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Notre existence a-t-elle un sens si l'histoire n'en a pas ?

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  3-Le postulat du progrès : On s'aperçoit donc que le sens de l'existence individuelle et celui de l'histoire sont liés. Pour que l'existence d'un individu trouve son sens il faut qu'elle s'inscrive dans l'histoire et inversement c'est parce que l'existence a un sens que l'histoire en a un. La vocation de l'homme n'est pas le bonheur, elle est plus haute, parce que l'homme est un être de liberté et la conquête de la liberté se fait à travers les générations. Kant postule un sens à l'histoire qu'il nomme « progrès ». Cf. Idée d'une histoire universelle d'un point de vue cosmopolitique, neuvième proposition. Il formule l'hypothèse du devenir historique à travers la notion de téléologie. Selon lui, le progrès n'est pas une réalité, il faut séparer le fait de la croyance : il ne s'agit pas de constater maintenant l'existence d'un progrès de l'humanité. Il s'agit de croire en sa possibilité afin de donner un sens à l'histoire. Il s'agit donc d'une exigence morale, d'une hypothèse qu'il est nécessaire pour le sujet moral de postuler afin de ne pas désespérer de l'homme.

L’expression « notre existence « englobe l’ensemble des vies humaines, considérées du point de vue de leur raison d’être, de leur destination, de leur justification, puisque le soupçon est ici porté sur le « sens «, c’est-à-dire à la fois sur la signification et la destination, de ces existences.
La question du sens de l’existence humaine est ici posée dans le cadre d’un problème précis, celui de l’existence ou de la non existence d’un sens de l’histoire. L’histoire est à la fois l’ensemble des événements humains qui sont advenus dans le temps et la science que l’on a de ces événements. La question du sens de l’histoire porte plutôt sur la première définition de celle-ci, elle pose le problème du sens de l’existence humaine en tant qu’elle est collective et qu’elle se déroule dans le temps, bien au-delà de la durée d’une vie humaine. Le problème est donc celui des sens respectifs de l’existence individuelle et de l’existence collective, considérées dans leurs relations l’une à l’autre.
La question posée englobe une supposition : celle que l’histoire n’a pas de sens. Cette supposition constitue le premier élément problématique. Il ne s’agit pas pour autant de faire de la question du sens de l’histoire l’élément central du sujet, puisque le sujet porte bien plutôt sur les conditions auxquelles notre existence humaine a un sens, le sens ou le non-sens de l’histoire faisant partie de ces conditions. Le second élément problématique, essentiel, est donc celui du sens de l’existence, sur lequel l’on fait porter le soupçon. Ce soupçon provient d’un constat selon lequel le sens de l’existence est difficile, voire impossible à discerner, et participe donc d’un sentiment d’absurdité de la vie. Cette position pessimiste quant au sens de la vie constitue le présupposé essentiel du sujet.
Ainsi, le sujet pose une question qui est déjà conditionnée par une certaine position sur le sens de l’existence et sur le sens de l’histoire. Il faudra interroger cette position dans ce qui la fonde comme dans les éléments qui entrent dans sa composition, afin de définir le rapport qu’il faut établir entre l’existence individuelle, l’existence collective, historique, et les sens ou les non-sens à leur assigner. Ce travail prend en charge un enjeu important de l’interrogation philosophique générale sur le sens de l’existence.

« tortue sur sa tête chauve, la prenant pour une pierre. On conte aussi l'histoire d'un fils de roi qui selon l'oracle,devait périr par un lion ; on le garda au logis avec les femmes ; mais il se fâcha contre une tapisserie quireprésentait un lion, s'écorcha le poing sur un mauvais clou, et mourut de gangrène. L'idée qui sort de ces contes, c'est la prédestination que des théologiens mirent plus tard en doctrine ; et celas'exprime ainsi : la destinée de chacun est fixée quoi qu'il fasse. Ce qui n'est point scientifique du tout ; car cefatalisme revient à dire : « Quelles que soient les causes, le même effet en résultera ». Transition : A la question de la possibilité du constat d'un sens de l'existence compte tenu de l'existence ou de la non existence d'un sens de l'histoire on peut peut-être préférer celle de la construction rationnelle, par l'individud'un sens de l'histoire comme d'un sens de l'existence. L'homme ne subit alors plus l'absurde, mais peut le dépasser. II. La possibilité d'une construction intellectuelle conjointe du sens de l'histoire et du sens de l'existencede l'individu Dans cette perspective l'homme devient responsable devant le sens de son existence, de même qu'il est responsablede la manière dont il participe au sens de l'histoire. La question posée par le sujet se trouve alors invalidée dans saformulation, qui supposait une passivité de l'homme devant le sens de l'histoire. Husserl, La crise des sciences européennes et la phénoménologie transcendantale Des hommes, qui n'ont pas simplement l'être en tant que réalités de fait dans le monde des réalités de fait, en tantque réalités psycho-physiques, mais qui ont aussi un autre être, leur être de personnes dans une totalité depersonnes, et en tant que tels n'ont pas seulement des attaches extérieures, mais des liens qui les unissent surquelque chose. Nous présupposons déjà la forme la plus haute de normalité de l'existence humaine, en tantqu'existence dans un peuple normalement uni dans les liens d'un Etat, dans un régime étatique qui possède uneordonnance de la volonté d'après des relations de domination et de servitude. Dans cette normalité chaquepersonne adulte a sa fonction, chacune a ses tâches et vit dans leur remplissement actif ; et toutes les tâches ettous les remplissements de tâches ont leur unité synthétique, qui est présente dans chaque personne même commeun horizon de conscience, même si elle n'est pas donnée dans une conscience explicite ni thématisée comme unetotalité. C'est plutôt l'horizon permanent qui donne à tout thème subordonné, à tout but particulier, le sens d'un thème danscet horizon thématique, d'un remplissement de tâches partielles dans l'ensemble de la tâche, remplissement qui estpour chaque personne son devoir et auquel elle est obligée. Dans cet ensemble nous trouvons aussi la philosophiecomme tâche, comme métier personnel. Mais nous remarquons ici une particularité de ce métier, une particularité entout cas qui ne s'attache pas à tous les métiers dans la totalité normale du peuple et de l'Etat (la totalité de lacommunauté). Le travailleur manuel, le cadre et le travailleur dans les métiers sociaux de l'activité industrielle, lefonctionnaire au service de l'Etat, s'il lui arrive de méditer sur le « sens » de son existence dans ce métier, n'abesoin pour cela d'aucune méditation historique. Mais le philosophe, lui, en a besoin. Son existence commephilosophe est historique en un sens bien particulier, en un sens autre que celui dans lequel tout métier, et le toutdes métiers, qui appartiennent à la structure de l'existence dans un peuple et un Etat, sont historiques.Tout homme, en tant que personne, se trouve pris dans le contexte de sa génération, lequel, compris au sensspirituel personnel, est pris dans l'unité d'une historicité ; celle-ci n'est pas seulement une série de faits passés, elleest au contraire implicitement dans tout présent, dans sa factualité, comme un acquis spirituel caché, comme lepassé qui a formé la personne actuelle et, en tant que formation de celle-ci, est impliquée en elleintentionnellement. C'est à quoi se rattache le vague savoir que tout homme possède sur son être et sur sagénération ; mais celle-ci n'est pas pour lui en général comme un enchaînement de personnes présentes et depersonnes mortes depuis longtemps, puisque celles-ci bien que mortes, existent encore actuellement maintenant(...), fécondant les idées des contemporains toujours à nouveau, les produisant ou éventuellement les empêchant,et qu'en tout cas elles motivent dans leur existence professionnelle. Transition : Si l'on peut envisager un dynamisme de l'homme face au sens de l'histoire et au sens de l'existence, on peut peut-être envisager également la possibilité de la construction d'un sens de l'existence qui disqualifierait laquestion du sens de l'histoire pour se limiter aux existences individuelles. Le refus de l'attribution d'un sens àl'histoire serait alors le moyen de donner à l'existence individuelle son sens, en lui attribuant la place qui convient. III. La disqualification de l'histoire lorsqu'il s'agit de fonder le sens de l'existence individuelle Jusque là, le fait que l'on puisse donner un sens à l'histoire n'a pas été mis en doute : cette mise en doute, quipasse par une relativisation, voire une annulation du sens de l'histoire, semble pourtant permettre à l'individu depenser le sens de son existence, en concentrant son objectif sur lui-même. A. L'illusion du sens historique Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation L'histoire nous enseigne qu'à chaque moment il a existé autre chose ; la philosophie s'efforce au contraire de nousélever à cette idée que de tout temps la même chose a été, est et sera. En réalité l'essence de la vie humainecomme de la nature est tout entière présente en tout lieu, à tout moment, et n'a besoin, pour être reconnue jusque »

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