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L'oeuvre d'art est-elle une imitation de la nature ?

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• Qu'est-ce que l'oeuvre d'art? Elle se définit comme un ensemble organisé de signes et de matériaux manifestant un vouloir esthétique, comme un ouvrage exprimant un idéal de beauté.
 La nature, quant à elle, si elle relève de multiples acceptions, signifie, dans cet intitulé de sujet, le milieu physique où vit l'homme et qui l'enveloppe, du moins originellement.
 Enfin, l'imitation désigne le fait de prendre quelque chose pour modèle, de reproduire volontairement.
 Le sens du sujet semble donc clair : l'ensemble organisé de signes et de matériaux manifestant un vouloir esthétique représente-t-il une reproduction pure et simple du milieu physique où vit l'homme ?
 • Si l'oeuvre d'art imite la nature, n'est-ce pas alors parce que celle-ci est le seul réceptacle de la beauté? Le sujet nous pose ainsi un problème fondamental sur l'origine du Beau.

1. La conception populaire de l'art et de l'oeuvre d'art : l'oeuvre d'art comme imitation de la nature.

2. Le rôle de l'activité créatrice de l'esprit : l'oeuvre d'art est une réalité spirituelle.

3. L'art et l'oeuvre d'art, expressions de l'universel.

4. L'oeuvre d'art, objet sacré donnant lieu aux échanges sociaux.

 

« une émotion d'ordre sensible. La combinaison heureuse d'éléments divers au sein des choses, le bon accord desformes ou des couleurs déterminent en nous plaisir ou même joie. C'est de cette émotion engendrée par la beautévivante qu'est partie la conception qui voit dans l'oeuvre d'art une copie du réel. La beauté naturelle fut antérieureau beau artistique. Dès lors, ne convient-il pas de la copier fidèlement ? b. L'imitation de la nature a pour fin d'exprimer cette beauté naturelle. S'il existe une beauté naturelle suscitant en nous de la joie ou de l'émotion, si le coucher de soleil en sa splendeurprécéda tout art proprement dit, la beauté artistique est, dès lors, destinée à exprimer ces apparences siséduisantes qui charment l'homme. Ainsi l'oeuvre d'art semble-t-elle, fondamentalement, une copie de ce qui existe,une reproduction des choses données dans le monde extérieur. Son caractère essentiel serait alors la perfectionmême de cette copie.Un des pères de cette esthétique imitative, qui vit dans l'art et l'oeuvre d'art une reproduction du milieu physique oùvit l'homme, c'est essentiellement Platon : il conçut la production de la beauté par les oeuvres de l'homme commeune copie du sensible et des réalités naturelles. Ce qui est premier, c'est l'Idée, l'Essence, c'est-à-dire la réalitéintelligible ultime donnant sens aux choses. Ainsi l'Essence du lit, c'est le lit idéal, l'Idée de lit. Le lit sensible imitel'Idée de lit. Quant à l'oeuvre d'art, elle n'est qu'une copie au second degré, une copie de copie ! Art et oeuvre d'artne représentent, dès lors, qu'une illusion. c. Le plaisir esthétique, plaisir d'ordre sensible Dans cette perspective imitative, la jouissance esthétique serait, fondamentalement, d'ordre sensible : elle aurait sasource et son origine dans le plaisir immédiat de nos sens agréablement touchés. Plaisir et jouissance concrètecaractériseraient la participation esthétique, qui serait, en somme, une séduction sensible par les belles apparencesqui nous enchantent. Telle la vision hédoniste (du grec hèdonè, plaisir) de l'art et de l'oeuvre d'art. d. L'émotion de l'inspiration, source de cet art hédoniste. Dans cette conception populaire, l'art, fruit de la sensibilité, est aussi le produit d'une émotion et d'une inspiration.C'est grâce à un don, nous dit-on, que le peintre ou le poète distingueraient le beau dans la nature et pourraient lecopier. L'artiste détiendrait un mystérieux privilège, ce ne serait point de sang-froid qu'il travaillerait, mais parsuggestion et inspiration. e. Dans cette perspective, l'art et l'oeuvre d'art sont purement subjectifs. Cette conception populaire — qui voit dans l'oeuvre d'art une copie du réel, engendrant une jouissance purementsensible, et qui privilégie l'inspiration dans la genèse de la création artistique — aboutit à un subjectivisme radical :en effet, le simple plaisir des sens est relatif à la constitution de chacun et n'a donc pas de valeur ni de portéeuniverselles. Il est d'ordre strictement subjectif. Nous ne dépassons pas ici le simple point de vue de l'appréciationindividuelle. f. Néanmoins, à travers les imitations des apparences, les hommes communiquent entre eux. Malgré ce subjectivisme, la conception populaire et imitative souligne bien que l'art est un instrument decommunication entre les foules, un outil pour relier le plus grand nombre. « L'art populaire » s'enchante de ces bainsde foule où circule la jouissance esthétique reliant par une imitation unanimement reconnue les masses et lesgroupes extasiés. g. L'oeuvre d'art, phénomène social A ce niveau, déjà, se manifestent les puissances sociales de l'art et de l'oeuvre d'art, grosse de tout un ensemblede représentations collectives. Les sociologues contemporains ont analysé, à juste titre, cette dimension sociale del'oeuvre d'art, où s'expriment des conditions d'existence (classes sociales) ainsi que des systèmes de pouvoir (carl'oeuvre d'art distingue et opère des hiérarchies).Ainsi, la conception de l'« oeuvre d'art-imitation » forme un tout : l'oeuvre d'art est une copie ; cette copieprovoque une jouissance esthétique subjective, naissant du réel et de l'inspiration de l'artiste. Enfin, la subjectivitédu plaisir artistique ne doit pas conduire à méconnaître les puissances sociales qui sont contenues dans l'art. 2. Le rôle de l'activité créatrice de l'esprit : l'oeuvre d'art est une réalité spirituelle. Mais le choix des sujets de l'oeuvre d'art, la disposition et l'emploi des matériaux, tout cela relève-t-il seulement del'imitation ?Telle nature morte de Cézanne, imitation par principe de la nature, ne nous conduit-elle pas, par la lumière sur lesobjets, par l'équilibre des formes, à un au-delà de cette nature ? Et quelle réalité naturelle pourrait bien copier unart comme l'architecture, qu'elle soit publique, privée ou religieuse ?En réalité, la conception précédente est irrecevable, parce qu'elle oublie et occulte le rôle et la fonction de l'espritcréateur et inventeur de Formes. L'oeuvre d'art, loin d'être une copie inerte du monde extérieur, est unetransfiguration de ce monde ou l'instauration d'un nouvel univers, comme nous allons tenter de le démontrer. »

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