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Quelles sont les conditions de possibilité du bonheur ?

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Elle découle de la logique propre du désir. En effet, si l'on meurt avec encore en son âme toutes sortes de désirs inassouvis, de regrets, d'appétits nécessairement on se réincarne dans un être animé de ces désirs. Or, plus on a de désirs, plus on souffre. Le «  karma  » n'est rien d'autre que ceci : la souffrance que s'inflige en quelque sorte à lui-même celui qui n'a pas su surmonter ses désirs dans sa vie précédente. Dès lors, nos expériences multiples peuvent suivre deux types de trajectoires. L'une est «  descendante  » : si en chacune de nos existences nous accumulons de plus en plus de désirs, nous nous réincarnons chaque fois dans un être de plus en plus bas, vil, désirant, et souffrant. C'est ainsi que celui qui est animé de désirs particulièrement bestiaux finira par se réincarner dans un animal, féroce ou libidineux, et poursuivra sa dégringolade suivant les degrés de la hiérarchie des êtres. L'autre direction, « ascendante », appartient à celui qui surmonte peu à peu ses désirs au cours de ses existences successives. Dès lors, il se réincarnera dans des êtres de plus en plus nobles, purs et sages, de moins en moins désirants et souffrants, jusqu'à ce qu'il élimine de lui tout désir et qu'il atteigne le détachement absolu, le «  nirvana  ». Alors son cycle d'existence prendra fin, il cessera de se réincarner et, puisqu'il aura supprimé en lui le désir d'être un individu séparé, il se réunira avec l'absolu, le «  Brahman  », et se résorbera en lui.

« « Nous disons que le plaisir est la fin de la vie, nous ne parlons pas des plaisirs des hommes débauchés ni de ceux qui consistent dans la jouissance, comme l'imaginent certaines gens, maisnous entendons le plaisir comme l'absence de douleur pour le corps, l'absence de trouble pour l'âme. Car ce ne sont ni des beuveries et des festins à n'en plus finir, ni la jouissance de jeunesgarçons ou de femmes, ni la dégustation de poissons et de bonne chère que comporte une table somptueuse, qui engendrent la vie heureuse, mais c'est un entendement sobre et sage, quisache rechercher les causes de tout choix et de toute aversion et chasser les opinions fausses, d'où provient pour la plus grande part le trouble qui saisit les âmes. Or le principe de tout cela, etpar conséquent le plus grand bien, c'est la prudence. Et voilà pourquoi la prudence est une chose plus précieuse que la philosophie elle-même ; car c'est elle qui donne naissance à toutes lesautres vertus, en nous enseignant qu'il est impossible de vivre heureusement sans vivre avec prudence, honnêteté et justice, comme il est impossible de vivre avec prudence, honnêteté etjustice sans vivre par là même heureusement. »Epicure. Remarques préliminaires.Comme il est d'usage en son temps, la doctrine d' Epicure concerne tous les aspects du savoir : à la fois, une théorie de la connaissance (atomisme et sensualisme), une physique (mécaniste) et une morale (hédoniste). C'est cette dernière qui est encore évoquée aujourd'hui sous le nom d'épicurisme, mais avec un contresens habituel, puisque la notion d'épicurisme,malgré la vulgarisation qui en est faite par Lucrèce, est généralement associée à l'idée d'une recherche effrénée des plaisirs.Le texte présenté est extrait de la « Lettre à Ménécée ». L'expression « vie heureuse » apparaît trois fois dans ce texte. L'objectif d' Epicure est donc de définir les conditions d'une vie heureuse. Le lecteur remarquera aussi que le plaisir est ici défini de manière négative comme absence (« absence de trouble pour l'âme », « absence de douleur pour le corps »). C'est à l'entendement de discerner les vaines opinions (les désirs vains)des vrais. La vertu la plus haute est donc lz prudence permettant l'usage correct de l'entendement. Modèle. • La thèse soutenue par Epicure est que « le plaisir est la fin [au sens de finalité] de la vie . » • Encore faut-il s'entendre sur ce qu'est cette notion de plaisir. Il est absence de douleur pour le corps, absence de trouble pour l'âme.• C'est à l'entendement d'opérer les bons choix et de chasser les opinions fausses.• Il y faut de la prudence, chose plus précieuse que la philosophie elle-même, source de toutes les autres vertus, conditions de la « vie heureuse ».• La thèse d' Epicure est que « le plaisir est la fin de la vie ». Cette définition de la fonction du plaisir est une position qui ne lui est pas personnelle mais qui renvoie plus généralement à la doctrine philosophique de l'épicurisme (« nous »). Quant à la « fin » de la vie, il faut entendre la finalité, à la fois le but et l'objet. Non pas ce qui est lointain, ou ultime, mais qui peut seréaliser dès maintenant, à condition de suivre certaines règles, que prescrit la philosophie.Ce n'est pas dans un au-delà, mais sur terre que nous pouvons trouver la vie heureuse. Quand il s'agit de vie, c'est la vie heureuse qu'il s'agit. Epicure insiste. Par trois fois il emploie l'expression.• Que l'objectif d'une vie heureuse ne provoque pas d'objection, cela va de soi. Mais quant à s'entendre sur la notion de plaisir, il n'en est pas de même. D'où, d'abord, la nécessité d'écarter(« nous ne parlons pas ») des conceptions erronées mais pourtant répandues (« comme l'imaginent certaines gens »). D'abord le plaisir lié à la débauche -sans doute liée à la sexualité- etmarqué par l'excès. Ni le plaisir lié à la jouissance -sans doute lié strictement au corps.Ensuite vient la nécessité pour Epicure , de donner sa propre définition du plaisir (« nous entendons par plaisir »). Définition conceptuelle à l'opposé d'une définition empirique -qui ne cherche pas à s'appuyer sur une présence, mais qui, au contraire, se réfère à l'absence : « nous entendons le plaisir comme l'absence ».Nous sommes à l'opposé de la définition généralement imaginée, où le plaisir est vu comme surabondance, accumulation (la débauche) ou tout au moins comme un plus (la jouissance). Ici,au contraire, nous sommes dans l'ordre, non pas tant du moins, que du rien.Double application : concernant le corps, le plaisir est absence de douleur ; concernant l'esprit, le plaisir est absence de trouble.Mais, qu'est-ce que la douleur, qu'est-ce que le trouble ? Un quelque chose qui vient s'ajouter au neutre de la vie anormale du corps, au neutre de la vie paisible de l'âme. quelque chose quivient rompre un équilibre.• Epicure reprend, une nouvelle fois, la définition du plaisir en espérant la distinction entre ce qu'il n'est pas (mais qu'on croit qu'il est) et ce qu'il est (mais qu'on ne croit pas qu'il soit). Tout d'abord ce qu'il n'est pas. Ni la fêtz (« beuveries », « festins »), ni le sexe (« la jouissance de jeunes garçons ou de femmes »), ni la table (« la dégustation de poissons et de toute labonne chère »). A chaque fois, comme nous l'avions suggéré, avec l'idée de l'excès. Les beuveries et les festins sont « à n'en plus finir », la jouissance sexuelle concerne aussi bien lesjeunes garçons que les femmes, la nourriture est celle qu'offre une « table somptueuse ».Ensuite, ce qu'il est. Le plaisir n'est pas à trouver du côté de la matérialité du corps, mais du côté de l'intellectualité de l'esprit. La vie heureuse est engendrée par l'entendement. Pas n'importelequel, note avec un certain humour Epicure . Tout homme est doué d'un entendement. Mais l'entendement de tous ceux qui ne songent qu'aux plaisirs de la fête, au sexe, ou à la table, on pourrait le qualifier de débauché (à l'opposé de sobre) et de feu (à l'opposé de sage). Aussi est-il besoin de qualifier l'entendement : « un entendement sobre et sage ».Toute réflexion sur la vie heureuse, et par là même sur le plaisir véritable, implique la mise en ouvre d'une conception juste des fonctions mentales. D'où l'examen de l'entendement del'entendement humain qui, à l'opposé de l'instinct animal pour lequel la nature dicte la voie à suivre, est placé sans cesse dans des situations de choix. C'est en tant qu'être libre, pouvantformuler un accord (« le choix ») ou un refus (« l'aversion ») que l'homme est amené à effectuer des choix. Mais, en même temps, il dispose d'un organe, l'entendement, qui lui permetd'analyser pat un raisonnement les raisons (« les causes ») qui doivent le décider à emprunter telle voie plutôt que telle autre.Distance aux choses qui donne à l'esprit le temps d'analyser, sans se laisser emporter par le tourbillon du toujours plus : toujours plus de débauche, toujours plus de jouissance. Ce tempsd'analyse est celui d'une réflexion, d'un savoir qui sait s'opposer à l'opinion.• Mais, remontant encore plus avant (« le principe de tout cela »), Epicure désigne la prudence comme le plus grand bien. Car c'est elle, comme une sorte de bonne volonté, qui commande l'entendement. La prudence n'est pas définie en tant que telle, on la montre seulement comme mère de toutes les autres vertus (« c'est elle qui donne naissance »), ce qui dit bien sonantériorité, et sa fonction de principe. Et si elle est « plus précieuse que la philosophie elle-même », c'est qu'elle est la condition du bon exercice de l'entendement. autrement dit, qu'il ne peuty avoir de pratique philosophique sans prudence (sagesse du discernement).Ce qui autorise à la fois l'enchaînement des vertus où la prudence est toujours en tête (« prudence, honnêteté et justice ») et le cercle du raisonnement d' Epicure . Cercle de la perfection. Atteinte d'un point d'équilibre, où il n'est plus besoin de savoir qui est premier, puisque rien ne va sans l'autre, aucune de ces vertus d'équilibre n'étant possible isolée.Ainsi tout se tient : la vie heureuse, définie comme absence donc comme plaisir ; son principe la prudence, permettant l'usage correct de l'entendement, et son cortège des vertus, l'honnêtetéet la justice.Le plaisir est notre bien principal et inné (Epicure).Une des constances de la philosophie d' Epicure est de vanter le plaisir. On retrouve la formule « Le plaisir est notre bien principal et inné » dans la « Lettre à Ménécée ». Mais l'épicurisme ne correspond guère à l'image populaire que l'on en garde : celle du « bon vivant ». Dans cette lettre, on lit : « Tout plaisir est de par sa nature propre un bien, mais tout plaisir ne doit pas être recherché ». C'est à une compréhension véritable du plaisir, et à une gestion rationnelle des désirs que la philosophie d' Epicure nous invite, philosophie des « sombres temps », de l'époque troublée, violente, des successeurs d' Alexandre le Grand . La « Lettre à Ménécée » est une description de la méthode apte à nous procurer le bonheur. Car si tous les hommes cherchent le bonheur, ils sont, selon le mot d' Aristote , comme des archers qui ne savent pas où est la cible, incapables de la définir et de l'atteindre.Epicure commence par expliquer que nous n'avons rien à redouter des dieux, vivants bienheureux qui ne se soucient pas des hommes, et que la mort n'est rien pour nous. Débarrassés du souci du jugement divin et de la survie de l'âme, nous sommes alors aptes à bien vivre notre vie présente. Bien vivre notre existence veut dire parvenir au bonheur ici-bas, et cela n'estpossible que par un bon usage des plaisirs et des désirs.L'homme est un être de désir, et selon qu'il parvient ou échoue à satisfaire ses désirs, il est heureux ou misérable.Or, le bonheur est d'abord l'absence de souffrance physique ou psychologique. C'est pourquoi Epicure déclare : « Une théorie non erronée des désirs sait rapporter tout choix à la santé du corps et à la tranquillité de l'âme puisque c'est là la perfection même de la vie heureuse. Car tous nos actes visent à écarter la souffrance et la peur. »Eprouver du plaisir, c'est d'abord combler un manque : boire quand on a soif, se rassurer quand on a peur. En soi, un plaisir est toujours bon, une souffrance, un désir non comblé, toujoursmauvais.Ainsi Epicure nous incite à classer nos désirs, et à adopter face à eux une stratégie telle que nous serons facilement comblés et rarement insatisfaits. Il y a d'abord les désirs naturels (dont certains sont naturels et nécessaires et d'autres seulement naturels) ; et ensuite les désirs vains. Les désirs naturels et nécessaires comprennent tous lesdésirs tels que, s'ils ne sont pas satisfaits, nous mourons (boire, manger, dormir). Les désirs seulement naturels peuvent être le désir de manger tel ou tel plat, ou encore le désir sexuel, etc.Mais il importe de comprendre qu'il y a des désirs vains ; désir de richesse, de gloire, d'immortalité, etc. Ces désirs ont une particularité importante ; ils sont insatiables, illimités, ils n'ont jamaisde fin.Quand je connais un désir naturel, il cesse d'être dès qu'il est satisfait. Une fois que j'ai mangé, je n'ai plus faim. Ces plaisirs sont naturels parce qu'ils sont bornés : ils ont une limite naturelle. »

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