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Nos connaissances viennent-elles entièrement de l’expérience?

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contester l'idée que l'expérience doit être la source de la connaissance empirique. Autrement dit, pas plus que pour les connaissances a priori, comme les mathéma- : tiques et la logique, les connaissances empiriques n'ont pour source et origine , l'expérience : le rapport de la connaissance empirique et de l'expérience doit être pensé autrement.

Les connaissances empiriques consistent en des généralisations qui prennent la forme de lois : autrement dit, elles déterminent de manière générale, c'est-à-dire non pas pour un individu singulier, mais pour une classe d'individus appartenant tous à un même type, par exemple les objets en chute libre pour la loi de la chute des corps dans la mécanique classique, ou les cellules accomplissant le cycle de la photosynthèse pour la biologie chimique, le comportement de l'objet sur lequel ; elles portent dans des circonstances déterminées. Ces lois portent bien sur l'expérience, et ce, en deux sens : tout d'abord, leurs objets appartiennent au monde, à la différence des mathématiques et de la logique

« l perceptions, et la connaissance qui dérive de l'expérience, mais qui n'est pas sin- r- gulière : «tous les corps en chute libre ont une vitesse indépendante de leur poids>> tD est un énoncé qui est peut-être dérivé de l'expérience, mais qui ne provient pas en immédiatement d'une perception singulière. Appelons la première « connaissance !l d'expérience>> et la seconde« connaissance empirique en général >>. 0 -· Tournons-nous maintenant vers les connaissances a priori. Peut-on vérita- "'1 blement soutenir que la logique et les mathématiques ne proviennent pas de I' expé- rience? li est indubitable, en effet- en témoigne l'apprentissage que chacun de nous a fait du calcul et de la géométrie -que les mathématiques recourent elles aussi à l'expérience. Ainsi, dans le Ménon, Socrate demande à un jeune esclave de résoudre un problème mathématique particulier, déterminer la longueur du côté d'un carré ayant une aire double de l'aire d'un carré donné, en s'appuyant sur une figure par­ ticulière. Autrement dit, les démonstrations du géomètre prennent appui sur ses sens. Cela ne revient-il pas à dire que les connaissances mathématiques prennent appui sur l'expérience, et donc sur une connaissance d'expérience? Indéniablement. Mais il faut distinguer« prendre appui» et« venir de>>: les mathématiques s'appuient sur des exemples concrets, par exemple sur des schémas, mais les démonstrations elles-mêmes ne dépendent en rien des caractères particuliers des objets perçus dans l'expérience. Le géomètre considère les objets mathématiques eux-mêmes: la connaissance mathématique ne dérive donc pas de l'expérience. De même, les règles du raisonnement qu'établit la logique ne dépendent pas de l'expérience. La connaissance empirique se distingue de cette connaissance : si les mathé­ matiques et la logique ne dérivent pas de l'expérience, cela signifie que ce sont des sciences a priori. Mais, nous ne pouvons pas connaître a priori le mouvement que va faire cette boule-ci de billard, après avoir été frappée par cette autre boule de billard.A fortiori, nous ne pouvons pas savoir a priori, c'est-à-dire indépendamment dè l'expérience, comment se comportent en général les boules de billard qui sont frappées par d'autres boules de billard, ou même comment se comporte un objet lâché dans le vide. La seule manière de savoir comment cette boule de billard va se mouvoir après avoir été frappée, c'est d'observer son comportement. De même, la seule manière de savoir comment les corps en général se meuvent quand ils sont lâchés dans le vide, c'est d'observer le mouvement d'objets singuliers lâchés dans le vide. Notre connaissance empirique est donc une généralisation de notre connaissance d'expérience: à partir d'expériences singulières, nous obtenons par généralisation une connaissance empirique. Ce procédé s'appelle l'induction. li y a donc deux types de connaissance : l'une est a priori, l'autre dépend de l'expérience. Mais, il nous faut examiner de plus près ce second type de connais­ sance : toute la connaissance empirique dérive-t-elle de l'expérience? La connaissance empirique repose sur des généralisations obtenues à partir de multiples expériences singulières. Autrement dit, elle repose sur l'induction. Or, l'induction est un processus dont la légitimité est contestable. En effet, admettons »

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