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« Penser, a-t-on dit, c'est se retenir d'agir. » Comment faut-il concevoir les rapports de la pensée et de l'ac¬tion ?

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B. Discussion. — Il est assez vraisemblable que les pri­mitifs ne pensent guère que pour songer aux moyens de sub­venir à leurs besoins. Le civilisé lui-même est puissamment stimulé à la réflexion par les exigences de l'action, surtout si on englobe sous ce terme nos rapports avec nos semblables dans une société où s'affrontent des opinions diverses. Nous serions portés à agir et à parler suivant des préjugés que nous prendrions pour des évidences indiscutables ; mais nous nous heurtons à la contradiction des autres. La réaction naturelle et comme instinctive est alors de faire front à l'adversaire et de s'obstiner dans ses principes. Mais le bon sens éduqué par l'expérience nous insinue qu'il serait plus sage de suspendre la discussion, de nous retenir de parler et d'agir pour examiner le problème. Ainsi, on ne saurait le méconnaître, les difficultés de l'action nous amènent à penser.

« Pourquoi cet arrêt et comment la pensée s'y insère-t-elle ? Si nous nous retenons d'agir, c'est que notre action se heurte à des difficultés que les automatismes et les habitudes ne suffisent pas à résoudre. Nous serions naturellement portés à continuer notre travail, espérant surmonter l'obstacle par un plus grand déploiement de forces ou par tâtonnement; mais le bon sens éduqué par l'expérience nous suggère d'examiner la situation, afin de trouver la manière la plus économique et la plus sûre de faire ce pas difficile. Alors nous nous retenons d'agir et c'est la pensée qui se substitue à l'action. Ainsi la pensée serait provoquée par les ratés de l'action et elle n'aurait d'autre rôle que de résoudre les problèmes pra­ tiques posés par l'action. B. Discussion. - Il est assez vraisemblable que les pri­ mitifs ne pensent guère que pour songer aux moyens de sub­ venir à leurs besoins. Le civilisé lui-même est puissamment stimulé à la réflexion par les exigences de l'action, surtout si on englobe sous ce terme nos rapports avec nos semblables dans une société où s'affrontent des opinions diverses. Nous serions portés à agir et à parler suivant des préjugés que nous prendrions pour des évidences indiscutables ; mais nous nous heurtons à la contradiction des autres. La réaction naturelle et comme instinctive est alors de faire front à l'adversaire et de s'obstiner dans ses principes. Mais le bon sens éduqué par l'expérience nous insinue qu'il serait plus sage de suspendre la discussion, de nous retenir de parler et d'agir pour examiner le problème. Ainsi, on ne saurait le méconnaître, les difficultés de l'action nous amènent à penser. Mais il y a un autre heurt que celui de l'action pratique pour déclencher l'activité de l'esprit: le sentiment de ne pas comprendre, provoqué par la simple observation du réel. On peut même appliquer à la pensée ce qu'Aristote a dit de la science, qu'elle commence avec l'étonnement. En effet, plus que les difficultés de l'action, les difficultés de la compréhension qui constituent l'étonnement, provoquent la pensée véritable, laquelle consiste à comprendre l'essence des choses. La réflexion pratique, qui ne vise qu'à obtenir un résultat immédiat, reste à leur surface : elle constitue une expérimentation mentale plus qu'une recherche rationnelle. Aussi ce n'est pas toute pensée, mais une forme inférieure de pensée qui consiste à se retenir d'agir en vue de réfléchir aux moyens d'atteindre plus facilement le résultat désiré. »

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