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ACCOMPLIR TOUS SES DÉSIRS EST-CE UNE BONNE RÈGLE DE VIE

Publié le 16/12/2013

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dissertation : « accomplir tous ses désirs est-ce une bonne règle de vie ? » philosophie Tout homme éprouve la tendance spontanée d'accomplir ses désirs. Désirer, c'est vouloir accomplir ses désirs. Mais peut-on ériger cette tendance en règle de vie ? Quelle serait la différence entre une tendance spontanée à accomplir nos désirs et la même tendance érigée en règle de vie ? Il faut qu'il y ait un gain positif à passer de l'un à l'autre : lequel ? D'où peut venir la prétention de faire de l'accomplissement de tous ses désirs une règle de vie, et qu'est-ce que cela signifie ? Accomplir tous ses désirs est la tendance spontanée de tout être vivant. C'est le besoin ou le désir de quelque chose qui meut l'être animé et sensible. Et l'homme ne fait pas exception à cette règle générale. En effet, d'après la psychanalise, c'est la précellence du principe de plaisir qui caractérise les premiers mois de la vie psychique du nourisson : satisfaire ses désirs, quels qu'ils soient, pour en tirer du plaisir. Ce n'est qu'après avoir fait plusieurs fois l'épreuve de l'impossibilité de toujours les satisfaire qu'il commence à admettre un principe de réalité. Mais ce principe de réalité ne contredit pas radicalement le principe de plaisir : au contraire, il en est plutôt un prolongement. Le nourrisson n'admet de tenir compte de la réalité qui lui impose des restrictions, de ne pas toujours satisfaire tous ses désirs, dans la mesure où cela lui permet d'en satisfaire encore quelques-uns. Il ne reconnaît la réalité que parce qu'il a besoin de la connaître pour arriver de temps en temps à satisfaction. Ainsi, on voit bien que l'homme ne fait pas exception, au contraire, il est plus que tout autre être vivant, un être de désir. La seule différence, c'est que ce que l'animal fait instinctivement, devient chez l'homme un projet délibéré et volontaire. Alors que l'animal est poussé par ses besoins sans pouvoir s'y soustraire, l'homme peut prendre la satisfaction de ses désirs comme but et comme règle de vie. Ce qui chez l'animal est une tendance spontanée, chez l'homme devient une règle de vie parmi d'autres possibles. Mais cette règle de vie n'a-t-elle pas un caractère spécifique qui la distingue toute autre règle possible ? En effet, il semble qu'accomplir ses désirs serait la clé du plaisir, que tout plaisir vient de la satisfaction d'un désir, que sans désir il n&...

« naturel : c'est le moyen le plus sûr d'arriver à ce que l'on veut à travers tout ce que nous faisons : le bonheur.

Il ne s'agit pas tant d' une règle de vie que de la règle.

Et c'est une bonne règle de vie car c'est la règle de la vie bonne.

Mais il reste à voir si cette règle est toujours applicable. Si cette règle de vie n'est pas toujours applicable, si elle admet des exceptions dans sa mise en oeuvre, elle ne vaut plus grand chose comme règle.

Par sa nature de règle, elle doit être toujours applicable et il y a plusieurs reproches que l'on peut lui faire à ce titre. Tout d'abord, il semble bien que le désir peut être impossible à satisfaire.

Par exemple, je peux désirer deux choses contradictoires, être à la fois grande et petite, blonde et brune...

Contrairement à la volonté, le désir n'a pas de règle.

Et surtout, on peut très bien désirer quelque chose sans vouloir se donner les moyens de l'obtenir : je peux désirer être immensément riche, mais sans travailler.

À partir de là, il apparaît que si satisfaire tous ses désirs est la clé du bonheur, cette clé ouvre aussi celle du malheur.

Avoir des désirs, c'est aussi, éventuellement, ne pas pouvoir tous les satisfaire, il y en aura toujours un que nous ne pourrons pas satisfaire et qui va enlever leur éclat à tous ceux qui seront à notre portée.

Tout désir comporte quelque part une portion d'imaginaire mais ce n'est peut-être qu'une critique de mauvaise fois.

Au fond, ce qui compte, c'est de pouvoir de temps en temps arriver à éprouver du plaisir, ce qui n'est possible qu'en accomplissant un ou des désirs.

Mais même ce lien du désir au plaisir peut être retourné comme une critique contre le désir.

Comme le fait remarquer Schopenhauer dans le monde comme volonté et comme représentation , "Il n'y a pas de satisfaction qui d'elle-même et comme de son propre mouvement vienne à nous; il faut qu'elle soit la satisfaction d'un désir.

Le désir, en effet, est la condition préliminaire de toute jouissance.

Or avec la satisfaction cesse le désir, et par conséquent, la jouissance aussi".

Le désir est donc, en un premier temps, la conditio pour qu'il y ait un plaisir, mais ensuite, arrivé à cette jouissance, sa disparition ôte au plaisir ce qui en faisait le prix.

Le désir est une promesse de plaisir, mais ce plaisir est toujours reporté à plus tard, la promesse n'est jamais tenue.

C'est pourquoi l'homme ne fait que passer de désir en désir, à l'infini.

Il semblerait donc qu'il serait vain d'attendre de la satisfaction de tous ses désirs, une forme quelconque de bonheur.

A moins qu'il ne faille, avec Epicure, distinguer parmi les désirs ceux qu'on peut satisfaire et ceux qui ne peuvent en aucun cas obtenir satisfaction.

En effet, dans la Lettre à Ménécée , Epicure conseille, pour arriver à la vie heureuse, de ne pas satisfaire tous ses désirs, mais seulement certains d'entre eux, de satisfaire tous les désirs mais d'une classe particulière.

Il faut éviter les désirs qui ne sont ni naturels, ni nécessaires, comme le désir de gloire ou d'immortalité.

Ce désir est vain par excellence, un désir vide.

A fuir également, les désirs naturels mais non nécessaires : il est naturel de désirer manger quand on a faim, boire quand on a soif, mais peu importe ce que l'on mange, pourvu que le désir soit satisfait.

Le désir porte naturellement sur un besoin, pas sur un objet particulier pour satisfaire ce besoin.

Les désirs naturels et non nécessaires sont ceux où l'imagination fait de l'objet du désir une fin en soi, et dès lors, on n'en aura jamais assez, si bien que ce désir ne s'éteint jamais, il renaît de ses cendres, toujours plus fort, toujours plus pressant.

On peut le comparer à un tonneau cassé, celui des Danaïdes, châtiment infernal où le désir est toujours plus accusé et inversement proportionnel à la puissance de sa réalisation.

Ce désir naturel et non nécessaire est en fait la perversion du seul bon désir : le désir naturel et nécessaire, qui consiste à ne pas se rassasier du plaisir que nous donne la satisfaction du désir naturel et nécessaire.

Comme on prend plaisir à manger, on va exiger une nourriture toujours plus élaborée, alourdie par les épices et les sauces, et en manger jusqu'à l'écoeurement, où le plaisir devient une souffrance, traduite, dans notre exemple, par des maux de ventre.

Ainsi, on voit que ce qui fait la perfection de certains désirs parmis d'autres, c'est d'avoir une limite naturelle : manger jusqu'à un certain point, mais pas plus loin.

Savoir distinguer les désirs que l'on peut satisfaire et ceux qui ne peuvent être satisfaits, voilà l'acte fondateur de la vie heureuse. Nous avons donc vu que vouloir satisfaire tous ses désirs est le plus sûr moyen de ne jamais atteindre le bonheur.

Cependant, n'en satisfaire que quelques-uns, savoir faire des choix parmis nos propres désirs, c'est sans doute là la meilleure règle de vie possible.

Mais n'y en a t-il pas d'autres ? Est-ce nécessairement la seule bonne règle ? Et, une "bonne" règle de vie, est-ce celle qui mène au bonheur ?. »

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