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Commentaire Texte d'Aristote Bonheur et plaisir

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aristote
« Le fait que l'ami est autre que le flatteur semble montrer, clairement que plaisir n'est pas un bien, ou qu'il y a des plaisirs spécifiquement différents. L'ami, en effet, paraît rechercher notre compagnie pour notre bien, et le flatteur pour notre plaisir, et à ce dernier on adresse des reproches et à l'autre des éloges, en raison des fins différentes pour lesquelles ils nous fréquentent. En outre, nul homme ne choisirait de vivre en conservant durant toute son existence l'intelligence d'un petit enfant, même s'il continuait à jouir le plus possible des plaisirs de l'enfance, nul ne choisirait non plus de ressentir du plaisir en accomplissant un acte particulièrement déshonorant, même s'il ne devait jamais en résulter pour lui de conséquence pénible. Et il y a aussi bien des avantages que nous mettrions tout notre empressement à obtenir, même s'ils ne nous apportaient aucun plaisir, comme voir, se souvenir, savoir, posséder les vertus. Qu'en fait des plaisirs accompagnent nécessairement ces avantages ne fait pour nous aucune différence, puisque nous les choisirions quand bien même ils ne seraient pour nous la source d'aucun plaisir. Qu'ainsi donc le plaisir ne soit pas le bien, ni que tout plaisir soit désirable, c'est là une chose, semble-t-il, bien évidente. « ARISTOTE Problème et thèse du texte : Aristote réfléchit sur le problème de savoir si le plaisir peut définir le bonheur, le souverain bien, et par conséquent sur la relation qui existe entre le bien et le plaisir. Il cherche à démontrer que le plaisir ne peut pas définir le bien, le bonheur, même si ce dernier est nécessairement la source de certains plaisirs, qui sont bons. Le bien est donc la cause de certains plaisirs, mais le plaisir en général ne définit pas le bonheur et il n'est pas la raison pour laquelle nous le recherchons. Aristote critique ainsi la conception qui définit le bonheur par le plaisir, et affirme donc que le plaisir est le bien suprême. On désigne cette con...

« « semble montrer clairement » soit « que le plaisir n'est pas un bien » soit « qu'il y a des plaisirs spécifiquement différents ». Affirmer que le plaisir n'est pas un bien c'est affirmer qu'il n'est pas digne d'être désiré qu'il n'a pas du tout de valeur. Mais ce n'est pas la seule conclusion possible qu'on peut tirer de la distinction entre l'ami et le flatteur d'après Aristote puisqu'il en propose une deuxième moins radicale « il y a des plaisirs spécifiquement différents » (autrement dit des plaisirs qui seraient bons, dignes d'être recherchés, et des plaisirs qui ne le seraient pas). A ce stade du texte on ne sait pas quelle est la bonne conclusion pour Aristote, il ne tranche pas encore, mais quelle que soit la conclusion, on peut dire que le plaisir n'est pas un bien en soi, quelque chose qui aurait une valeur absolue et qu'il faudrait rechercher par dessus tout, c'est à dire qu'il ne peut pas définir le bien suprême, le bonheur. L'exemple particulier de la différence entre l'ami et le flatteur sert donc à Aristote mettre en évidence une différence générale qui existe d'après lui entre le bien (ce qui est bon en soi, le bonheur) et le plaisir . Pourquoi le fait que les hommes distingue l'ami et le flatteur prouve qu'il faut faire la différence entre le bien et le plaisir? C'est la deuxième phrase qui l'explique. Le flatteur veut nous faire plaisir alors que l'ami veut d'abord notre bien. Or on adresse des éloges à l'ami qui ne cherche pas à nous faire plaisir à tout prix et des reproches au flatteur qui lui cherche à nous faire plaisir. Donc les jugements que nous portons sur l'ami et le flatteur montrent que le plaisir n'est pas la chose la plus désirable, sinon nous devrions préférer le flatteur qui nous fait plaisir à l'ami qui peut nous faire des reproches mais en visant notre bien , pour contribuer à notre lucidité, à notre perfectionnement, à notre bonheur. Le raisonnement d'Aristote laisse en suspens un problème et deux possibilités entre lesquelles il ne tranche pas: le plaisir n'est-il pas du tout un bien, ou peut-il l'être dans certains cas, à certaines conditions ? Deuxième partie: Dans un deuxième temps (troisième phrase) Aristote confirme la conclusion à laquelle il vient d'aboutir, et la renforce en évoquant deux situations hypothétiques montrant que l'ensemble des hommes placent certaines choses au dessus du plaisir, et que donc tout plaisir n'est pas désirable. Aristote cherche à monter que tout plaisir n'est pas désirable et que les hommes ne cherchent pas le plaisir à tout prix, qu'ils placent certaines choses au dessus du plaisir, et qu'ils sont donc prêts à renoncer au plaisir pour les obtenir. Dans le premier exemple c'est le développement de l'intelligence, de la raison, qui est présenté comme ayant plus de valeur que les plaisirs de l'enfance, même si ce développement nous oblige à perdre ces plaisirs de l'enfance, et qu'il peut avoir des conséquences pénibles. Donc d''après Aristote si le choix était possible « nul homme ne choisirait de vivre en conservant durant toute son existence l’intelligence d’un petit enfant, même s’il continuait à jouir le plus possible des plaisirs de l’enfance ». Dans le deuxième exemple c'est le bien moral qui est présenté comme supérieur au plaisir. Dans le cas ou nous serions certains de ressentir du plaisir en commettant un acte, en étant certains qu'il n' y aurait pas de conséquences pénibles si nous le commettions, nous refuserions malgré tout de le commettre s'il s'agissait d'un acte «particulièrement déshonorant », et cela serait vrai de tout homme. Le plaisir n'est donc pas le but ultime de toutes nos actions, puisqu'il y a des biens supérieurs à lui (le développement de notre intelligence, ou la valeur morale de nos actes). Troisième partie: Que le plaisir ne corresponde pas à ce que nous estimons bien est une chose, mais cela ne nous dit pas s'il peut être désirable ou s'il ne l'est pas du tout. Même si le plaisir n'est pas le »

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