Faire vérité cours
Publié le 05/08/2026
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«
Faire vérité
Les premiers analytiques, II, 27 : Vérité relève d’une réalité objective à laquelle la pensée n’a plus qu’à
correspondre : pensée ne produit pas la vérité mais la découvre
A l’inverse : faire vérité= L qui ne promet pas succès.
→ vérité se perçoit dans la relation entre la pensée et ce qui se donne à elle.
Platon Théétète :
thèse consistant à dire que le savoir est qch de senti = sophisme : Protagoras « l’homme est mesure de toute
chose, mesure de l’être pour celles qui sont, mesure du non-être pour celles qui ne sont pas.
Telles les choses
m’apparaissent telles elles sont pour moi, telles les choses t’apparaissent telles elles sont pour toi »
Socrate : la vérité n’est pas à fleur de sens (vérité objective universelle à dévoiler)
risque du « mensonge transcendantal » : prêter plus d’importance à ce qui peut être connu (la bacille de la
Tuberculose isolée au XIXe siècle), à ce qui est (La tuberculose de Ramsès II)
parenthèse sur distinction compréhension (aller de l’épars à un tout cohérent)/ explication (partir du tout pour
aller vers l’épars)
tentation postmoderne : on peut librement faire la vérité, au gré de notre désir de lib, de reconnaissance,
social etc.
Mais, contre ce changement de sens, y a-t-il un être non négociable qui justifie que l’on désire la vérité pour
elle-même ? Quand y a-t-il vérité ? Car question de qu’est ce qui est vrai est absurde : Homère ignorait le
chlorure de sodium mais connaissait le sel qd même.
I.
Pourquoi la vérité n’est-elle pas un fait ? Vérité comme élaboration
A-
rapport signification/ vérité
Philosophie analytique du XXe siècle (propose une critique du langage, primordial par rapport au savoir vs
philo continentale : Husserl= « il faut retourner aux choses mêmes »)
schisme : philo de Cambridge : mathématicien, logicien/ philosophie analytique d’Oxford s’intéressant au
« langage ordinaire ».
Philosophie grecque incarne tradition réaliste : vérité comme ach qui s’affirme et que la pensée épouse.
Alétéïa : vérité= lever le voile sur la réalité en grec avec le a privatif.
Frege de la tradition d’Oxford : lg ambigu car on utilise des termes polysémiques : « est » renvoie aussi bien
à un qualificatif qu’à exister.
Ambiguïté qui n’existe pas en maths, projet d’une langue universelle qu’il reprend à Leibniz
(« Begriffschrift »)
Wittgenstein : converti à l’école de Cambridge, Cahier bleu :
philosopher= lutter contre fascination car le langage est abscons (inintelligible) pr pebsée complexe
Mais plurivocité du « langage ordinaire » n’est pas un défaut.
Lg philosophique doit adopter les inflexions
originales des langues et pas une langue de la raison universelle et donc réduite.
Signification diffère de la vérité car signification est un pb linguistique, alors que vérité= pb de la pensée qui
découle de la langue.
Aristote De l’interprétation I, 15 : le bouc-cerf signifie qch, « mais n’est encore ni vrai ni faux à moins
qu’on lui ajoute l’être ou le non-être »
B-
la vérité est-elle un fait ?
Oui pour le réalisme grec : critère factuel de la vérité.
La vérité reste une production de la pensée mais pr
Aristote elle se situe dans la conformité/ adéquation/ cohérence de la pensée avec l’objet de cette pensée.
(on
pense ça et ça est donc ça est vrai) : vérité commande adéquation de ce qui est pensé.
1) critique du réalisme.
Suspicion quant à vérité comme étant à fleur de nos facultés (perception, imagination)
Descartes, Méditations métaphysiques : 1ere et 2e méditations, 1641
Ex d’une tour que l’on voit au loin dans la campagne : on la croit ronde et quand on s’en rapproche,
elle est carrée : illusion d’optique : mes sens me trompent
Notre jugement nous trompe aussi : ce ne sont pas nécessairement des h qui passent sous la
fenêtre, seulement ensemble de chapeaux, manteaux avec une silhouette humaine.
Doute hyperbolique tempérée par les maths mais même celles-ci peuvent être soumises à l’influence
d’un dieu trompeur qui nous aurait façonné tel que nous nous trompions.
→ vérité même pas à fleur de ma pensée.
Donc, interroger le sujet avant d’interroger le monde = « révolution copernicienne dans la philosophie »
Préface de la seconde édition de la Critique de la raison pure.
(nécessité de connaître facultés de l’h avant de
connaître réalité extérieur).
L’idéalisme subjectif est une philosophie critique (de nos facultés).
=> objet se règle sur nos connaissances et non l’inverse.
3
courants qui critiquent aussi ce réalisme
a) corrélationisme
Vérité dépend de la corrélation entre la pensée et le réel.
Quentin Meillassoux Après la finitude
résume le corrélationisme : on ne connaît pas immédiatement l’objet de la connaissance, mais seulement la
relation qui lie la pensée à l’objet.
le constructivisme kantien : Critique de la raison pure : « Des pensées sans contenu sont vides, des
intuitions sans concepts aveugles »
Berkeley : Le monde tel qui l’existe n’existe pas, posé par la perception (immatérialisme) :
« Esse est percipi aut percipere » = « ê c’est ê perçu ou percevoir ».
La chose en soi n’existe pas, elle n’existe
telle qu’elle nous l’est présentée par la perception.
Phénoménologie (= méthode philosophique qui étudie les phénomènes tels qu'ils apparaissent à la
conscience, en suspendant tout jugement sur leur existence réelle ou leur nature objective → l’idée que ce
qui est doit apparaître) : Abschattungen (esquisses successives) d’Husserl pour comprendre le sens de l’objet.
« Toute conscience est conscience de qlqch » : c’est l’intentionnalité → 1er étape = les données hylétiques ;
2ème étape = la noèse (la maison) ; 3ème étape = le noème (la façon de s’imaginer un cube avec un toit derrière
un mur).
b) herméneutique : vérité n’est pas de l’ordre du fait mais de l’interprétation
Nietzsche : « Il n’y a pas de faits seulement des interprétations » Fragments posthumes : nos besoins
expriment des instincts qui interprètent le monde : tout est subjectif.
Dès lors, ce constat invite à affirmer la supériorité de l’homme tragique (l’homme apollinien vivant à
l’instinct et avec sa sensibilité) sur l’homme logique Naissance de la tragédie : « Osez maintenant être des
hommes tragiques ».
Vérité = instrument pour la volonté de puissance qui s’affirme.
Heidegger : comme Nietzsche, vérité = manifestation d’un pouvoir.
Vérité comme autorité dont il faut user
consciemment.
La vérité n’est que quand elle est reconnue par une autorité.
c) Analytique : question de vérité liée au langage ordinaire :
la proposition la neige est blanche si et seulement si la neige est blanche n’a pas de sens pour qqn qui a vécu
toute sa vie dans des nuances de blanc.
(Wittgnestein)
bleuvert vietnamien : « xanh » : distingué ensuite par le « bleu-vert feuille » et le « bleu-vert océan »
→ vérité ne se fait pas seule mais relève d’une élaboration.
Mais il peut y avoir des élaborations vicieuses de la vérité : le hoax : vérité= canular, fashionable nonsense :
ce qui sonne vrai est vrai, bullshit.
II.
Pouvons-nous admettre l’idée d’une contingence de la
vérité : « ce qui peut être ou bien être autrement »
Aristote De l’interprétation,I, 9 : « le futur est contingent » ce qui était contingent demain devient nécessaire
ajd
Le Théétète Mais vérité ne peut ê comme Protagoras la conçoit, parce qu’il confond alétéia et doxa
Quand y a-t-il vérité ? (contingence admise)
Contingent (=....
»
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