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Le temps du travail est-il ce temps nécessaire pour jouir d'un temps libre ?

Publié le 05/06/2009

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Le temps du travail est-il ce temps nécessaire pour jouir d'un temps libre ? Ce que l’on appelle travail peut prendre des caractéristiques très différentes selon les sujets : pour un écolier, le temps passé en classe est un temps de travail, de même que le temps passé à faire ses devoirs, pour l’employé de bureau, le temps du travail, c'est le temps passé entre les quatre murs de son bureau, pour l’agriculteur, le temps du travail, c'est le temps passé sur ses terres. Le temps du travail pourrait être défini comme le temps passé par un sujet pour faire un ensemble de tâches (celles qui constituent son travail) qu’il n'est pas libre de faire ou de ne pas faire. Cette absence de liberté peut-être s’incarner dans la personne du chef, du supérieur hiérarchique, qui nous donne des tâches à faire, mais elle peut aussi se concrétiser dans la simple nécessité de travailler pour gagner sa vie : c'est le cas des artisans et commerçant que personne n’oblige à venir travailler sinon la nécessité pour eux de payer un loyer et de manger, de manière plus large encore, elle peut relever de l’obligation morale : celle que ressent l’écolier quand il doit faire ses devoirs, alors que dans l’absolu rien ne l’y oblige, ou même celle qu’un sujet peut ressentir dans sa vie privée lorsqu’il doit faire ses tâches ménagères quotidienne. Le travail peut donc être défini comme l’effort déployé par un sujet en vue d’accomplir une tâche qu’il ne fait pas pour elle même mais parce qu’il doit la faire ou parce qu’il lui est utile de la faire en vue d’autre chose. A la lumière de cette définition, nous pourrions donc considérer que le temps du travail est le temps nécessaire pour jouir d’un temps libre, puisque c'est avec les revenus de son travail que l’on peut se permettre d’avoir des activités de loisir (aller au restaurant, au cinéma, faire des activités). Mais d’un point de vue plus psychologique, on pourrait admettre que le temps libre n'est apprécié comme tel que parce qu’il est interrompu par du temps de travail, qui devient alors par essence du temps non libre. Pourtant,  si le travail demande de déployer un effort, que celui-ci soit physique ou intellectuel, ne peut-on pas dire qu’il fatigue l’être et l’empêche de profiter pleinement de son temps libre ?

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« C. Ce que Marx a montré, c'est que le temps du travail ne peut être aussi strictement séparé qu'il n'y paraitdu temps du loisir. A travers le travail, l'homme fait quelque chose, mais il se fait également. Le travail a un effet sur l'homme : ce phénomène apparait clairement dans les maladies professionnelles, mais aussi dans lescapacités, physiques ou mentales, que le travail développe chez l'homme. Le temps libre n'est donc pas untemps délié du temps du travail : un homme qui est aliéné par son travail ne l'est pas seulement au travail.Le travail, dans le cas où il se présente comme une dépossession, dépossède l'homme de tout, même de sontemps, qui ne peut par définition plus être « libre ». III. Le travail comme libération et réalisation de son essence. A. Hegel, dans la Phénoménologie de l'esprit expose une idée principale relative au sens du travail : "le travail est la seule façon pour l'homme de réaliser son essence, c'est-à-dire d'accéder à la plus haute liberté."Travailler, pour le serviteur c'est - tout en étant dépendant, soumis aux ordres d'un autre - transformer lanature et, ainsi, y laisser son empreinte s'y reconnaître et, finalement, de la sorte, accéder (sans l'avoirvoulu) à la conscience de soi, et à la liberté. Ainsi s'opère un renversement, dialectique , de relation entre celui qui travaille et celui pour qui il travaille. L'expression "dialectique du maître et de l'esclave" sert àdésigner ce renversement tel que Hegel le décrit. Le travail, parce qu'il est désir réfréné, forme. B. Dans la pensée grecque, le temps libre, également appelé loisir n'est pas un temps passif, mais au contraire un temps actif, celui qui est disponible pour les activités libérales, intellectuelles et politiques. Lesartisans, les esclaves, les producteurs et les commerçants sont bien trop affairés à pourvoir aux nécessitésde la vie pour être disponibles pour des activités plus hautes. Platon, dans La République 495d-e parle de « la foule des gens de nature inférieure, et chez qui l'exercice d'un métier mécanique a usé et mutilé l'âme enmême temps que déformé le corps ». C'est donc en ce sens que le travail peut apparaitre comme unealiénation, parce qu'il rend servile. C. Pour autant, le terme grec qui signifie loisir est skholè , qui a donné scolastique, mais aussi « école » et « écolier » : l'écolier, c'est celui qui a du temps libre, du temps pour étudier ce qui n'est pas un simple moyenen vue d'une fin, mais qui constitue une fin en soi. Jouir d'un temps libre n'est donc pas nécessaire synonymede ne pas travailler, et ne signifie pas faire des choses sans intérêts ou des choses superficielles. Bien aucontraire, le travail qui élève vraiment est le travail qui réalise l'être de l'homme, et qui lui laisse le temps dedévelopper ses capacités, dans la mesure où il ne l'englue pas dans la nécessité. Conclusion En conclusion, nous pouvons donc dire que le temps du travail n'est pas le temps nécessaire pour jouir du tempslibre, et qu'il peut même être l'obstacle à la jouissance du temps libre, car le travailleur aliéné par son travail nesaurait être libre aussitôt son temps de travail achevé. L'homme ne ressort pas indemne du travail : celui-ci le formeet le change. Mais pour autant, tout travail n'est pas aliénant, et le travail intellectuel par exemple est plutôtlibérateur, puisqu'il contraint l'homme à se dépasser et par là à affirmer son essence d'être libre, qui laisse sonempreinte dans la nature. Mais dans ce cas, le temps du travail est aussi un temps libre, dans la mesure où il est untemps qui permet de réaliser son essence et de s'élever, de se perfectionner. Le temps passé à accomplir un travailqui n'est pas aliénant est donc en soi un temps libre. »

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