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La valorisation du temps libre conduit-elle a une nouvelle conception du travail ?

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Dans l'esprit de ceux qui ont pensé cette nouvelle répartition du travail, l'idée était justement de trouver un moyen pour dépasser cette incompatibilité entre le temps consacré au travail et celui consacré au loisir. En effet, si le temps de travail est abaissé pour chaque actif mais qu'en même temps, on cherche à maintenir la productivité, il faut qu'un plus grand nombre de personne travaille, sur une durée plus courte. Autrement dit, travailler moins longtemps permettrait en théorie de réduire le chômage tout en augmentant le temps libre de tous les travailleurs pour leur permettre de s'épanouir ailleurs que dans leur activité professionnelle en ayant plus de temps pour faire du sport, des voyages, pour être présent auprès des enfants, etc.   Paradoxes de la valorisation du temps libre * Dans nos sociétés actuelles, c'est le milieu économique qui règle la vie sociale. Autrement dit, dans la société de loisir qui est la nôtre, le temps libre de ceux qui en disposent n'est pas vide. Au contraire, il est une cible qui est appelée à stimuler l'activité économique de différents secteurs. Ainsi, quand je jouis de mon temps libre, un grand nombre de personnes oeuvrent à me proposer des activités pour le remplir, m'invitant à consommer de plus en plus. On le voit aujourd'hui avec, par exemple, les polémiques sur l'ouverture des magasins le dimanche. * On observe également paradoxalement que ce sont parfois les travailleurs eux-mêmes qui insistent pour travailler le dimanche, pour des raisons salariales. Nous sommes rendus à un point où il est préférable de se passer du temps libre prévu par notre activité, justement pour se donner les moyens de pouvoir consommer plus tard, sous forme d'argent, le temps que l'on a sacrifié pour travailler plus.

Historiquement, la valorisation du temps libre remonte à l'antiquité ; chez les Grecs, la scholè, c'est le loisir, privilège de l'homme libre (le politique ou le philosophe par exemple) par comparaison avec l’esclave, dont l’activité entière est tournée exclusivement vers le travail. Ce temps libre est ici consacré à la vie de la Cité ainsi qu’au développement harmonieux et désintéressé du corps et de l'esprit. Les loisirs illustrent-ils un temps libre ? Le temps libre est-il le même pour tous ? Pour le travailleur comme pour les gens sans travail ? Qu'est-ce que le temps libre ? En quoi est-il valorisé ? La "valorisation du temps libre" fait-elle vraiment de la liberté une valeur ou n'est-elle qu'une manière de rattacher les loisirs à d'autres valeurs, et lesquelles ? Est-elle dépendante d'une certaine conception du travail (ce n'est que par le travail que l'on peut apprécier le temps libre. Le travail devient alors la condition au temps libre, en ce sens qu'il permet d'avoir les moyens d'en profiter) ? Cette conception repose-t-elle sur des critères économiques, moraux ? La valorisation du temps libre est peut-être à prendre dans un sens purement économique : le temps libre, via l'industrie du loisir, rapporte et fait travailler des gens. Il est aussi possible que cela transforme le temps libre en une nouvelle forme d'aliénation, non par le travail, mais par la consommation. C'est une piste pour un dépassement : le temps authentiquement libre devrait être le temps sans contenu, non un temps rythmé par la pseudo-liberté du consumérisme.

« • À la suite du livre I de la Politique d'Aristote, on peut en effet distinguer les hommes libres, qui s'adonnent à la spéculation intellectuelle – la theoria – dans la mesure où leur temps n'est pas occupé par des activités deproduction, et les esclaves qui, simples outils animés, sont voués au travail –la poiesis . Ici, on s'autorise de l'incompatibilité du temps de travail et du temps libre pour asseoir un ordre social. • Dans nos sociétés occidentales, la préoccupation est au partage du travail– à une meilleure organisation de la division du travail – et à la réduction dutemps qui lui est consacré. Deux priorités sous-tendent cette conception :donner du travail à tous d'une part, permettre à chacun de jouir d'un tempslibre pour s'épanouir à l'extérieur de son travail. C'est certainement en Franceque l'on est allé le plus loin dans cette optique avec la mise en placegénéralisée des 35 heures comme durée légale de travail hebdomadaire. Dansl'esprit de ceux qui ont pensé cette nouvelle répartition du travail, l'idée étaitjustement de trouver un moyen pour dépasser cette incompatibilité entre letemps consacré au travail et celui consacré au loisir. En effet, si le temps detravail est abaissé pour chaque actif mais qu'en même temps, on cherche àmaintenir la productivité, il faut qu'un plus grand nombre de personnetravaille, sur une durée plus courte. Autrement dit, travailler moins longtempspermettrait en théorie de réduire le chômage tout en augmentant le temps libre de tous les travailleurs pour leur permettre de s'épanouir ailleurs que dans leur activité professionnelle en ayantplus de temps pour faire du sport, des voyages, pour être présent auprès des enfants, etc. Paradoxes de la valorisation du temps libre • Dans nos sociétés actuelles, c'est le milieu économique qui règle la vie sociale. Autrement dit, dans la société deloisir qui est la nôtre, le temps libre de ceux qui en disposent n'est pas vide. Au contraire, il est une cible qui estappelée à stimuler l'activité économique de différents secteurs. Ainsi, quand je jouis de mon temps libre, un grandnombre de personnes oeuvrent à me proposer des activités pour le remplir, m'invitant à consommer de plus en plus.On le voit aujourd'hui avec, par exemple, les polémiques sur l'ouverture des magasins le dimanche. • On observe également paradoxalement que ce sont parfois les travailleurs eux-mêmes qui insistent pour travaillerle dimanche, pour des raisons salariales. Nous sommes rendus à un point où il est préférable de se passer du tempslibre prévu par notre activité, justement pour se donner les moyens de pouvoir consommer plus tard, sous formed'argent, le temps que l'on a sacrifié pour travailler plus. • L'ordre social sur lequel reposait le modèle grec semble aujourd'hui bien loin. Si aujourd'hui tout le monde doittravailler (on entend tous les jours que le chômage est le fléau le plus important de notre société), si l'inactivité estconnotée négativement (synonyme de paresse), on constate cependant que les inégalités entre les différents actifssont criantes et que la notion de temps libre est clairement liée à la condition sociale. En somme, si l'on a pas lesmoyens de consommer son temps libre, il vaut peut-être mieux ne pas en avoir. Conclusion - Connoté négativement à l'origine, le travail n'en est pas moins nécessaire car il permet à l'homme, par son activité, de s'épanouir, de créer, ou encore de participer à des projets qui l'enrichissent personnellementet/ou financièrement. - Cependant, la condition des travailleurs est loin d'être idéale dans tous les secteurs d'activité. C'est en partie la raison pour laquelle ont été créées des mesures fixant les durées légales du travail hebdomadaire etpermettant aux travailleurs de jouir de congés payés pour occuper leur temps libre. - Remise au centre du débat, la valorisation du temps libre par la réduction du temps de travail se heurte toutefois à de fortes contraintes organisationnelles dans son application concrète et est parfois impuissanteà permettre à chacun de vivre convenablement. - Aujourd'hui, la valorisation du temps libre est de moins en moins associée à des valeurs désintéressées, mais elle constitue plutôt un marché économique toujours plus stimulé. La notion de liberté associé au tempsqui n'est pas travaillé semble de plus en plus relative. »

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