Devoir de Philosophie

Est-ce un devoir que de se connaître soi-même ?

Publié le 04/09/2005

Extrait du document

La première notion engagée par le sujet est celle de connaissance. Elle renvoie à une activité consistant à prendre acte des données de l'expérience en vue de les expliquer et de les comprendre. Cette idée de compréhension renvoie elle-même à la conception claire de la nature de choses qui nous entourent et de leurs relations. Dégager des lois dans le monde qui nous entoure constitue l'activité qu'est la connaissance.

Or, il apparaît que cette activité repose en premier lieu sur la capacité du sujet à exercer son intelligence. La connaissance est sous-tendue par le sujet pensant. Il est donc compréhensible que la connaissance de soi en tant que sujet pensant soit à la base de toute connaissance portant sur l'extérieur. Cette connaissance de soi par soi  en tant que sujet qui pense est appelée la conscience.

Si cette connaissance de soi est au fondement de toute connaissance, elle est aussi nécessaire à l'homme pour se positionner par rapport au monde extérieur dont il se différencie. Se connaître, c'est aussi se placer comme différent des objets qui nous entourent et prendre une distance critique vis-à-vis d'eux.

Enfin, cette connaissance de soi est également nécessaire sur le plan moral, et pas seulement sur le plan de la connaissance scientifique. Car exercer l'intelligence qui vise à connaître sur soi-même comme objet, c'est aussi prendre acte de sa place propre au sein d'une communauté humaine, dans laquelle nous devons répondre de nos actes et, donc, savoir les analyser pour viser le bien.

Pour ces raisons, il est possible de dire que se connaître soi-même relève bien du devoir, mais pas au sens d'une contrainte.

 

  • 1)      La connaissance de soi comme nécessité épistémologique et comme obligation morale.
  • 2)      Les limites de la connaissance de soi.
  • 3)      Si la connaissance de soi est un devoir, c'est dans le sens où elle correspond à effort volontaire et à l'exercice d'une conscience critique vis-à-vis de soi comme sujet pensant.

 

« C'est sur le mode du s'efforcer de qu'il faut ici concevoir ce devoir de connaissance.

La psychanalyse a en effet punous donner des outils pour élucider ce qu'il peut y avoir d'opaque dans le soi pour le sujet qui se pense.

Cependant,cette élucidation implique que le sujet soit toujours conscient des limites de ce qu'il sait de lui-même.

Il n'est ainsipars étonnant que Socrate fasse sienne deux maximes apparemment contradictoires mais qui s'impliquent enréalité : « Connais toi toi-même » et « Je sais que je ne sais pas ».

Il s'agit d'e se placer dans une dimensioncritique vis-à-vis de ce que nous savons de nous mêmes. Cet effort et cette position critique sont à penser également sur un plan moral, dans la mesure où la détermination de ses actes passe par une compréhension et une délibération qui s'exerce toujours sur le mode de la visée, quiimplique d'ailleurs l'angoisse.

C'est d'ailleurs cette incertitude fondamentale des conséquences de nos actes qui faitde la morale autre chose qu'une l'application de lois universelles et qui la détermine comme volonté de bien faire,non comme science exacte.

Effort comme visée et critique sont deux activités essentielles à l'action morale en tantque telle, comme activité contingente. Parallèlement, ce devoir reste sous-tendu par l'intégration du monde dans la connaissance de soi.

« Connaître, c'ests'éclater vers », écrit Sartre et la connaissance de soi implique nécessairement celle, indissolublement liée, dumonde. 1) La connaissance de soi comme nécessité épistémologique et comme obligation morale. 2) Les limites de la connaissance de soi. 3) Si la connaissance de soi est un devoir, c'est dans le sens où elle correspond à effort volontaire età l'exercice d'une conscience critique vis-à-vis de soi comme sujet pensant. Le devoir ici mis en question par le sujet se présente, à première vue, comme un devoir qui ne concerne quesoi-même : se connaître.

Cherchons des exemples de devoirs de ce type.

Le respect de soi-même ? L'amour-propre ? L'honneur ? La dignité ? Le devoir serait ici chaque fois de sauvegarder une idée de soi en réglant saconduite sur cette idée.

Mais idée de soi et connaissance de soi sont deux choses bien différentes : l'idéeest une construction achevée s'inspirant d'un modèle ou de plusieurs, voire d'un code (le code de l'honneur,de l'honnêteté, de l'élégance, etc.), la connaissance est une entreprise de découverte, passant parl'expérience, l'épreuve, les comparaisons, les erreurs, les corrections, le travail.En quoi et pourquoi ce travail d'investigation serait-il un devoir ?De plus, si « se connaître » signifie le résultat positif de ce travail (cf.

: « Je connais ma leçon », « jeconnais le sujet ») peut-on s'imposer cette réussite comme un devoir ? Cela impliquerait :1 / soit que cette réussite (arriver à se connaître) est toujours possible ;2 / soit qu'il puisse s'agir d'un devoir...

impossible à remplir.Avant d'examiner les deux termes de cette alternative, revenons à l'idée de devoir dans le cadre de laquestion posée.

Le devoir de se connaître est apparu, à première vue, comme un devoir qui ne concerne quesoi-même.

Mais n'est-ce pas trop vite réduire à un intérêt uniquement personnel ce travail à faire sur sapropre personne ? Le devoir de se connaître ne pourrait-il, comme la plupart des obligations morales,concerner aussi, et peut-être même d'abord, les autres, être un devoir dans l'intérêt d'autrui ? Quelqu'un quine se connaît pas et qui serait en charge d'une tâche intéressant la collectivité dont il fait partie (parexemple, un ouvrier dans une entreprise) ne constituerait-il pas un danger pour cette collectivité ? S'ilaccepte cette tâche sans savoir s'il est capable de l'assumer, ne manquerait-il pas à son devoir (bien clair,celui-là) de responsabilité envers les autres ?Cette question amène à voir plus précisément ce qu'implique la connaissance de soi lorsqu'il s'agit de lamettre en pratique : se connaître, c'est alors savoir ce dont on est capable ou, mieux encore, les limites deses capacités face à une tâche ou plus généralement une situation à laquelle on va être ou on pourrait êtreconfronté.

L'exclamation si souvent entendue et qu'on emploie volontiers soi-même « je me connais ! »signifie alors : « Je sais ce que je ferais (en bien ou en mal).

»Se connaître dans le domaine de l'action, qui est toujours tournée vers l'avenir, qui procède d'une intention,cela veut dire se prévoir, pouvoir se prévoir.Revenons à présent à l'alternative laissée ouverte à la fin du premier paragraphe.

1 / Arriver à se connaîtreest toujours possible.

Si c'est un devoir, il peut, en droit, être toujours rempli.

2 / Arriver à se connaître (etnous savons maintenant que cela veut dire, dans le domaine de l'action, pouvoir se prévoir) est parfoisimpossible.

Cette impossibilité supprime-t-elle alors le devoir ou bien un autre devoir prend-il le relais dudevoir impossible Examinons l'une après l'autre ces deux propositions.. »

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