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À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que les ressources et les configurations familiales jouent un rôle dans la mobilité sociale.

Publié le 21/01/2023

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« DM - SES Sujet → À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que les ressources et les configurations familiales jouent un rôle dans la mobilité sociale. “Tel père, tel fils”, fameuse expression française qui, en sociologie, reprendrait l’idée de reproduction sociale (phénomène sociologique d'immobilisme social intergénérationnel).

Il y aurait donc un déterminisme dès la naissance.

Or la société française étant démocratique se dit reposer sur l’égalité, notamment en droits, des individus et prône le principe de méritocratie.

Ainsi chacun aurait, en théorie, la possibilité d’accéder à l’ensemble des positions sociales quel que soit son milieu d’origine, quel que soit son père.

On parle de mobilité sociale pour désigner un changement de statut social d’un individu.

Il y a deux types de mobilité: la mobilité ascendante, qui signifie une élévation du statut et la mobilité descendante, qui au contraire, signifie une dégradation du statut social. Cependant, malgré les valeurs de méritocratie mises en avant, en réalité, le mérite seul ne permet pas une ascendance sociale, de nombreux facteurs interviennent dans la mobilité sociale.

Il est bon de savoir que, malgré la démocratisation scolaire entamée durant les années 1960, la réussite au baccalauréat reste encore très dépendante de facteurs tel que l'origine sociale.

Mais alors en quoi peut-on dire que les ressources et les configurations familiales jouent un rôle dans la mobilité sociale? Les parents, par leur influence ou ce qu’ils possèdent, peuvent-ils influencer positivement ou négativement la réussite scolaire de leurs enfants? Nous nous pencherons donc sur une mobilité dite intergénérationnelle donc par rapport aux parents de l’individu. Nous développerons premièrement le rôle des ressources familiales dans la mobilité sociale en s’appuyant notamment sur l’idée de “capitaux”. Nous verrons ensuite le rôle des configurations familiales dans la mobilité sociale. Tout d’abord, on constate que les ressources familiales jouent un rôle dans la mobilité sociale. On peut considérer comme ressources familiales les différents capitaux qu’ils soient économiques, culturels et sociaux dont disposent les familles.

Ces derniers peuvent être utilisés pour assurer la reproduction sociale ou l’ascension sociale de leurs enfants. Premièrement, toutes les familles n’ont pas les mêmes ressources économiques.

Celles-ci favorisent ceux qui en possèdent le plus.

D’après le document 1, un texte d'Hélène Frouard publié en 2019 dans Sciences Humaines, “400 000 enfants de moins de 6 ans vivent aujourd’hui dans une famille pauvre”.

Ainsi, dès le berceau, certains enfants sont limités dans leur choix d’avenir où ils n’auront pas accès à une formation qui demandera une participation financière importante de la part des parents. Au contraire, les personnes aisées, souvent cadres et/ou possédant les postes à haute responsabilité, ont la volonté d’une reproduction sociale chez leurs enfants.

C’est alors que, grâce à leur patrimoine économique, ils peuvent se permettre de faire appel à des professeurs particuliers pour assurer de meilleurs résultats chez leur enfant, d’avoir un grand logement où leur enfant pourra travailler sereinement sans distraction extérieure.

De plus, toutes les écoles, formations, en France ne sont pas publiques.

Il faut payer pour intégrer une école privée et peut-être avoir de meilleures conditions.

Les quartiers favorisés sont occupés par les catégories supérieures et la carte scolaire les favorise donc d’autant plus.

La poursuite en étude supérieure peut avoir un coût important selon l’école, la ville, le matériel, etc.

Ce coût, tout le monde ne peut pas se le permettre. Ce capital économique, quand il est important, permet donc l’accès à des études plus prestigieuses et plus longues.

C’est ce type d’études-ci qui permettront de former “les jeunes qui occuperont demain les responsabilités de premier plan [...] ou qui pourraient s’orienter ultérieurement vers des carrières publiques” selon F.

Vidal.

Ainsi, la transmission du capital économique favorise la reproduction sociale des indépendants et des cadres; tout enfant ayant des parents dont les ressources économiques sont importantes est avantagé, dès son enfance pour sa vie et son statut social futur. Ensuite, le capital culturel que possède la famille a également un impact sur la mobilité sociale. D’après le texte d’Hélène Frouard, “patrimoine culturel, valeurs, compétences variées se transmettent aussi” au sein de la famille.

Ainsi le capital culturel désigne l’ensemble des ressources culturelles détenues par un individu et qu'il peut mobiliser. Pour P.

Bourdieu, l'un des sociologues les plus importants de la seconde moitié du XXe siècle, la transmission de ce capital par la socialisation agit directement sur la réussite scolaire.

Il est d’ailleurs plus déterminant que le capital économique dont nous venons de parler.

Des études sociologiques montrent le fait que la culture transmise à l’école est très proche de celle des classes supérieures et très éloignée de celle des classes populaires.

C'est pourquoi les enfants issus des milieux populaires intériorisent plus difficilement la culture scolaire (écrit, vocabulaire, etc) qui parfois ne prend pas le temps d’être explicite. D’après le document 1 “les enfants dont la mère était diplômée de l’enseignement supérieur en connaissaient (sur 100 mots) 10 de plus que ceux dont la mère était de niveau inférieur au BEPC” (brevet des collèges).

Ainsi les habitudes de la culture populaire sont effacées à l’école et c’est notamment ces habitudes qui freinent la réussite scolaire.

Le capital culturel détenu par la classe supérieure permet une intégration et une meilleure réussite à l’école.

Ces aptitudes culturelles, seront également d’une aide capitale pour accéder à des études supérieures prestigieuses ainsi qu’un emploi et donc une catégorie sociale élevée.

Il y a donc bien dans la réussite scolaire et dans le futur statut social, une part qui est dûe au capital culturel de la famille de l’individu. Pour finir, le capital social, bien qu’ayant un moindre rôle par rapport aux deux autres, reste une ressource familiale ayant un impact.

En effet, le capital social représente “l’ensemble des ressources actuelles ou potentielles qui sont liées à la possession d’un réseau durable de relations plus ou moins institutionnalisées d’interconnaissance et d’inter-reconnaissance” d’après P.

Bourdieu.

Pour faire simple c’est l’ensemble des relations personnelles qu’un individu peut mobiliser dans son intérêt. Ainsi, le réseau des parents ne peut être que bénéfique pour l’individu.

Les personnes dans ce réseau peuvent être utiles pour, par exemple, obtenir certains stages, se faire embaucher plus rapidement, obtenir certains postes valorisés, des postes dits élitistes ou encore avoir une meilleure vision du milieu professionnel.

Plus le capital social d'une personne ou d'une organisation est grand, plus elle est privilégiée dans les dynamiques sociales.

Ainsi un individu dont les parents sont, par exemple, immigrés et n’ont aucun réseau en France, aura moins accès aux emplois les plus prisés par rapport à un individu ayant un père travaillant dans la politique et ayant donc un grand réseau. On a donc vu que grâce à la famille et plus précisément, grâce aux capitaux que possède une famille, un individu peut plus facilement réussir scolairement, atteindre des postes hautement qualifiés et donc connaître une ascension sociale ou une reproduction sociale par rapport à ses parents.

Les familles transmettent, au moment de la socialisation, un “habitus” de classe, c'est-à-dire des dispositions à agir, qui facilitent ou freinent l’acceptation de la contrainte scolaire.

Ainsi la famille contribue au maintien des statuts existants et notre position sociale est donc bien souvent héritée des ressources de nos parents.

En quoi est-elle aussi héritée de la configuration familiale? Tout d’abord, on constate que les configurations familiales jouent également un rôle dans la mobilité sociale.

On peut parler de configurations familiales pour parler de l’origine sociale, des cas de familles monoparentales, du nombre d’enfants dans une fratrie ou bien encore des décisions prises par les familles. Premièrement ,la structure et la composition de la famille jouent un rôle dans la mobilité sociale. Prenons, tout d’abord, l’exemple d’une famille monoparentale (famille qui ne comporte qu'un seul parent, élevant un ou plusieurs enfants).

Le parent, étant seul, a moins de temps de s’investir dans la scolarité de son enfant, de l’aider avec ses devoirs que les familles ayant deux parents.

Cela donne lieu à des réussites scolaires très différentes.

Il y a beaucoup plus de redoublement du côté des familles monoparentales que des familles étant composées de deux parents.

Il en est de même pour les familles recomposées qui ont en général de nombreux problèmes familiaux: les enfants peuvent être affectés par des.... »

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