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Pouvons-nous nous passer du progrès technique ?

Publié le 22/02/2004

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technique

Connaître et fabriquer vont de pair. D'autre part, il s'agit « d'inventer une infinité d'artifices « pour jouir sans aucune peine de ce que fournit la nature. La salut de l'homme provient de sa capacité à maîtriser et même dominer techniquement, artificiellement la nature. Ce projet d'une science intéressée, qui doive nous rendre apte à dominer et exploiter techniquement une nature désenchantée est encore le nôtre. Or la formule de Descartes est aussi précise que glacée ; il faut nous rendre « comme maître et possesseur de la nature «. « Comme «, car Dieu seul est véritablement maître & possesseur. Cependant, l'homme est ici décrit comme un sujet qui a tous les droits sur une nature qui lui appartient (« possesseur «), et qui peut en faire ce que bon lui semble dans son propre intérêt (« maître «). Pour qu'un tel projet soit possible, il faut avoir vidé la nature de toute forme de vie qui pourrait limiter l'action de l'homme , et poser des bornes à ses désirs de domination & d'exploitation. C'est ce qu'a fait la métaphysique cartésienne, en établissant une différence radicale de nature entre corps & esprit. Ce qui relève du corps n'est qu'une matière inerte, régie par les lois de la mécanique.

La technique peut mettre en danger la nature. De plus, le progrès technique ne rime pas forcément avec progrès moral. Si la technique n'est pas mise au service de l'humain, il faut s'en passer. Mais, l'homme est un homo faber (Bergson). Chercher à bannir le progrès technique serait une attitude rétrograde. De plus, la technique augmente le bien-être de l'homme.

  • I) On peut se passer du progrès technique.

a) Progrès technique et aliénation de la liberté. b) Progrès technique et décadence morale. c) Progrès technique et destruction de la nature.

  • II) Le progrès technique est la marque du génie de l'homme.

a) La technique a libéré l'homme de la nature. b) Le phantasme d'un retour à la vie naturelle. c) L'homo faber (Bergson).

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« remplacera de plus en plus, même chez l'ouvrier, le travail manuel.

Mais ceci demande toute une éducationintellectuelle du travailleur.

— A plus forte raison, le progrès moral n'est-il pas la conséquence fatale duprogrès technique.

On a même accusé celui-ci d'aboutir à la diminution du sens de l'effort.

Ce reproche n'estsans doute pas fondé; car la technique elle-même réclame souvent application, persévérance, courage,héroïsme même dans certains cas.

Mais elle ne peut produire ses heureux effets qu'à la condition que viennes'y ajouter une éducation proprement morale qui ouvre à l'homme d'autres perspectives que des perspectivespurement matérielles. [Le progrès technique augmente le bien-être globalde l'homme.

Les conséquences nuisibles ne doivent pasconduire à bannir l'ensemble des progrès techniques. Sans progrès technique, on régresserait.] Le progrès technique libère l'hommeLes progrès techniques sont motivés par la quête de bien-être des hommes.

De tout temps, ceux-ci ont utiliséleur intelligence créatrice pour se libérer des contraintes de la nature.

Ils ont perfectionné les outils et inventéles machines pour les remplacer dans les tâches matérielles.

Les avancées de la technique rendent l'homme«maître et possesseur de la nature», comme dit Descartes.

C'est pourquoi ce dernier affirme qu'il est coupablede s'opposer à ce qui peut pourvoir au «bien général de tous les hommes». Dans la sixième partie du « Discours de la méthode » (1637), Descartes met au jour un projet dont nous sommes les héritiers.

Il s'agit depromouvoir une nouvelle conception de lascience, de la technique et de leursrapports, apte à nous rendre « comme maître et possesseurs de la nature ». Descartes n'inaugure pas seulement l'ère du mécanisme, mais aussi celle dumachinisme, de la domination techniciennedu monde. Si Descartes marque une étape essentielle dans l'histoire de la philosophie,c'est qu'il rompt de façon radicale etessentielle avec sa compréhensionantérieure.

Dans le « Discours de la méthode », Descartes polémique avec la philosophie de son temps et des sièclespassés : la scolastique, que l'on peutdéfinir comme une réappropriation chrétienne de la doctrine d' Aristote . Plus précisément, il s'agit dans notre passage de substituer « à la philosophie spéculative qu'on enseigne dans les écoles » une « philosophie pratique ».

La philosophie spéculative désigne la scolastique, qui fait prédominer la contemplation sur l'action, le voir sur l'agir.

Aristote et la tradition grecque faisaient de la science une activité libre et désintéressée, n'ayant d'autre butque de comprendre le monde, d'en admirer la beauté.

La vie active est conçuecomme coupée de la vie spéculative, seule digne non seulement des hommes,mais des dieux. Descartes subvertit la tradition.

D'une part, il cherche des « connaissances qui soient fort utiles à la vie », d'autre part la science cartésienne ne contemple plus les choses de la nature, mais construit des objets de connaissance.

Avec le cartésianisme, un idéal d'action, de maîtrise s'introduitau coeur même de l'activité de connaître. La science antique & la philosophie chrétienne étaient désintéressées ; Descartes veut, lui, une « philosophie pratique ».

« Ce qui n'est pas seulement à désirer pour l'invention d'une infinité d'artifices qui feraient qu'on jouirait sans. »

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