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La punition peut-elle ne rien devoir à la vengeance ?

Publié le 06/03/2005

Extrait du document

1) La vengeance, réaction spontanée à une affaire personnelle et n'a rien à voir avec le droit
a) Spontanéité de la vengeance. On dit parfois que la vengeance est un plat qui se mange froid, parce qu'on peut remettre à plus tard son accomplissement dans un but d'efficacité. Cependant, le recours à la vengeance est fondamentalement spontané : l'individu qui se croit victime d'un tort cède au désir immédiat de faire en contrepartie du tort à l'individu jugé responsable. Il s'agit d'une logique passionnelle, pour une affaire principalement personnelle.
b) A l'inverse, l'esprit de justice incite à se tourner vers l'institution judiciaire. Celle-ci est organisée d'avance en vue d'examiner des plaintes, et elle procède avec lenteur parce qu'elle examine les faits, les torts, les responsabilités, sur la base de la loi établie par le pouvoir législatif.
2) La punition de droit est raisonnable
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q      La vengeance directe satisfait le plus souvent mieux la personne lésée que la punition de son agresseur par une tierce personne : du point de vue personnel de celui qui se venge, il semble toujours juste qu'il rende lui-même immédiatement, bien qu'avec équité et proportion, le coup qu'on lui porte, puisque c'est lui qu'on a lésé. Ainsi en est-il encore de la justice dans certains pays.
q      La justice fonctionne ainsi selon une logique de compensation. Telle peine correspondant au plaisir de l'infliger à son tour, la vengeance, « plat qui se mange froid «, rééquilibre l'état d'injustice. De fait, après la punition du coupable par la justice, les victimes ont souvent un sentiment de frustration de ne pas l'avoir exécutée elles-mêmes.
q      D'autre part cependant, pour que la vengeance paraisse juste, il faut qu'elle ne déborde pas le dommage subi : cette juste proportion est appelée « loi du talion « : oeil pour oeil, dent pour dent. Si elle la dépassait, la vengeance serait une injustice, et appellerait à son tour une vengeance. Tant qu'elle observe ces limites, la justice est respectée. Kafka imagine, dans sa « Colonie pénitentiaire «, une machine à rendre justice, qui grave sur le dos des coupables la loi qu'ils ont enfreinte : si la machine s'emballe, personne n'est responsable de ses débordements. Celui qui se venge au contraire porterait la responsabilité de ses excès, et s'attirerait à son tour une juste vengeance.
 

  • I) La punition est étrangère à la vengeance.

  • II) Dans les faits, la punition est forcément une vengeance.


« a) Spontanéité de la vengeance.

On dit parfois que la vengeance est un plat qui se mange froid, parce qu'on peutremettre à plus tard son accomplissement dans un but d'efficacité.

Cependant, le recours à la vengeance estfondamentalement spontané : l'individu qui se croit victime d'un tort cède au désir immédiat de faire en contrepartiedu tort à l'individu jugé responsable.

Il s'agit d'une logique passionnelle, pour une affaire principalement personnelle. b) A l'inverse, l'esprit de justice incite à se tourner vers l'institution judiciaire.

Celle-ci est organisée d'avance en vued'examiner des plaintes, et elle procède avec lenteur parce qu'elle examine les faits, les torts, les responsabilités,sur la base de la loi établie par le pouvoir législatif. 2) La punition de droit est raisonnablea) La vengeance est une réaction de la victime supposée d'un tort.

La justice est rendue par un organisme socialindépendant, qui répare les torts occasionnés aux particuliers, mais défend aussi les intérêts collectifs de la société. b) Dans la vengeance, le même individu est juge et partie.

Dans l'administration de la justice, le juge est un tiers,distinct du plaignant et de l'accusé, ce qui favorise l'impartialité. c) Dans la vengeance, l'individu en reste à l'appréciation subjective du tort supposé commis, et de la punition qu'ilappelle.

L'exercice de la justice se fonde sur des règles préalables, universelles, connues, et respecte desprocédures définies à l'avance, qui donnent un fondement objectif aux verdicts. d) La victime supposée exerce elle-même la vengeance, tandis que le juge fait appel au pouvoir exécutif. 3) La punition a la forme du droit La vengeance se distingue de la punition en ce que l'une est uneréparation obtenue par un acte de la partie lésée, tandis que l'autre estl'oeuvre d'un juge.

C'est pourquoi il faut que la réparation soiteffectuée à titre de punition, car, dans la vengeance, la passion joueson rôle et le droit se trouve ainsi troublé.

De plus, la vengeance n'apas la forme du droit, mais celle de l'arbitraire, car la partie lésée agittoujours par sentiment ou selon un mobile subjectif.

Aussi bien le droitqui prend la forme de la vengeance constitue à son tour une nouvelleoffense, n'est senti que comme conduite individuelle et provoque,inexpiablement, à l'infini, de nouvelles vengeances.

1) Quelle est la thèse de Hegel et comment le texte est-il construit ? 2) Expliquez: a) "un acte de la partie lésée"b) "le droit se trouve ainsi troublé"c) "un mobile subjectif" 1. Énoncé de la thèse de Hegel : En tant qu'acte de droit, la punition s'oppose rigoureusement à la logique purement passionnelle de la vengeance. Étude de la construction du texte : Tout le texte constitue une exposition et une justification argumentée de l'opposition de la vengeance et de la punition. • La première phrase explicite l'opposition des deux termes en distinguant leurs sources respectives : la victime et lejuge, considérés comme auteurs des actes envisagés.• Les deuxième et troisième phrases mettent en place la punition comme acte de droit, et désolidarisent laréparation de toute implication passionnelle, donc de la vengeance, rattachée à l'arbitraire.• La dernière phrase récuse toute confusion entre le droit et la vengeance, et en indique les conséquencesintenables (logique de la violence). 2. a) « un acte de la partie lésée » : une réaction de la victime qui, ayant subi un préjudice, veut obtenir réparationelle-même ; b) « le droit se trouve ainsi troublé » : le droit, défini comme ensemble de règles qui rend possible la cohésion et laconcorde d'un groupe, ne peut s'affirmer que dans le silence des passions : en tant que détermination rationnelledes normes de la vie commune, il requiert l'avènement, en chaque individu, de la raison, faculté de saisir lesexigences ultimes de l'organisation commune, et de les mettre en oeuvre ; l'assujettissement aux impulsions, à la. »

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