » n'est pas un choc physique comme dans le cas de la pierre, mais cetteénergie qui est le vrai foyer de mon être, cet appétit que j'appelle, lorsque j'en ai conscience, mon désir. ¦ Ce à quoi s'oppose cet extrait: Spinoza s'oppose à ceux qui, comme Descartes, posent l'existence d'une volonté libre en l'homme, capable de briserla chaîne des causalités qui déterminent son action.Selon Descartes, en effet, la volonté est capable de s'opposer aux élans du désir qui poussent l'homme à agir detelle ou telle manière. A l'impulsion des passions, Descartes oppose le choix conscient et la délibération de lavolonté, qui permettent l'expression d'une liberté authentique.Spinoza ne croit pas en l'existence d'une telle volonté et défend une conception qu'on appellera au XIX siècle (dansun contexte différent, celui de la science), le déterminisme.Ce dernier terme désigne l'inscription de l'homme dans un enchaînement strict et nécessaire de causes et d'effetsqui conditionnent son action sur le plan aussi bien du corps que de l'âme.Aussi, pour Spinoza, la volonté elle-même est une illusion et notre liberté véritable consiste à comprendre cettenécessité qui nous traverse, celle du « conatus ». Par cette compréhension, on ôte ainsi aux passions leur forcedestructrice, leur « tristesse », et l'on ressent alors ce contentement qui provient de la reconnaissance du fait quela liberté est la nécessité bien comprise. ¦ 3° La liberté comme conquête Doit-on simplement reconnaître qu'il existe de la sorte deux points de vue différents sur la liberté ? L'un, en quelque »

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