Devoir de Philosophie

PLOTIN, DE L'ÉTERNITÉ ET DU TEMPS

Publié le 04/03/2022

Extrait du document

« PLOTIN, DE L'ÉTERNITÉ ET DU TEMPS Peut-être peut-on demander au temps lui-même comment il est apparu et comment il est né.

Et voici ce qu'il nous dirait de lui-même : Avant d'avoir engendré l'antériorité et de lui avoir lié la postérité, qu'elle réclame, il reposait dans l'être ; il n'était pas le temps, il gardait sa complète immobilité dans l'être.

Mais la nature curieuse d'action, qui voulait être maîtresse d'elle-même et être à elle-même, choisit le parti de rechercher mieux que son état présent.

Alors elle bougea, et lui aussi se mit en mouvement ; ils se dirigèrent vers un avenir toujours nouveau, un état non pas identique à leur état précédent, mais différent, et sans cesse changeant.

Et après avoir cheminé quelque peu, ils firent le temps, qui est une image de l'éternité.

Il y avait en effet dans l'âme une puissance agitée qui voulait toujours faire passer ailleurs les objets qu'elle voyait dans le monde intelligible ; mais l'âme se refusait à ce que tout l'être intelligible lui fût présent d'un coup.

Elle fait comme la raison spermatique (logos spermatikos) qui sort d'un germe immobile, se développe en évoluant peu à peu, semble-t-il, vers la pluralité, et manifeste sa pluralité en se divisant ; au lieu de garder son unité interne, elle la prodigue à l'extérieur, et perd sa force dans ce progrès même. De même, l'âme fit le monde sensible à l'image du monde intelligible ; et elle le fît mobile non pas du mouvement intelligible, mais d'un mouvement semblable à celui-ci et qui aspire à en être l'image ; d'abord elle se rendit elle-même temporelle en produisant le temps à la place de l'éternité ; puis elle soumit au temps le monde engendré par elle, et le mit tout entier dans le temps, où elle renferma tout son développement. En effet comme le monde se meut dans l'âme (car l'univers sensible n'a pas un autre lieu que l'âme), il se meut aussi dans le temps qui appartient à cette âme. PLOTIN (205-270), Ennéades, III, 7 (45), « De l’éternité et du temps ». »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles