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Une théorie scientifique doit-elle nécessairement passer par l'expérience pour être vraie ?

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scientifique
/ Ou cf. Kant : pour que la théorie scientifique soit vraie, il faut qu'elle soit pure (=dégagée de l'expérience), qu'elle n'ait affaire qu'avec l'entendement et sa forme. Ces théories sont le fruit de la raison, et sont donc universelles et nécessaires, donc vraies. * Pour qu'une théorie scientifique soit vraie, il ne suffit pas qu'elle passe par l'expérience, puisque cette dernière peut être trompeuse. Il est possible de prendre un autre exemple que celui du phlogistique, cf. le système géocentrique de Ptolémée.     II/ L'expérience est elle-même scientifique, et contient déjà la théorie qu'elle doit prouver :                  Nous dirons cependant que la théorie du phlogistique est dépassée, et qu'elle a été mise à mal par l'expérience elle-même : la théorie ne pouvait plus répondre à certaines objections soulevées par l'expérience.             - Mais, comme le montre Bachelard, le fait même que ces expériences aient pendant un moment prouvé une théorie fausse montre bien que le réel était lu fonction des théories préalables. Cf. La formation de l'esprit scientifique : l'expérience porte la marque de l'esprit scientifique et comporte déjà en elle l'hypothèse qu'elle doit prouver.

Le sujet porte sur les critères de validité d'une théorie scientifique ; qu'est-ce qui fait la valeur de la théorie, sa scientificité ? Le problème ne porte pas ici sur la question de savoir comment s'élabore une théorie scientifique, mais plutôt sur comment juger de sa valeur une fois créée. Le critère proposé par le sujet est celui de l'expérience, c'est-à-dire celui de la conformité et de la correspondance entre la théorie et le donné expérimental.     Etant donné la grande différence de nature entre la théorie et l'expérience, se pose la question de savoir s'il est possible que l'une prouve et légitime l'autre. En effet, autant la théorie est stable, abstraite et stricte, autant le réel est aléatoire, modifiable, et objet d'illusion.

« réponse, il n'est jamais expérience nue et passive, indépendamment de l'activité de l'esprit. • Rien ne nous garantit donc que nos théories actuelles ne seront pas déclarées plus tard comme fausses, et cela malgré l'assentiment de l'expérience. On ne peut donc pas se fier à cette dernière, et les véritables théoriesscientifiques ne doivent entretenir aucun lien avec elle. Cf. Platon dans La République : pour que les théoriesscientifiques soient vraies, il faut qu'elles soient forgées sur la base des Idée intelligibles. La science ne peut avoirpour objet que le nécessaire et l'immuable, alors le passage par l'expérience (=contingente) est nuisible. / Ou cf.Kant : pour que la théorie scientifique soit vraie, il faut qu'elle soit pure (=dégagée de l'expérience), qu'elle n'aitaffaire qu'avec l'entendement et sa forme. Ces théories sont le fruit de la raison, et sont donc universelles etnécessaires, donc vraies. La raison peut atteindre, dans le réel, ce à quoi elle donne elle–mêmesa forme. «Nous ne connaissons a priori des choses que ce que nous y mettons nous-mêmes.» Kant, Critique de la raison pure (1789). • La «révolution copernicienne» opérée par Kant est la suivante: le réelconnaissable n'est pas indépendant de l'esprit, c'est l'esprit qui lui donne saforme. Nous ne sommes pas passifs face au monde: c'est nous qui lui donnonsles formes sous lesquelles nous le connaissons. Dans la Critique de la Raison Pure, Kant compare sa méthode à celle deCopernic. Le savant polonais mit enfin l'astronomie sur la voie de la sciencemoderne lorsqu'il plaça le soleil au centre de son astronomie et en délogea laTerre (héliocentrisme). Kant compare le décentrement opéré par Copernic ausien propre: jusqu'alors, on a cherché à résoudre le problème de laconnaissance en faisant tourner le sujet autour de l'objet. Décentrons l'objet,replaçons au centre le sujet qui connaît et mettons l'objet connu à lapériphérie. Ainsi, affirme Kant, nous pourrons savoir en quoi la connaissanceconsiste au juste et quelles en sont les limites. • Dans cette perspective, Kant distingue la raison de l'entendement: l'entendement est l'ensemble des catégoriesqui façonnent le réel. Tant que la raison se borne à connaître le réel selon les catégories de l'entendement, ellereste dans les limites dans lesquelles la connaissance est possible. Mais la raison peut aussi s'aventurer à spéculeren-dehors de ces catégories. Elle sort alors des limites de la connaissance et construit des raisonnements qui nepeuvent pas être vérifiés (par exemple sur l'existence de Dieu...). D'où le désordre et les débats sans fin entre lesphilosophes. Le but de Kant dans la Critique de la raison pure est d'examiner les limites de la raison et de mettre finà ces débats. • Pour qu'une théorie scientifique soit vraie, il ne suffit pas qu'elle passe par l'expérience, puisque cette dernière peut être trompeuse. Il est possible de prendre un autre exemple que celui du phlogistique, cf. le systèmegéocentrique de Ptolémée. II/ L'expérience est elle-même scientifique, et contient déjà la théorie qu'elle doit prouver : Nous dirons cependant que la théorie du phlogistique est dépassée, et qu'elle a été mise à mal parl'expérience elle-même : la théorie ne pouvait plus répondre à certaines objections soulevées par l'expérience. - Mais, comme le montre Bachelard, le fait même que ces expériences aient pendant un moment prouvéune théorie fausse montre bien que le réel était lu fonction des théories préalables. Cf. La formation de l'espritscientifique : l'expérience porte la marque de l'esprit scientifique et comporte déjà en elle l'hypothèse qu'elle doitprouver. C'est un montage technique qui produit artificiellement, dans des conditions déterminées, des phénomènescensés contrôler la validité d'une hypothèse. L'expérience censée prouver la théorie n'est pas celle du quotidien,mais en plus, elle contient déjà la théorie. à Est-ce que cela ne gêne pas la valeur de l'expérience en tant que critère de vérité ? »

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