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Brecht affirme dans ses Écrits sur le théâtre affirme :"Toute pièce vraiment digne de ce nom ne peut être comprise qu'une fois montée". Vous commenterez et discuterez cette affirmation en vous appuyant sur des exemples précis.

Publié le 17/01/2022

Extrait du document

Autrefois dans la Grèce antique, le théâtre était un art destiné à être regardé par un public puisque « theatron » signifie « ce qui est à regarder », « à contempler », la notion de spectacle est donc importante. De plus, le théâtre en plus d'être un domaine littéraire ou même un art du spectacle, celui-ci est également le lieu où se produisent les pièces. Il peut remplir des fonctions sociales diverses ; son rôle est à la fois énigmatique et libérateur car il joue sur l'identification et la distanciation. Le rapport entre les comédiens et le spectateur est donc une des bases du phénomène théâtral. C'est pourquoi, aussi, le théâtre combine de nombreux moyens d'expression dont les fonctions sont de créer l'atmosphère, provoquer le jugement critique, divertir, instruire et même dénoncer. Pour Aristote, par le biais de la "catharsis", il contribuait à rendre les hommes meilleurs en provoquant en eux la "terreur" et la "pitié" devant les malheurs qui frappaient des personnages auxquels la plupart pouvait s'identifier et donc de ne pas reproduire leurs actes.

« volonté d'écrire une pièce à lire mais parce qu'ils sont eux-mêmes des metteurs en scène pour leurs pièces.Le succès de la Commedia dell'arte jusqu'au dix-huitième siècle prouve l'intérêt du public pour un théâtre sans texteoù le jeu est fondé sur l'improvisation, le mouvement et le corps.

En effet, dans ce genre né en Italie, la pièce nerepose que sur un mince canevas indiquant l'enchaînement des situations, et se déploie tout entière dans le jeu descène: mimiques, lazzi, cascades.

Cet exemple d'oeuvre qui n'existe nulle part ailleurs que dans sa représentationest certes marginal mais significatif: le théâtre, ici, est bien avant tout un spectacle.La mise en scène permet de voir en concret l'espace scénique.

Elle offre au spectateur une des visions possibles del'oeuvre.

Les objets théâtraux ont tous des significations importantes qui permettent de mieux comprendre l'oeuvre.Dans la mise en scène de La visite de la vieille dame de Durrenmatt par Rudolph Straub, les changements entrescènes sont visibles pour les spectateurs.

Au milieu de la pièce, il y a trois changements de scènes consécutives quiutilisent les mêmes espaces pour représenter trois lieux différents.

La reconnaissance des lieux se fait toutsimplement par des objets théâtraux comme la croix qui représente la maison du curé, le plan de la mairie qui faitallusion au maire, ou encore un révolver qui fait directement penser au gendarme.

Ainsi, non seulement on distinguetrois lieux différents grâce à l'intervention d'un seul objet caractéristique, mais cette façon de construire l'espace dejeu fait comprendre aussi que ces trois hommes sont finalement des êtres de même nature : ils sont préoccupés parles intérêts personnels de façon semblable et seule leur fonction dans la société les distingue.

La façon de mettreen scène le décor et les objets théâtraux peut révéler ce que le metteur en scène a compris dans le sens del'oeuvre, dans le message que l'auteur a voulu transmettre dans sa pièce« L'interprète, au théâtre, mérite amplement son nom : il transpose, si fidèle soit-il."(M.

Descotes) ».La question du son au théâtre est un élément très important également.

La musicalité des vers, des mots, et lerythme des répliques sont mis en valeur au théâtre, ce qui ne peut être obtenu dans une lecture individuelle.

Laponctuation dans les textes peut être respectée ou bien être modifiée selon le bon-vouloir du metteur en scène etde son équipe.

Le rôle de l'acteur est de rendre vivant l'âme des personnages à travers des répliques et les gestes.De plus, au théâtre, les représentations sont une manière de rencontrée de nouvelles personnes ou bien d'y alleravec des proches.

En effet, aller voir une pièce au théâtre est l'occasion de se retrouver ensemble dans un lieuconvivial où on se divertit par le rire en regardant une comédie ; « corriger les moeurs par le rire » (Castigat ridendomores) ou bien lorsque l'on regarde une tragédie, on se purifie, se purge de toutes les passions (la catharsis, quiSelon Aristote, est un phénomène de libération des passions qui se produit chez les spectateurs lors de lareprésentation d'une tragédie.) D'où la citation d'André Gide, "C'est une extraordinaire chose que le théâtre.

Desgens comme vous et moi s'assemblent le soir dans une salle pour voir feindre par d'autres des passions qu'eux n'ontpas le droit d'avoir parce que les lois et les moeurs s'y opposent".

En effet, un spectateur en assistant à une piècede théâtre cherche à qu'on le divertisse de façon à le détourner de son quotidien.

D'où la citation « Depuis toujours,l'affaire du théâtre, comme d'ailleurs de tous les autres arts, est de divertir les gens »Cependant si nous regardons du côté de la lecture, les chemins proposés pour l'entrée dans l'oeuvre sont égalementtrès abondants. En effet, malgré les avantages que peuvent présenter la représentation d'une pièce de théâtre, lire semble être uneexcellente approche d'un texte théâtral.

La question du temps consacré à la lecture n'est pas une contrainte, ce quiautorise une libre circulation dans l'oeuvre.

Cet élément est capital pour une meilleure compréhension de l'oeuvreafin de se rendre compte de toutes ses valeurs.

Enfin, la lecture individuelle provoque souvent chez le lecteur dessensations personnelles, qui peuvent faire naître un plaisir personnel, permettant également de développé le senscritique de chacun.Nous savons que les didascalies sont des indications soit pour l'espace scénique soit pour le jeu de l'acteur.Toutefois, l'abbé d'Aubignac en 1657, dans sa Pratique du théâtre, interdit les didascalies car selon lui, une piècedoit être bonne qu'à lire.Dans la lecture, le lecteur est libre dans le choix de la quantité de temps consacrée à la lecture.

Il a la possibilité deprendre du temps pour découvrir un langage théâtral, qui n'est pas forcément familier.

Les mots comme « feux », «ennui », « adorer », « déplaisirs » n'ont plus aujourd'hui une signification aussi intense que dans Andromaque deRacine ou Horace de Corneille.

De même pour le registre, le contexte historique et religieux ou encore le stylecomme l'écriture en vers dans les pièces de théâtre classiques.

Si le lecteur arrive à se donner du temps pour sefamiliariser peu à peu avec le langage d'une pièce, la distance temporelle entre l'époque de l'auteur et celle dulecteur se réduit.

Le temps n'est plus une contrainte comme dans une représentation où il est limité.

Il est doncinvité à revenir sur des passages nécessaires quand il le désire, voire à reprendre la lecture de l'oeuvre intégraleplusieurs fois.

De telles reprises sont impossibles au théâtre même si on revoit une représentation d'une mêmetroupe car chaque représentation est unique et ne peut être reproduite à l'identique, comme le précise Bernard Dortdans La représentation émancipée: « La scène est éphémère, elle reproduit mais ne répète jamais de façonidentique, elle représente.

», contrairement au texte qui est, par définition, durable.Cette possibilité de concevoir des « allers-retours » dans l'oeuvre est capitale tout d'abord pour cerner le messageimplicite que l'auteur a voulu cacher derrière son écriture.

Chaque élément, qu'il soit dans les répliques ou dans lesdidascalies a un sens, rien n'est là par hasard.

Dans En attendant Godot de Beckett, la chaussure qu'Estragonessaie désespérément de s'enlever ou la ceinture qui se casse quand Vladimir tente de se pendre traduisent toutesdeux une certaine impuissance face au destin déjà dessiné.

La compréhension ne peut tout de même pas s'effectuertotalement dès la première lecture de l'oeuvre.

Finalement, suite à un certain temps consacré à l'oeuvre, le lecteurest libre d'imaginer les acteurs, les images, leur voix, leur taille, leur jeu, mais aussi pour tout ce qui concerne lescadres spatio-temporels comme les décors, les costumes, et les objets théâtraux.

Il peut imaginer sa proprereprésentation car il n'y a pas d'images qui lui sont imposées comme dans le cas d'un spectateur au théâtre.

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Ainsi,chaque lecteur a sa propre interprétation des éléments dans la pièce, il est donc dans un sens son propre metteuren scène comme l'affirme Christian Rist « lire une pièce, c'est la mettre en scène dans. »

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