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Obéit-on à ses désirs ?

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Le désir est impulsif, sans logique, hors de toute maîtrise. Pourtant, s'il est spontané, il n'en est pas moins conscient, et il se dirige vers une fin jugée bonne, connue ou imaginée. Le désir est traditionnellement conçu comme l'autre de la raison. Aussi est-il généralement compris dans une perspective morale qui fait valoir, contre l'intempérance, la soumission des désirs à la volonté raisonnable. La fin du désir a tendance à toujours se métamorphoser, puisque le désir ne semble jamais pouvoir se satisfaire, mais chaque désir a un objet. En cela il peut être dirigé par une logique, ou par la raison. Dans ce sens, les désirs peuvent obéir à une logique que l'on aurait soi-même définie. Dans quelle mesure n'est-ce pas nos désirs qui nous obéissent ? Qui commande du désir ou de notre volonté ? Une autre façon de mener le sujet est de montrer que le désir peut obéir à une logique qui lui serait propre, liée à sa satisfaction, et sur laquelle nous n'aurions que peu de maîtrise. Ainsi, si l'on se réfère à la notion de désir en psychanalyse, le désir serait lié à un manque, à une impulsion inconsciente. Il a donc sa logique propre (il obéit à des règles strictes de l'inconscient), mais qui nous reste impénétrable. Et dans la mesure où l'on parle de nos désirs, quelles sont les conséquences pour la nature humaine : nous obéissons, par le biais de nos désirs, à des logiques qui ne nous sont pas propres ? Obéit-on à ses désirs ?

I. Sagesse ou désirs vains

II. Le malaise de la volonté

III. Régulation du désir par le psychisme (Freud)

 

 

« II. Le malaise de la volonté a. C'est en déterminant les causes de la volonté que John Locke viendra à déterminer le désir comme moteur d'action chez l'homme. Selon lui, il y a une inquiétude essentielle à l'homme, un malaise, et celui-ci est désir. De faitl'objet dont l'homme ressent l'absence lui donnerait du plaisir s'il était présent. Ce malaise dès lors incitera l'homme àfaire des efforts pour tenter de posséder et de jouir de l'objet initialement manquant. L'inquiétude est définie comme« le principal, pour ne pas dire le seul aiguillon qui excite l'industrie et l'activité des hommes » ( Essai su l'entendement humain , II, 20, 6). La volonté est d'autant plus déterminée que l'inquiétude est forte, et quand elle est faible, il n'y a qu'une forme de velléité qui est le plus bas degré du désir. Il y a un fondement négatif du désirpuisqu'il est d'abord « un malaise de l'esprit dû à un bien absent ». Tout l'enjeu sera ainsi d'obéir ou non au désirpressant afin de se délivrer de la douleur qu'il procure, de se mettre à l'aise. Locke met bien en lumière les liens quiunissent le désir/volonté/décision. Ce qui détermine à agir est toujours une expérience interne au sujet, et non lavaleur supposée d'un bien extérieur à lui. Le désir se trouve ainsi au cœur de la vie affective. b. Leibniz répondra à Locke, dans ses Nouveaux essais sur l'entendement humain , en établissant l'idée que l'ignorance et les perceptions confuses permettent d'agir par instinct sans être incommodé par des perceptions tropdistinctes et désagréables. La douleur n'est pas ici éprouvée comme telle, car l'inquiétude assimilée au désir est unepetite douleur imperceptible (une petite perception inconsciente) qui agit sur nous comme à notre insu. Et ce sontces rudiments qui nous poussent à agir ; l'aiguillon n'est pas ici une souffrance, mais une sorte de fourmillement quitravaille l'esprit et oriente l'action. III. Régulation du désir par le psychisme (Freud) Le but de la pulsion, dans la pensée freudienne, « est toujours la satisfaction, qui ne peut être obtenue qu'ensupprimant l'état d'excitation à la source de la pulsion » ( Métapsychologie , « pulsions et destin des pulsions »). Dès lors un retour à la quiétude s'impose. Le désir avec Freud résulte d'un conflit entre le psychisme et le mondeextérieur : le principe de réalité va donner une forme et une limite au désir, ce qui est également le principe d'uneéducation du désir. Car un homme qui ne répondrait qu'au principe de plaisir (c'est-à-dire à la satisfaction immédiatede la forme pulsionnelle du ça) serait amené à agir de manière quasi bestial, ou asociale. En subordonnant lasatisfaction aux contraintes de la réalité, le principe de réalité s'oppose à la visée du principe de plaisir, c'est-à-direla décharge immédiate de la pulsion. Il y a la nécessité de la satisfaction différée. Mais comme le ça (lieu despulsions) n'obéit qu'au seul principe de plaisir, l'éducation du plaisir sera rendue possible par le jeu contradictoire destrois instances psychiques (ça, surmoi, moi) : « […] le moi apprend qu'il est indispensable de renoncer à lasatisfaction immédiate, de différer l'acquisition du plaisir, de supporter certaines peines et de renoncer en général àcertaines sources de plaisir. Le moi ainsi éduqué est devenu raisonnable, il ne se laisse plus dominer par le principede plaisir, mais se conforme au principe de réalité, qui, au fond, également pour but le plaisir, mais un plaisir qui, s'ilest différé et atténué, a l'avantage d'offrir la certitude que procure le contact avec la réalité et la conformité à sesexigences » ( Introduction à la psychanalyse , 1916). Freud ne rejette pas le désir du côté d'un simple déterminisme biologique, mais il montre que le désir prend en compte le contexte culturel dans lequel il se développe. Les pulsionspeuvent donc être refoulées sous l'effet de la censure morale. Toute civilisation façonne des manières de désirer, enrapport avec les usages et interdits par lesquels elle se définit. L'interdit joue un rôle fondateur dans la formationdes désirs et des mœurs. Ce n'est que par des voies détournées que pourra se faire la décharge immédiate de lapulsion (voir L'interprétation des rêves, 1900), voies laissant ainsi une moindre place aux formes de frustrationqu'expérimente tout homme. Conclusion L'homme ne peut faire absolument l'économie du désir (au profit de la seule raison par exemple) puisqu'il est dans sanature même de désirer. Nietzsche critiquera le christianisme qui tend à castrer cette énergie conaturelle à toutindividu, à vouloir spiritualiser le désir. Mais la réalisation de l'individu (en tant qu'être moral, poussé vers la vérité)ne peut se faire qu'en mesurant assez justement ce conditionnement désirant interne qui ne cesse d'être actif.Comment espérer, si ce n'est par une méditation solitaire et intensive, se débarrasser de l'attrait du « sansara » (dumonde sensible comme réservoir de toute satisfaction possible, dans la doctrine bouddhiste) et atteindre au« nirvana » (état de communion avec le tout par un détachement paroxystique, puisque le moi lui-même ne doit plusinterférer d'aucune manière) ? Le désir est, en dépit de l'aveuglement des hommes, source d'inquiétude, desouffrance, dus au manque qu'il procure, quand l'inquiétude elle-même n'est pas le moteur du désir en perpétuelletransformation et éducation. »

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