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Mentir par bienveillance peut-il être moral ?

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mentir L'homme qui ment fait en sorte qu'aucune déclaration n'ait de crédit. Ainsi il porte atteinte à la finalité interne de communicabilité et fait perdre leur force à tous les droits, fondés sur des contrats. Même si le mensonge ne nuit pas à un homme particulier, il nuit à l'humanité en général. Fais ce que tu dois À quoi il faut ajouter qu'on ne peut jamais prévoir les conséquences de ses actes. Supposons, par exemple, que mon ami, voyant les assassins diriger leurs pas vers la maison, décide de s'enfuir à mon insu. En affirmant qu'il est sorti alors que je le crois à l'intérieur de la maison, j'exprime le contraire de ce que je pense, mais je dis la vérité, ce qui est. Mon mensonge « bienveillant » peut ainsi mettre les assassins sur les traces de mon ami et être cause de sa mort. Certes, en m'en tenant au devoir de véracité, je peux aussi être la cause de sa mort. Mais suis-je vraiment responsable ? Le meurtre de cet homme n'est-il pas la faute des meurtriers ?

« Les mots du sujet Se taire, c'est évidemment ne pas dire. Connaître la vérité, c'est savoir. Se taire quand on connaît la véritéconstitue ce qu'on appelle en morale le mensonge par omission. Il s'agit donc de s'interroger sur un cas particulier demensonge. Le sens du problème La question posée est celle du "droit" c'est à dire de la légitimité. Est-il légitime de mentir par omission ? Est-cemoral, sinon toujours au moins parfois ? La question est donc de savoir s'il y a vraiment un devoir de vérité (et ence cas il est sans exception car tout devoir est absolu) ou si, au contraire, il est parfois moral de ne pas dire. Laquestion est celle de la véracité. Faut-il toujours être vérace ou a-t-on parfois le droit de s'abstenir et alors quandce droit existe-t-il ? Présupposé de la questionIci il n'y en a pas. Réponse spontanéeLe mensonge par omission est un mensonge. Spontanément nous le condamnons. La réponse spontanée est doncnégative. Plan rédigé Introduction Toute une tradition fait de la vérité un devoir : le christianisme considère que tout mensonge, y compris celui paromission, est un pêché. Quant au philosophe, n'est-il pas celui qui aime et se doit d'enseigner (donc de dire) lavérité ? Pourtant, en même temps, il nous arrive d'affirmer que toute vérité n'est pas bonne à dire et il existe descirconstances où je sais pertinemment que dire la vérité nuira à autrui. Que faut-il alors en penser : Y a-t-il undevoir absolu de vérité ou est-il parfois moral de taire ce qu'on sait ? L'enjeu de cette question est celui de nosdevoirs envers autrui, s'il est vrai que la parole est un acte social. Il est clair qu'il existe des circonstances où nepas dire la vérité est une lâcheté mais faut-il en conclure que la véracité est un devoir c'est à dire un impératifuniversel ? Si on peut légitimer le mensonge par omission, alors en quelles circonstances et selon quels critères est-ce possible et quelles en sont les conséquences sur la morale ? I Le devoir de vérité. 1) Il est des vérités qu'on n'a pas le droit de taire.Il existe des vérités pour lesquelles ce serait une faute que de se taire. Comment appelle-t-on la vertu qui consisteà dire la vérité quand on la connaît ? André Comte-Sponville l'appelle la bonne foi. L'homme de bonne foi dit ce qu'ilpense être vrai (à tort ou à raison) et pense vrai ce qu'il dit. C'est l'homme sincère.Or, on oppose ordinairement la sincérité à l'hypocrisie et au mensonge, termes qui ont une connotation négative auplan moral. S'il est vrai que la philosophie est l'amour de la vérité, cette vertu semble être la vertu philosophique parexcellence.Il est clair qu'il est des cas où ne pas dire la vérité est une lâcheté et la dire une forme de courage. C'est ce quesouligne Sartre. Présentant la revue Les Temps Modernes, Sartre souligne le devoir de vérité de l'écrivain qui se doitde dénoncer tout scandale qu'il connaît au point que le silence est une sorte de complicité du crime : " L'écrivain esten situation dans son époque : chaque parole a des retentissements. Chaque silence aussi. Je tiens Flaubert etGoncourt pour responsables de la répression qui suivit la Commune parce qu'ils n'ont pas écrit une ligne pourl'empêcher. Ce n'était pas leur affaire dira-t-on ? Mais le procès de Calas, était-ce l'affaire de Voltaire ? Lacondamnation de Dreyfus, était-ce l'affaire de Zola ? L'administration du Congo, était-ce l'affaire de Gide ? Chacunde ces auteurs, en une circonstance particulière de sa vie, a mesuré sa responsabilité d'écrivain. " (Situations, II)Ainsi, la responsabilité de l'écrivain est de dire la vérité quand il la connaît.Dans bien des circonstances, nous reprochons aux hommes d'avoir tu quand ils savaient. Quand les responsablesd'EDF ont tu la vérité sur le nuage radioactif issu de l'accident de Tchernobyl survolant le territoire français, nousavons crié au scandale. Le mensonge d'État (fût-il par omission) nous révolte et quand la vérité éclate notreconscience morale est heurtée par tout ce qu'on nous a caché. Nous attendons de nos dirigeants qu'ils nous disentla vérité même, et surtout, si elle n'est pas "bonne à entendre". Il nous semble ici que le proverbe ment : toutevérité est bonne à dire si notre vie ou l'exercice de notre citoyenneté sont en cause. Il y va de l'exercice de ladémocratie.De même, il nous semble y avoir un devoir de vérité en histoire. Celui qui a vécu les drames de l'histoire se doit detémoigner par respect envers les victimes. Quant aux témoins dans un procès, il est de leur devoir de dire toute lavérité. De la personne qui sait pertinemment que l'enfant de son voisin est battu et qui n'alerte personne, on diraqu'elle est coupable de non-assistance à personne en danger. Les exemples abondent.Il y a donc bien des vérités qu'on n'a pas le droit de taire. Mais faut-il en conclure que ce serait le cas de quelquesvérités (mais alors lesquelles ? Selon quels critères les déterminer ?) ou notre devoir de dire est-il universel ? Dureste un devoir est universel ou n'est pas. C'est en tout cas ce que pense Kant. »

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