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Peut-on légitimement parler de vérité personnelle ?

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La vérité scientifique est impersonnelle. II : Pas de vérité sans conviction 1)      Aucun discours, si objectif soit il, ne sera « vrai » sans une subjectivité qui y adhère. La proposition « il pleut » n'est vraie que si on est convaincu qu'elle correspond au temps qu'il fait. Cette conviction est le fondement de toute vérité. 2)      « Les principes se sentent, les propositions se concluent » dit Pascal. Les « principes » ou vérités premières (axiomes, idées de l'espace, du temps, du mouvement), sont des vérités indémontrables. C'est pourquoi Pascal dit que nous les tenons par le « coeur ». III : Sens d'une vérité personnelle 1)      La création artistique eut être considérée comme une tentative de dire la vérité en dehors du langage commun. La vérité peut être la description d'une expérience singulière, révéler le réalité d'une existence, comme lorsqu'un artiste expose sa vision singulière du monde. 2)      L'engagement existentiel, cette promesse qu'on se fait à soi même, est une vérité personnelle.

« Je ne peux jamais cesser d'être ce que je suisJ'appréhende le monde au moyen de mes sens, et donc de mon corps. Jamais je ne peux m'en extraire. Telle couleurm'apparaît plutôt terne. Je ne peux pas nier ce fait. Je demeure toutefois incapable de savoir comment autruiperçoit cette couleur, ce qu'il voit réellement lorsqu'il me dit que ce blanc est terne. Ainsi, ce que je perçois esttoujours ma vérité. On ne peut sortir de sa propre individualité, de sa propre subjectivité. Il faut donner raison à ProtagorasOpposé à Platon, Protagoras soutient que «l'homme est la mesure de toutes choses». Cela signifie que chacunmesure le réel selon son propre point de vue. Ainsi, si je suis malade, le vin que je bois habituellement aura unesaveur amère. Si je suis en bonne santé, il me semblera délectable. Autrement dit, à chacun sa vérité. Il n'existepas de vérité absolue. C'est contre l'esthétisme, le pragmatisme et l'opportunisme politique que Platon dans le "Théétète" tente de définirce qu'est la science. Si le dialogue engagé avec le jeune mathématicien se conclut, faute de définitions nouvelles,par une aporie, il n'en demeure pas moins que l'entreprise a permis de réfuter, mais aussi de caractériser lesfallacieux discours des sophistes. En effet, la première définition ("La science est la sensation") permet à Socrate denous présenter cette thèse comme ayant sa cohérence propre. Dans cette première définition, le philosophereconnaît la thèse protagoréenne: "L'homme est la mesure de toute chose". Or, qu'est ce à dire?Déjà que ce qui paraît à chacun est la réalité même. Ici, la subjectivité est entendue comme moi empirique, commela plus intérieure, la plus singulière et la plus personnelle de mes facultés: la conscience individuelle etindividualisante, et par là même échappant à toute universalité conceptuelle. En effet, dire indifféremment que "lascience n'est que la sensation" ou que "l'homme est la mesure de toute chose", c'est renoncer à trouver unfondement et une mesure ontologique au vrai. Car, si cette table m'apparaît blanche et qu'elle t'apparaît nonblanche, chacun de nos énoncés est également vrai. Et, donc l'adjectif "blanc" ne signifie plus rien. Tout n'est quebruit, chaos. Cette première définition ruine donc tout discours, en dissolvant le principe de non contradiction: àsavoir, cette table ne peut être à la fois blanche et non blanche sous un même rapport. De plus, dire aujourd'huique cette table est blanche et affirmer l'instant suivant qu'elle est non blanche, c'est admettre un perpétuelmouvement d'une science aussi versatile et fugace que ne le sont les sensations.Telles sont donc les conséquences du subjectivisme de Protagoras: sensualisme, relativisme et mobilisme universel.Ici, loin d'être origine et fondement du vrai, la subjectivité marque l'arrêt, bien plus la reddition de tout discours, detout échange dialogique puisque "le mot être est à éliminer".La thèse de Protagoras et sa déroute n'est que le lointain écho de la faillite de la sphère esthétique. Comme DonJuan ou Johannes, le sophiste fait de la sensation immédiate, de la séduction politique et érotique ( puisqu'il y a unérotisme politique dans la séduction des foules), de la victoire comme critère du vrai, une règle de vie. La génialitéde l'esthétique sophistique, si elle réside dans la possibilité de soutenir une thèse et son contraire, n'en reste pasmoins marquée par le désespoir: puisqu'il est tout et rien, le sophiste n'est rien du tout, puisque l'instant est son absolu, son absolu ne dure qu'un instant. L'ironie, définie comme la plaisanterie derrière le sérieux, lui fera prendreconscience que la liberté du vide n'est qu'un vide de liberté... La vérité objective est une illusionKierkegaard, combattant les thèses de Hegel, refuse de définir la vérité comme certitude fondée sur la raison. Laseule vérité qui soit n'est pas la vérité logique, mais celle que je vis. D'où cette célèbre formule: «La subjectivité estla vérité.» Ce qui est vrai, c'est mon existence, faite d'angoisse et d'incertitude. La vérité ne s'enseigne pas.Le sujet cartésien, kantien ou hégélien (comme accès au général) se dilue dans une universalité abstraite qui au lieude la vie ne propose qu'une fantasmagorie incapable de répondre aux attentes du sujet.Aussi, le « devenir subjectif » kierkegaardien pourrait paraître être la profession de foi d'un retour à la vieesthétique. Il n'en est rien quoique l'esthéticien soit moins éloigné que l'éthicien du religieux.Pour comprendre cette conversion, ce saut qualitatif dans la foi, il faut relire l'histoire biblique d'Abraham: Dieudemande au "chevalier de la foi" de sacrifier son fils Isaac. Exigence absurde dérogeant à toute justification,paradoxe supra rationnel. Pourtant, Abraham obéira à Dieu.Telle est bien la foi, une obéissance sans condition à Dieu. Cette obéissance aveugle n'est pas sans "crainte ettremblement", mais seul Dieu est porteur de l'espoir de voir Isaac rendu à son père, comme Regina à Soren...Il existe bien un dépassement de l'éthique où l'homme s'isole des devoirs généraux pour se retrouver dans un face àface avec Dieu, dans un rapport subjectif à Dieu que le christianisme commande lui même. Le "Je", valeur infinie, hors de la multitude devra lors du Jugement dernier répondre de ses actes. Aussi, le « devenirsubjectif » est il un devoir, la plus haute exigence de l' "Individu", afin qu'il réalise son rapport à l'existence, son êtresingulier et inaliénable, dans le ravissement d'une participation à la Transcendance. »

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