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Ne rien faire, est-ce perdre son temps ?

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temps

■ Analyse du sujet

 

— La question paraît d’abord surprenante, en raison de la répétition du même verbe. On vient à bout de la difficulté en s’interrogeant sur la signification du possessif : peut-être ne perd-on qu’un temps qui n’est pas uniquement le sien, mais un temps qui obéit à des normes sociales.

 

— En analysant quelques circonstances dans lesquelles vous pouvez << perdre votre temps >>, vous pouvez constater que la signification de cette << perte >> change selon qu’il s’agit d’un temps << disponible >>, ou au contraire d’un temps soumis à une organisation qui ne dépend pas de vous.

 

— << Perdre >> quoi que ce soit semble impliquer qu’on le possédait : possède-t-on le temps ?

 

■ Pièges à éviter

 

— Ne pas se lancer dans un point de vue uniquement moralisateur sans passer par une analyse des différentes temporalités dans lesquelles on vit quotidiennement.

 

— À l’inverse, on ne chantera les charmes exclusifs de l’oisiveté que si l’on est assuré de rédiger une copie brillante et spirituelle, capable de ne pas tenir compte des exigences du temps socialement utile.

 

— L’allusion à la nécessité du temps de loisir ne doit pas être simpliste : le loisir contemporain, parce qu’il entraîne souvent une forte consommation, est étroitement lié au travail.

« CORRIGÉ [I ntroduction] Le proverbe nous en avertit : le temps perdu ne se rattrape jamais. Il semble ainsi que perdre son temps, comme on peut se le reprocher après coup (et comme, plus souvent peut-être, on nous le reproche), signifie bien que le temps est en effet totalement perdu : vide, sans apport ni inté­ rêt aucun. Une durée qui aurait pu ou dû être utile (c'est-à-dire utilisée à fa ire quelque chose de positif , ou de rentable) serait ainsi nulle, purement et simplement abstraite de la durée complète d'une existence :tout se pas­ serait, tout se serait passé comme si elle ne comptait pour rien, comme si nous avions raté ou mis entre parenthèses un fragm ent de notre vie. Mais est-il possible de laisser ainsi intégralement échapper du temps ? Peut-on vraiment perdre le temps en perdant le sien ? [1. Le temps socialement rentable] L'élève qui, alors qu'il doit faire en classe un devoir, perd temps à regarder le plafond ou à se laisser aller à un doux assoupissement peut, lorsque retentit la sonnerie, rendre une copie incomplète, et se repro­ cher ensuite d'avoir ainsi perdu son temps au lieu de se concentrer sur la tâche à accomplir. Plus volontiers, toutefois, dira-t-il qu'il a perdu plutôt que et la différence n'est peut-être pas insigni­ fiante. Elle indiquerait que le temps passé en classe ne lui appartient pas directement, qu'il n'e st à lui que parce qu'il fa it partie d'un système sco­ laire, avec ses horaires, ses règles, etc., mais qu'il ressent, ou peut ressen­ tir, cette appartenance comme secondaire ou peu essentielle. Ainsi, le temps que l'on perd dans certaines conditions ou situations est-il moins une propriété personnelle qu'une partie d'un temps socialisé, obéissant comme tel à des rythmes et à une organisation qui ne dépendent pas de l' individu. C'est, par excellence, le temps du travail. Dans la mesure où il est défini en fonction de critères collectifs ou sociaux, le perdre constitue un manquement ou une faute. C'est bien ce que reprocheront à notre élève ses parents, en découvrant sa note lamen­ table : >. Bien entendu, la > n'e st à prendre ici que dans un sens métapho­ rique : si l'o n ne peut perdre que ce qui nous appartient, le temps ne peut être perdu. Car il ne peut être en lui-même notre propriété ; c' est bien plu­ tôt nous qui lui appartenons, parce que c'est nous qui vivons à travers lui : il nous traverse, nous modifie sans cesse, indépendamment de notre volonté, et tout ce que nous pouvons espérer, c'est l'occuper, le remplir de »

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