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Accomplir tous ses désirs, est-ce une bonne règle de vie ?

Publié le 19/12/2013

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Remarque : Pour aborder ce sujet, il me semble nécessaire de définir ce qu'est le désir. D'après le Larousse, désirer c'est « Souhaiter la possession ou la réalisation de », on apprend donc que l'on peut désirer soit quelque chose de matériel, soit d'immatériel. Du latin desiderare «  regretter l'absence de » qui provient de sidus « étoile, astres » le désir signifie étymologiquement « être attaché à l'astre ». Au fondement du désir, il y a donc une absence ou un manque et, de ce fait, le désir peut être défini comme la volonté de posséder un objet que l'on n'a pas ou plus. Platon défini le désir dans Le Banquet, « Quiconque éprouve le désir de quelque chose, désire ce dont il ne dispose pas et ce qui n'est pas présent ; et ce qu'il n'a pas, ce qu'il n'est pas lui-même, ce dont il manque », cela confirme que l'on désire ce dont on est privé et que l'objet du désir est toujours un objet manquant. Le désir anime l'essentiel d'une vie humaine : désir amoureux, de conquête, de gloire... Les désirs, qu'ils soient conscients ou inconscients font « qu'une vie vaut la peine d'être vécue ». Sans désirs, nous perdons le gout de vivre, nous sommes condamnés à l'ennui ou à la mort. Pourtant, la raison met en garde contre les désirs fous et leurs illusions et la morale permet de maitriser ses désirs pour ne pas devenir leurs esclaves. Le désir n'est pas réel, c'est une fiction, un fantasme. Il faut prendre garde de ne pas mélanger désir, besoin et pulsion. En effet, le désir porte davantage sur la dimension du souhait mais il peut être ancré dans un besoin et on parle alors de pulsion. Le besoin est animal, il constitue une pulsion d'autoconservation, un besoin vital comme par exemple manger, boire, dormir, etc. il ne dépend que du corps et trouve sa satisfaction dans un acte ou un objet. Le désir en revanche est au fond de l'imagination, c'est pour cela que le désir est insatiable (il est le désir de désir). Le désir peut tantôt être moral, tantôt immoral. Du coup, la réalisation de tous nos désirs peut-elle être une bonne règle de vie ? On admet qu'une règle de vie est quelque chose de moral qui nous évite de répondre à nos pulsions naturelles, ceci afin de garantir l'intégrité de la vie d'autrui dans la société. Si un devoir est naturel mais immoral, notre morale doit permettre de contrôler nos désirs les plus fous et même de les refouler dans certains...

« Florent PEYRE T°6 S Accomplir tous ses désirs, est-ce une bonne règle de vie ? Dans un premier temps, il semblerait que le désir soit une source de bonheur pour l’homme, c’est-à-dire que le désir permet d’être heureux et donc qu’il faut accomplir ses désirs pour être heureux. Le désir est la constatation d’une absence, celle-ci peut s’accompagner d’une douleur causée par l’absence d’un objet à qui l’on attribue une valeur.

Ce manque provient d’une chose que l’on trouve bonne et qui selon nous permettrai d’accéder au bonheur. Pour les philosophes de l’antiquité, l’Homme désire le bonheur, il recherche le bien.

Epicure pense que le plaisir a une place centrale dans la vie. Pour Platon, les désirs sont multiples et donc sauvages et anarchiques un peu comme l’hydre dont les têtes repoussent au fur et à mesure qu’elles sont coupées. Pour les philosophes Modernes, au contraire, il est préférable de parler du désir au singulier, celui-ci est ainsi la force de la vie qui pousse l’homme et qui apporte à chacun son énergie vitale. Cet effort, Spinoza le nomme « conatus », c’est l’équivalent de ce que Bergson appelle « élan vital » et de ce qui est pour Freud la « libido ».

Les hommes ignorent les causes de leurs désirs, ils sont inconscients des causes qui les déterminent.

Certes, ils sont conscients de leurs désirs mais pas des causes réelles qui les déterminent, ils n’en ont qu’une conscience partielle.

Les désirs sont infinis, un désir en appelle un autre, ce sont les désirs qui rythment notre vie. Seul l’Homme peut désirer.

L’animal ne peut pas désirer car il n’éprouve que du besoin, des pulsions d’autoconservation.

L’animal répond à ses instincts pour garantir sa survie et subvenir à ses besoins.

Le désir lui n’est pas forcement physique, il peut être mental, par exemple le désir sexuel, la libido. De mon point de vue, philosopher est un désir, le désir de trouver des réponses.

Seuls les sages ne philosophent pas car ils savent déjà tout.

Mais doit on nécessairement en déduire qu’ils ne désirent rien ? Le désir relève de la condition humaine et il est en quelque sorte notre dignité par rapport à l’animal. Le désir offre un but, on veut atteindre ce but quel que soit la manière d’y parvenir.

En ce sens, il peut être dangereux d’atteindre l’objectif d’un désir.

Si quelque chose l’en empêche l’homme ne pourra pas s’épanouir et son désir pourra alors être une source de souffrance. Le désir peut être désastreux car il alimente nos souffrances.

Il est infini, si tant est que l’on peut revenir à la question de ce sujet « accomplir tous ses désirs ».

Pour les accomplir tous, il faut les faire un par un, sans arrêt, sans exception et au fur et à mesure qu’ils naissent.

Concrètement, cela est impossible, on peut citer l’exemple du tonneau des danaïdes évoqué par Platon dans Gordias.

En effet, dans la mythologie, les Danaïdes ont été condamnées à remplir un tonneau d’eau percé jusqu’à ce qu’il soit plein.

Tout comme le tonneau ne sera jamais rempli, le désir ne sera jamais accompli.

C’est un cercle vicieux, une fois un désir accompli, c’est-à-dire que nous sommes satisfaits, le regret fait son apparition et un autre désir vient le remplacer… Intensifier ses désir reviendrai à intensifier la course d’un désir à l’autre et donc provoquer plus rapidement le manque.

On peut citer par exemple la pièce de Molière, Dom Juan dans laquelle le héros multiplie les conquêtes amoureuses.

Chaque fille séduite cesse alors immédiatement d’être désirable.

On retrouve là encore ce caractère sans fin du désir de l’homme qu’incarne Dom Juan.. »

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