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Pour la liberté, le temps est-il un obstacle ou un moyen ?

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temps Dans l'angoisse, dans l'espérance, dans le regret aussi, je me vis comme temporel. Dans le temps de mon existence, je m'enfuis, d'une course précipitée et irrévocable, vers le futur.Mais vers où le sujet s'enfuit-il ? En quel lieu nous hâtons-nous ? Sur les ailes du temps, nous courons vers la mort. «Ô temps, suspends ton vol », écrit Lamartine, dans Le Lac. Or, c'est ici que se manifeste notre condition d'esclaves, notre situation de dépendance extrême. Entraîné dans le temps, je suis confronté à mon « non-être ». Mon présent m'échappe; mon passé est déjà in- , existant et mon futur, qui n'est pas encore, est, lui aussi, souffle ténébreux. Donc si, en tant qu'être temporel, je suis non-être, je saisis ici mes limites.

Un sujet qui touche à un thème tout à fait classique : quel rôle joue le temps vis-à-vis des actions humaines ? Ici, nous sommes plus particulièrement questionnés sur la liberté, terme aux significations multiples (liberté de choix, liberté politique, pouvoir d'agir selon notre volonté, etc.). La question est donc la suivante: dans les différents domaines où peut jouer la notion de liberté, l'écoulement continuel des événements, la durée, constituent-ils un outil pour parvenir à atteindre ou accroître notre liberté, ou, au contraire, un frein, une difficulté ?

L'homme semble prisonnier du temps et incapable d'y échapper. Mais les facultés de son esprit, comme la raison, la volonté ou la mémoire lui permettent de s'y inscrire de façon délibérée, voire de le considérer comme le support indispensable de sa progression vers la maturité, ou de l'ignorer. Ainsi la mort qui, à première vue, met irrémédiablement fin à tout projet, peut aussi stimuler l'être humain en le poussant à réaliser une oeuvre qui lui survivra, sans qu'il cherche inutilement à oublier son emprise et celle du temps. Si tout homme est en partie déterminé par le passé et par son époque, il peut aussi s'appuyer sur cette histoire pour accomplir une oeuvre qui la dépasse ou pour s'y épanouir lui-même. 

« Qu'est-ce que vivre dans le temps ? C'est expérimenter, en un sens, on va le voir, singulier et équivoque, une co-présence, celle du passé, du présent et de l'avenir. Vivre dans le temps paraît d'abord tout à fait évident. Je passeperpétuellement au passé et me transcende en même temps vers l'avenir. Comment ce temps est-il perçu par laconscience ? Comment suis-je « temporel » ? Dans l'angoisse, dans l'espérance, dans le regret aussi, je me viscomme temporel. Dans le temps de mon existence, je m'enfuis, d'une course précipitée et irrévocable, vers le futur.Mais vers où le sujet s'enfuit-il ? En quel lieu nous hâtons-nous ? Sur les ailes du temps, nous courons vers la mort.«Ô temps, suspends ton vol », écrit Lamartine, dans Le Lac. Or, c'est ici que se manifeste notre conditiond'esclaves, notre situation de dépendance extrême. Entraîné dans le temps, je suis confronté à mon « non-être ».Mon présent m'échappe; mon passé est déjà in- , existant et mon futur, qui n'est pas encore, est, lui aussi, souffleténébreux. Donc si, en tant qu'être temporel, je suis non-être, je saisis ici mes limites. Le temps est cause de monimpuissance car il me signale, en permanence, mes manques et mes bornes. On ne peut descendre deux fois lemême fleuve et, en outre, le temps consacre mon impuissance par la mort qu'il contient en lui. N'est-ce pas dans letemps que tout est engendré et détruit ? L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive; Il coule, et nous passons ![...]Éternité, néant, passé, sombres abîmes,Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?LAMARTINE, Le Lac. Corruption temporelle et mort signifient esclavage, dépendance totale, condition de servitude. Être libre, ne serait-ce pas expérimenter le choix et les possibles ? Or, en tant qu'être temporel, je n'exerce pas mon « bon plaisir »indépendamment des contraintes ou puissances qui s'exercent sur moi. Bien au contraire, je ne m'appartiens pas etje suis littéralement livré à des forces qui me dépassent. Etre temporel, c'est vivre selon le mode du constitué, etnon point du constituant, du donné, non point de la spontanéité. Donc être temporels est un obstacle à notreliberté : au sens fort, nous sommes pris dans le jeu d'une puissance qui nous dépasse et nous fabrique. Transition Toutefois, à côté du temps vécu et subjectif, à tonalité affective, il est un autre temps : celui de l'action sur leschoses, celui de la pratique. Or ici, peut-on dire qu'être temporels nous fait esclaves ? La réponse n'est pasévidente. Quand j'agis sur le réel, suis-je encore « dominé » ? Tentons de décrire une autre figure temporelle. B. Le temps comme condition de la liberté (antithèse) Qu'est-ce, en effet, qu'être temporels, sinon être situés dans un temps opératoire, où nous agissons, où notre vieest ordonnée selon une action complexe subordonnée à l'obtention d'un résultat ? Être dans le temps, est-ceseulement se heurter au principe de dégradation et donc être réduit à une condition de subordination et d'esclavage? Point du tout. Le temps incarne, en effet, ce en quoi l'homme se réalise et construit sa liberté : il est le temps duprojet humain. Être temporels nous fait alors libres : c'est le fait même d'avoir un avenir et des possibles quitransmute l'homme en un être de liberté.Quand la conscience est en avant d'elle-même et se donne rendez-vous vers l'avenir, alors elle se construit commeconscience libre, édifiant le futur. Être temporel, c'est accéder au « pas encore » à édifier, c'est devenir un pouvoircréateur, développer ses virtualités et réaliser ses projets. En résumé, être temporels, c'est être ce que nous allonsêtre et non pas seulement ce que nous sommes. Donc être temporels nous crée libres. Temps et liberté ne sontqu'un. Transition Cette distinction entre un temps existentiel qui nous fait esclaves et un temps opératoire qui nous fait libres est-ellebien un irréductible ? Ne pouvons-nous parvenir à une synthèse ? C. Être temporels nous fait libres, c'est-à-dire ici authentiques (synthèse) Notre vision de la temporalité n'a-t-elle pas été trop analytique? En plusieurs acceptions, être temporels ne nousfait-il pas être libres ?Dans le présent résident le passé et le futur : dans cette unité du passé, du présent et du futur, l'âme se retrouveet accède à elle-même, à son projet fondamental. C'est bien ce que nous dit Bergson. Si la durée est cettehétérogénéité pure, cette unité où tout s'entremêle qualitativement, comment être temporels ne nous ferait-il paslibres ?Si mon présent est parcouru par le passé et le futur, alors toutes les dimensions se télescopent. Être temporels,c'est expérimenter une coexistence complexe du futur, du passé et du présent et cette unité est liberté, élan demon moi. La durée entrelacée me fait libre à travers le jaillissement du moi profond. En effet, la durée unifiée exprimemes vrais choix. Elle est expression qualitative où le « je », comme forme concrète, se manifeste. Il y a làl'expression d'une liberté authentique.Heidegger ne dit-il pas la même chose ? Le temps n'est pas une succession, mais la contemporanéité du présent, dupassé et de l'avenir. Ce rassemblement unitaire est tel qu'il signifie notre libre nature. Être temporels, c'estexpérimenter notre être-au-monde et notre être essentiel : être temporels nous fait libres (comme saisie de notreêtre-là). Quand j'expérimente, ici encore, cette unité, je parviens à ma réalité authentique. En bref, le temps est »

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