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L'inconscient est-il contraire à la raison ?

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Un président de séance, à l'ouverture dit « Je déclare la séance fermée » au lieu de dire « Je déclare la séance ouverte ». Personne ne peut se  méprendre sur ses sentiments ; il préférerait ne pas être là. Mais ce désir (ne pas assister au colloque) ne peut s'exprimer directement, car il heurterait la politesse, les obligations sociales, professionnelles, morales du  sujet. Notre président subit donc deux forces contraires : l'une parfaitement en accord avec les obligations conscientes, l'autre qui ne l'est pas et qui ne  peut s'exprimer  directement, ouvertement. Il y a donc conflit, au sein du même homme, entre un désir conscient, conforme aux normes morales et un autre désir plus « gênant ». Or, dans notre exemple, ce second désir, malgré la volonté de politesse du président, parvient à s'exprimer, mais de façon détournée, anodine : on dira que « sa langue a fourché ». Ici, l'exemple est simple dans la mesure où le président a sans doute parfaitement conscience qu'il ne veut pas être là. Mais dans bon nombre de cas, quand ma langue fourche, je ne sais pas pourquoi, c'est-à-dire que j'ignore moi-même ce qui me pousse à dire tel mot plutôt qu'un autre. Or pour Freud le cas est exactement identique et s'interprète de même, comme le conflit entre deux désirs dont l'un est gênant et peut être ignoré par le sujet. Il n'y a pas d'actes innocents ou anodins.

« et de nos désirs, échappe à toute conscience effective et est, par conséquent, inconsciente. C'estdu coup devoir renoncer à l'idée de la toute-puissance du sujet rationnel comme maître de lui-même.L'inconscient dépossède le sujet de la souveraineté qui le caractérise en tant que sujet rationnel.Dépossession qui a fortiori est synonyme d'animalisation, au sens où c'est bien la raison, qui distinguel'homme de l'animal. § Dans ses Eléments de philosophie , L.II, ch. XVI, note 146, Alain rapproche l'inconscient d'un animal redoutable, en le rapprochant de l'instinct animal qui n'est lui-même pas de l'ordre de la conscience.L'inconscient serait bien contraire à la raison, faisant de l'homme un animal qui réagit par instinct etnon selon sa raison. La dépossession de soi qui fait que l'homme n'est pas maître de la totalité de sescomportements et de ses affects, et qui par-là, en fait un homme déchu de son piédestal, le rabaissedu côté de son animalité. § Outre cela, on peut noter que l'inconscient, tel qu'il se manifeste dans les rêves par exemple, défietoutes les lois de la logique de la raison, dans la mesure où il n'est pas intelligible, compréhensiblecomme tel par la raison. C'est à un univers en deçà et contre la raison, et du côté du pur instinctanimal que l'on a affaire avec l'inconscient. II) La recherche scientifique et rationnelle sur l'inconscient. § La recherche sur l'inconscient donne lieu à une démarche scientifique pleinement rationnelle qui montreque l'inconscient doit avoir trait avec la raison, puisque seule celle-ci peut rechercher les clés del'inconscient et tenter de le décrypter. En effet, Freud privilégie une démarche scientifique, dans lamesure où il est nécessaire de situer sa découverte de l'inconscient dans les manifestationsconcrètes de celui-ci. § C'est dans sa pratique de l' hypnose puis de l' association libre (parler de tout ce qui passe dans la tête sans effectuer de censure) que Freud découvre qu'il existe des mécanismes inconscients dont le sujetne peut prendre connaissance. Ces mécanisme sont alors purement scientifiques et sontconnaissables en tant que tels. Mais comment le médecin ou psychanalyste pourrait-il lui-mêmeparvenir à découvrir l'inconscient de son patient si cet inconscient demeure tapi derrière laconscience ? C'est, dit Freud, que l'inconscient se dévoile dans les errements, les lacunes, les« ratés » de la conscience. Il se manifeste donc objectivement dans des faits, paroles ou conduitesqui sont autant de signes qui peuvent être analysées rationnellement et objectivement. § D'où le privilège qu'il faut conférer à ces manifestations que sont le rêve (activité de symbolisation dupsychisme), l'acte manqué (coupure à l'intérieur des mécanismes conscients) ou encore le motd'esprit (présentation sous une forme « acceptable » de tendances sinon inavouables) quireprésentent ces signes objectifs de l'inconscient dans les faites et qui sont alors analysables. Il fautensuite trouver une méthode d'analyse, de décryptage de ces manifestations. Cette méthode, c'estla psychanalyse qui la donnera et qui la mettra en œuvre dans la cure psychanalytique s'appuyant surle mécanisme du transfert. On peut ajouter que les occasions de la percée de l'inconscient que nousavons énumérées suffisent à montrer que pour Freud, l'inconscient est une composante normale de lavie psychique de l'homme, analysable donc au même titre que les autres composantes,scientifiquement et rationnellement. III) L'inconscient comme moyen de rendre raison de la nature de l'homme. § L'inconscient, au sens freudien, n'est pas purement et simplement le non-conscient, le « négatif » enquelque sorte de la conscience. Il est, au contraire, une force psychique active, dont lefonctionnement obéit à des règles spécifiques, distinctes de celles auxquelles est soumise la penséeconsciente. C'est pourquoi Freud propose de comprendre le psychisme comme la coexistence de deuxmodes de fonctionnement, dont chacun forme un système indépendant : le système « inconscient »d'une part, et le système « pré-conscient » de l'autre. § Rechercher son inconscient c'est accepter qu'une partie de soi échappe à la conscience et c'est dumême coup progresser vers une connaissance de soi dans ce que le soi a de complexe et de nontotalement conscient. La recherche de son inconscient est en ce sens tout sauf contre la raison,puisqu'elle est ordonnée à une remise en question du sujet lui-même, remise en question existentielle,qui va lui permettre de progresser dans la connaissance de soi. En ce sens la psychologie n'est pasune discipline vaine mais le moyen d'expression, de découverte d'une partie de soi encore inconnue etinexplorée, et pourtant impliquée dans la vie psychique consciente de tout sujet. § L'inconscient ne déresponsabilise nullement l'homme mais il permet de rendre intelligibles certaines denos pulsions et certains de nos actes en les renvoyant à un passé psychique ou à un processus derefoulement profond. Le sujet est donc toujours celui qui agit, et en cela il se doit de répondre de sesactes. L'inconscient n'est, en réalité, qu'une clé de compréhension de l'intelligibilité de noscomportements. On comprend alors à quel point la recherche de son inconscient est utile pour uneredéfinition de la liberté ; elle est donc tout sauf contraire à la raison, à la fois du point de vue de laméthode mais aussi du point de vue de ses implications pratiques et morales. »

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