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Le collectivisme est-il la négation de l'individu ?

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individu

Le collectivisme suppose que les individus soient considérés comme les membres d'un corps social   A. Le corps social : le collectivisme, économique ou politique, passe par la formation d'une collectivité au nom de laquelle les décisions sont prises. Dans le cadre politique, on parle alors de « corps social « ou de « corps politique «, qui est le tout formé par l'ensemble des individus. Les intérêts privés des individus doivent donc y être subordonnés. Dans la théorie du contrat social écrite par Rousseau, les individus donnent au Souverain tout ce qui lui est nécessaire, y compris leurs biens propres. Cela ne nie pas pour autant l'individu, puisque celui-ci ne peut vivre conformément à sa nature que s'il est libre, or la liberté ne peut être garantie que par la constitution politique. Même quand les intérêts des individus semblent être sacrifiés au profit des intérêts collectifs, il n'en demeure pas moins que l'individu n'est pas nié, puisque c'est au nom de ce qu'il est par essence - libre - que la collectivité, ici l'Etat, doit être maintenue. Au yeux de Rousseau, le collectivisme est donc la promotion de la vraie nature l'individu, et s'il faut parfois contraindre l'individu à suivre la loi dictée par le tout, ce n'est rien d'autre que « le forcer à être libre «, c'est-à-dire le forcer à se plier aux règles d'une communauté politique qui peut seule lui garantir la liberté. B.  le problème politique de la démocratie.

« partie indivisible du tout. » Par ce contrat chaque individu préserve donc intégralement sa liberté puisqu'il décidelibrement d'obéir à la volonté générale, et son égalité, puisque chacun participe également à cette volonté générale.L'État trouve sa légitimité dans cette volonté générale dont il ne doit être que l'expression. Dès que l'État nereprésente plus cette volonté générale, le contrat est rompu, et l'État devient illégitime. « Trouver une forme d'association qui défende et protège de toute la force commune la personne et lesbiens de chaque associé et par laquelle chacun s'unissant à tous n'obéisse pourtant qu'à lui-même etreste aussi libre qu'auparavant» (Rousseau) Le Contrat Social propose une solution à ce difficile problème : Le souverain c'est l'ensemble des membres de lasociété. Chaque homme est donc à la fois législateur et sujet : il obéit à la loi qu'il a lui-même établie. Cela supposel'existence d'une volonté générale distincte de la somme des volontés particulières. Chaque homme a comme individuune volonté particulière qui le conduit à vouloir son intérêt particulier et qui en ce sens le conduit à s'opposer auxautres ; mais il a aussi comme citoyen une volonté générale qui lui fait vouloir le bien de l'ensemble dont il estmembre. Il appartient à l'éducation de former cette volonté générale et Rousseau développera ce thème dans sonprojet de gouvernement pour la Pologne. « C'est l'éducation qui doit donner aux âmes la force nationale et dirigertellement leurs opinions et leurs goûts qu'elles soient patriotes par inclination, par passion, par nécessité. Un enfanten ouvrant les yeux doit voir la patrie et jusqu'à la mort ne doit plus voir qu'elle ». Les personnages historiques deMoïse ou de Lycurgue sont des exemples de législateurs qui sont parvenus à former leur peuple. Il est vrai que denos jours, on ne peut guère espérer rencontrer de tels hommes ; c'est pourquoi, à défaut d'unanimité, les loispourront ne traduire que la volonté de la majorité. Transition : Le collectivisme politique s'appuie donc sur l'individu, et ne le nie pas, mais à la condition qu'entre cet individu et la collectivité, il n'y ait pas de collectivités intermédiaires, car s'il y en avait, alors l'individu serait nié.Mais peut-on en dire autant du collectivisme économique ? II. Le collectivisme économique comme négation de l'initiative individuelle A. L'idée de rationalisation et planification : d'un point de vue économique, le collectivisme passe par la suppression de la propriété privée : toute propriété relève de l'Etat. C'est donc également l'Etat qui gère laproduction de richesse d'un pays par le biais de la planification : chaque usine a des quotas de production àrespecter. Ce ne sont donc effectivement pas les individus qui décident de ce qu'il faut produire. L'initiativeindividuelle est ôtée, puisque chacun doit appliquer les règles. La collectivisation va de pair avec la bureaucratie :l'administration est toute puissance. On tombe donc une sorte d'anonymat du pouvoir, et la négation de l'individuapparaît avec la déresponsabilisation : en cas de problème, qui accuser, puisque tout le monde n'a fait qu'appliquerdes règles qu'il n'a pas choisies ?C. la critique libérale : Adam Smith, économiste libérale critique la programmation et la collectivisation justement en montrant que ce n'est pas nécessairement ce qu'il y a de plus rationnel. Il écrit le fonctionnement d'une sociétéqui serait organisée par ce qu'il appelle une « main invisible » (dans Richesse des nations). Selon lui, une société oùchaque individu se préoccupe de son propre intérêt sera harmonisée, puisque l'offre se règlera nécessairement sur lademande : la compétitivité des individus va obliger chacun à faire de son mieux, à s'adapter au marché, tout sepassera donc comme si une main invisible régulait le marché. La critique libérale consiste donc à dire que c'estl'individu qui est peut faire prospérer la collectivité, et que ce n'est pas en partant de la que l'on maximise le bien-être des individus. Transition : le collectivisme peut donc étouffer la place de l'individu, le nier en tant qu'individu spécifique, pour n'en faire que le rouage d'une machine, où le membre d'un corps, mais le membre anonyme et interchangeable. Lecollectivisme n'est pas forcément l'organisation la plus rationnelle en vue de la prospérité de la collectivité et encoremoins en vue du bien-être des individus qui le composent. III. les institutions humaines ne peuvent survivre sans reconnaître l'individu et sa capacité d'initiative A. La tension entre collectivité et individu est le problème de toute organisation sociale Bergson dans « la conscience et la vie » (conférence publiée dans l'énergie spirituelle) définit la société comme « lamise en commun des énergies individuelles » : la société permet, par la concentration des efforts de tous d'allégerl'effort de chacun. Elle ne peut donc se former que si l'individu est subordonné à l'intérêt de la société. Lasubordination est maximale dans les sociétés animales : dans la ruche, tout est collectivisé, aussi bien les moyensde productions que leurs bénéfices, les décisions ne sont pas prises par les individus. Une telle société est parfaite,il n'y a ni rébellion, ni troubles, puisque les individus sont effectivement niés. B. Le problème, c'est qu'une telle société, même si elle est stable et parfaite, ne peut évoluer, elle est immuable : le système d'organisation des ruches d'abeilles est le même depuis toujours et ne changera jamais, justement parce que le collectivisme extrême et parfait nie les individus et que les individus sont le seul facteurpossible de progrès. Si la négation de l'individu est totale et la collectivisation extrême, la société sera comme enétat de « somnambulisme ». une société humaine est donc vouée à l'échec si elle s'en tient au collectivisme total. »

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