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Le désir est-il la marque de la misère de l'homme ?

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Le désir est-il la marque de la misère de l'homme?

 

Il --- La misère de l'homme peut-elle être l'indice de sa grandeur?

 

Le mot désir dérive du latin desiderare, qui signifie «regretter une étoile disparue«.

 

Ainsi l'étymologie nous invite-t-elle à penser, contre la distinction, établie par Épicure, des désirs vains et des désirs naturels, que tout désir, parce que son objet est inaccessible, est voué à l'insatisfaction.

 

Il est d'ailleurs, pour la plupart des philosophes, synonyme d'inquiétude.

 

La plus grande indigence, la plus grande désespérance n'est-elle pas dans l'absence de désir?

 

il perd pour ainsi dire tout ce qu'il possède2.

 

Le Monde comme volonté et comme représentation, p. 253.

 

Le besoin correspond à l'état de l'organisme privé des ressources nécessaires à son bon fonctionnement, il est d'ordre physiologique et son objet est parfaitement déterminé.

 

Une nourriture simple peut satisfaire ma faim, un verre d'eau peut étancher ma soif.

 

La satisfaction du désir est plus difficile : aucun objet fini ne semble capable de le combler.

 

Chez lui, le plaisir est subordonné à la satisfaction des besoins inférieurs de la vie, qui sont strictement limités.

 

Hanté par le désir, la nature paraît l'avoir voué à l'inconstance et à l'ennui.

 

De la masse immense des faits qui corroborent cette hypothèse, nous ne retiendrons que deux exemples.

 

Semblable à Don Juan, chacun, qu'il se l'avoue ou non, traîne son désir de déception en déception, tout rempli d'agitation et soucieux de se divertir, I. Recherches physiologiques sur lu vie et la mort, art.

 

Le désir philosophique implique une reconnaissance préalable de son ignorance.

 

Aussi ce désir anime-t-il un homme qui, sans posséder les biens dont dispose un dieu, n'est pas tombé dans l'extrême dénuement de l'ignorance satisfaite d'elle-même, d'autant plus indigente qu'elle se croit riche.

 

Conclusion Osons donc faire ce dernier pas, que Platon eût certainement trouvé sacrilège.

 

Ne faut-il pas craindre que l'absence de désir ne les voue à une indifférence mortelle?

 

Schopenhauer considérait la disparition du désir, au moment de sa satisfaction, comme l'indice de sa malédiction et de sa vanité.

 

« Dissertations 57 I - Désir et bonheur a) Plus que le besoin, le désir est pour chacun synonyme de manque ou de privation. Le besoin correspond à l'état de l'organisme privé des res­ sources nécessaires à son bon fonctionnement, il est d'ordre physiologique et son objet est parfaitement déterminé. Une nourriture simple peut satis­ faire ma faim, un verre d'eau peut étancher ma soif. La satisfaction du désir est plus difficile : aucun objet fini ne semble capable de le combler. b) Ainsi l'animal, qui connaît le besoin mais qui ignore le désir, n'a-t-il jamais fait preuve que d'un sensualisme borné. Chez lui, le plaisir est su­ bordonné à la satisfaction des besoins inférieurs de la vie, qui sont strictement limités. c) L'homme, au contraire, semble radicalement incapable de satisfaction. Hanté par le désir, la nature paraît l'avoir voué à l'inconstance et à l'ennui. De la masse immense des faits qui corroborent cette hypothèse, nous ne retiendrons que deux exemples. Bichat, qui trouvait, en dépit de ses nombreux travaux, le temps d'abuser des plaisirs, écrivait au sujet de la vie sexuelle : «je dirais presque, si je n'avais égard qu'aux lois de notre organisation matérielle, que la constance est un rêve heureux des poètes 1 • » Et cette même inconstance constitue le sol dans lequel la société de consommation, accablée d'une mauvaise santé de fer, puise la sève qui lui assure son prestige planétaire ... L'homme, parce qu'il est un être de désir, est condamné à chercher un bonheur qu'il sent confusément inaccessible mais auquel il ne peut pourtant renoncer. II -Ltl misère de l'homme peut-elle être l'indice de sa grandeur ? a) Pascal a proposé une explication théologique de cette inquiétude. L'homme, animé d'une capacité infinie d'amour, a perdu la paix de l'âme en se détournant de Dieu par le péché. Seul Dieu, objet infini d'un amour infini, pouvait éternellement combler les aspirations du cœur, qu'aucune réalité finie ne peut satisfaire. Depuis le péché originel, les hommes cherchent, sans le savoir, un objet à la mesure de leur amour. Mais, pleins de concupiscence et loins d'un Dieu qui s'est voulu caché, leur attention est tout entière fixée sur des objets finis qui ne peuvent pas ne pas les décevoir. Semblable à Don Juan, chacun, qu'il se l'avoue ou non, traîne son désir de déception en déception, tout rempli d'agitation et soucieux de se divertir, 1. Recherches physiologiques sur la vie et la mort, art. V,§ 2. »

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