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L'homme se réduit-il à ce que nous en font connaître les sciences humaines ?

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Termes du sujet: SCIENCE : Ensemble des connaissances portant sur le donné, permettant la prévision et l'action efficace. Corps de connaissances constituées, articulées par déduction logique et susceptibles d'être vérifiées par l'expérience. HOMME: Le plus évolué des êtres vivants, appartenant à la famille des hominidés et à l'espèce Homo sapiens (« homme sage «).* Traditionnellement défini comme « animal doué de raison «, l'homme est aussi, selon Aristote, un « animal politique «. Ce serait en effet pour qu'il puisse s'entendre avec ses semblables sur le bon, l'utile et le juste que la nature l'aurait pourvu du langage. CONNAÎTRE / CONNAISSANCE: 1. - Être familier de quelqu'un ou quelque chose. 2. - Discerner, distinguer quelque chose : « Le premier et le moindre degré de connaissance, c'est d'apercevoir « (CONDILLAC) 3. - Posséder une représentation de quelque chose, en part.

est-ce que les sciences de l'homme telle histoire, la sociologie, la psychologie nous dise tour de l'homme. Est-ce que l'homme se réduit à ce que les sciences peuvent dire de lui ? D'autres domaines comme la philosophie la métaphysique peuvent-elles nous révéler une face cachée de l'homme que la science ne pourrait jamais nous révéler

« Lorsque Heidegger affirme que « la science ne pense pas », on peut admettreque sa formule concerne aussi les sciences humaines. On peut mêmeconsidérer que plus ces dernières se veulent scientifiques, plus elles sontconcernées par ce qui est, non pas un reproche, mais un constat. De cepoint de vue, on peut noter qu'en effet le travail des sciences humainesne consiste pas à « penser l'homme » - qu'il s'agisse de le penser de tellefaçon ou de telle autre. On peut même considérer qu'il est sous-entendu dansleur constitution même qu'elles ne doivent surtout pas essayer de penserl'homme : cette tâche appartient traditionnellement à la philosophie et, dèsleur origine, les sciences humaines ont cherché à se séparer de touteinfluence philosophique, en redoutant un fatras métaphysique évidemmentpeu compatible avec un projet scientifique.On admettra en conséquence que cette « pensée » de l'homme n'est pas unepensée authentique ; tout au plus s'agit-il d'une implication rendue nécessaired'un point de vue méthodologique : pour aborder scientifiquement l'êtrehumain, il est nécessaire de sous-entendre qu'il peut être prévisible.Reste à préciser ce qui, dans l'homme, peut ainsi être considéré commeprévisible. Deux éléments doivent ici être pris en considération : d'une part, lefait que l'homme dont il est question ne peut en aucun cas être l'individusingulier, mais qu'il s'agit de l'homme au sens générique ; d'autre part, le faitque l'homme semble se modifier lui-même dans le temps (faute de quoil'histoire n'existerait pas) et que son caractère prévisible sera en conséquence nécessairement limité.En effet on ne peut connaître de l'être humain que ce qu'il a de commun avec ses semblables: les scienceshumaines ne peuvent s'intéresser à l'individuel ; ou plutôt elles ne peuvent le prendre en compte qu'en l'intégrantdans des données collectives, qui se traduisent statistiquement. Ce qui, par exemple, est prévisible dans cetteoptique, c'est le pourcentage d'électeurs qui iront aux urnes à telle occasion. Mais, à l'intérieur de ce pourcentage,l'attitude singulière de Mr X. demeure non connue. Tout comme le reste, par exemple son évolution psychique, et cemême si l'on connaît l'histoire de sa famille : considérer que, si l'un de ses parents était cyclothymique, il a tant dechances de devenir schizophrène ne garantit absolument pas qu'il le deviendra, tant son évolution dépend aussid'autres facteurs encore à venir.Enfin, ces statistiques n'ont de validité que relativement à une situation socio-historique donnée. D'où la nécessitéde les recalculer périodiquement, pour restaurer une prévisibilité vraisemblable. [III. La liberté respectée] La prévisibilité de l'homme n'est donc pas comparable à celle des phénomènes de la nature. Et les chercheurs ensciences humaines ne sauraient être soupçonnés de vouloir réduire l'être humain au rang d'un simple objet, soumis àun déterminisme absolu.Ils confirment ainsi d'anciennes (puisque antérieures aux sciences humaines elles-mêmes) remarques de Kant.Évoquant la constitution nécessaire d'une anthropologie (soit d'un savoir sur l'homme : ce que doivent précisémentviser les sciences humaines), Kant en distingue deux tendances, correspondant au double « caractère » de l'être humain. Du caractère empirique (soit les aspects déterminés de l'existencehumaine) se chargera une anthropologie pragmatique, tandis qu'uneanthropologie philosophique prendra en charge le caractère rationnel. Cedernier désigne en effet la capacité qu'a l'homme, au lieu d'obéir en totalitéaux lois de la nature, de formuler par sa raison les lois de sa conduite. À ceque Kant prévoyait comme anthropologie pragmatique correspondent à peuprès nos sciences humaines contemporaines - qui n'ont donc pas à sepréoccuper d'étudier « scientifiquement » les performances de la raison ou dela liberté...Aussi la prévisibilité de l'homme qu'admettent les sciences humaines peut-ellefinalement être comprise dans son intérêt : repérer les différentsdéterminismes (sociaux, psychiques, historiques) auxquels peut être soumisl'être humain, ce n'est pas le condamner à les subir passivement en perdantde sa liberté. Ce peut être au contraire - c'est notamment la thèse actuelledu sociologue Pierre Bourdieu - lui donner la possibilité de s'en méfier, ou deleur échapper. Et de la sorte lutter pour une plus grande liberté concrète del'homme lui-même, ce qui viendrait simplement confirmer que la liberté, mêmesi on peut la considérer d'un point de vue métaphysique, doit aussi se vivreau quotidien. [Conclusion] Si l'on admet que la connaissance augmente le pouvoir de l'homme, on peut comprendre qu'une connaissance plusprécise des aspects par lesquels l'existence humaine est prévisible confère à l'homme lui-même davantage depouvoir sur ce qui le détermine. Cela suppose simplement que les connaissances en question soient amplementdiffusées, et ne soient pas monopolisées (par le pouvoir ou l'économie). On rejoint là le problème de la vulgarisationdu savoir scientifique, dont on sait, hélas, qu'il est encore mal réglé dans la société contemporaine. »

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