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Percevoir est-ce seulement recevoir ?

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Cela montre qu'il y a toujours un travail dans la perception, il a ajouté à la simple sensation visuelle l'idée qu'il y avait des hommes sous les chapeaux et les manteaux, alors qu'il aurait pu y avoir des automates. 2)      Husserl dit qu'il y a toujours une intentionnalité dans la perception ; l'intentionnalité est le contenu sémantique d'une représentation. La perception est toujours perception « de » quelque chose, ce n'est pas une pure réception, on a toujours une idée de ce qu'on perçoit. Lorsqu'on perçoit un objet, les sens ne nous donnent jamais tout l'objet, et pourtant, nous avons une idée de l'objet entier ; si je perçois la table devant moi, les sens ne m'en donnent qu'une petite partie et pourtant j'ai bien conscience de me tenir devant une table entière. 3)      Selon Kant, dans la perception, les données des sens sont apportées à des catégories de notre entendement. C'est l'imagination qui fait le lien entre les données sensibles et les catégories de l'entendement par l'intermédiaire de « schèmes ». Notre expérience est donc toujours un travail de l'esprit, la perception n'est pas une simple réception, elle est un travail des données sensibles. III : Travailler la réception. 1)      Hegel dénonce l'abstraction de la perception qui désigne « ceci » ou « cela », le « ceci » est la détermination la plus abstraite par ce qu'elle peut s'appliquer à toute chose. La désignation est donc l'acte de l'esprit qui empêche de recevoir la chose singulière et qui la voile sous la plus grande abstraction.

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Introduction :

La perception est notre rapport immédiat au monde ; c'est un rapport subi de par notre participation corporelle au monde matérielle. Dans ce sens, la perception apparait avant tout comme réception. Je suis devant mon ordinateur et je reçois les effluves de stimuli visuels auditifs, tactiles qui viennent de l'ordinateur ; en percevant mon ordinateur, je le reçois, ce n'est pas moi qui le crée.

Cependant, la perception n'est pas une simple réception de la sensation, elle ajoute des idées aux données des sens. Par exemple, les stimuli qui me proviennent de mon ordinateur ne contiennent pas en eux même l'information ordinateur, c'est par un acte intellectuel que je rassemble un flux hétéroclite de sensations sous l'idée d'ordinateur.

Problématique :

La perception est une réception des données sensorielles, cependant, ce n'est pas une réception passive, la perception est déjà un travail de l'esprit.

« L'imagination : un art caché dans les profondeurs Longtemps, la philosophie a été brouillée avec l'imagination. En témoignent les deux façons qu'elle a eues de laconsidérer. D'abord comme « maîtresse d'erreur et de fausseté », ou bien encore comme « folle du logis ».Ensuite comme moyen pauvre de connaissance, passant par la médiation des images au lieu de la pensée. Cescritiques* ne sont pas injustifiées. Car il est vrai qu'il existe une imagination destructrice quand celle-ci prendl'allure de cette effervescence de l'esprit extrapolant sans fondements à partir d'une impression ou d'uneémotion. Comme il est vrai qu'il est réducteur d'avoir besoin de se faire des images à propos de tout. Cela dit,est-ce là une raison pour congédier définitivement l'imagination du domaine de la connaissance ? Il s'agit làd'une profonde erreur, soulignera Kant. Car nous avons besoin de l'imagination pour connaître. Si, en effet, ilest vrai qu'une intuition sans concept est aveugle, et s'il est tout aussi vrai qu'un concept sans intuition estvide, encore faut-il pouvoir relier un concept à une intuition et, ainsi, faire correspondre une expérience avecune pensée et une pensée avec une expérience. Ce qui ne va pas de soi. De l'imagination au symbole Avoir l'idée que telle expérience renvoie à tel ou tel concept ne dépend pas simplement d'un acte del'intelligence. Il faut avoir, pour cela, beaucoup d'imagination, afin de discerner ce que telle expériencesymbolise et donc quel sens elle peut avoir. Ayons le sens des symboles et des images et tout de suite le lienentre la réalité de l'expérience et le sens apparaît. À l'inverse, avoir l'idée que tel concept renvoie à telle outelle expérience demande également beaucoup d'imagination. Souvent, une idée demeure abstraite, sans quel'on soit capable, malgré sa logique, de voir son domaine d'application. Le propre de l'imagination est de nous lefaire découvrir. D'où l'importance de l'imagination. Importance que Kant a bien comprise, puisqu'il a fait decelle-ci cet « art caché dans les profondeurs» qui permet de passer de l'expérience au concept et du conceptà l'expérience. Un historien qui possède un sens vivant de l'histoire a l'art de nous faire comprendre la portéesymbolique de tel ou tel événement, comme il a l'art de faire vivre telle ou telle signification historique enmontrant ses applications. C'est en ce sens que Kant s'est imaginé l'homme de connaissance. Il l'a pensé sousla forme d'un homme vivant, ne cessant de mettre en mouvement les idées afin de les rendre réelles, et le réelafin qu'il soit rempli de sens.Un nouvel horizon pour la raison Aujourd'hui, les savants conviennent volontiers que la raison est imagination etnon simplement une faculté d'analyse et de rangement. Il s'agit là d'un progrès décisif que l'on doit à Kant etqui est dans la logique même de la raison. Quand, en effet, on a une conception vivante de la raison, on n'estpas statique face à celle-ci, mais actif. De ce fait, la raison, au lieu d'être une donnée dont on part, devientun but vers lequel on se dirige. Ainsi, au lieu de penser que l'on a pensé, ce qui est un étouffement de lapensée, on pense à penser et à se faire penser. La raison vivante ne cesse de donner de l'avenir à la raison.C'est pourquoi elle est imagination. C'est pourquoi, également, elle est ouverte au temps* ainsi qu'à l'histoire.Car posons que la raison est à venir, au lieu d'être figée hors du temps, dans une sorte d'éternité : la raisonrentre dans le temps. Tout n'a pas été dit. C'est donc que bien des choses sont à vivre encore. On s'enaperçoit en devenant attentif. Mieux, en se faisant penser et vivre à propos de tout ce que l'on vit comme detout ce que l'on pense. Ce qui est le véritable état de l'imagination. III : Travailler la réception. 1) Hegel dénonce l'abstraction de la perception qui désigne « ceci » ou « cela », le « ceci » est la détermination la plus abstraite par ce qu'elle peut s'appliquer à toutechose. La désignation est donc l'acte de l'esprit qui empêche derecevoir la chose singulière et qui la voile sous la plus grandeabstraction. 2) Plutôt que de désigner spontanément une chose par « ceci », il vaut mieux travailler sa réceptivité. C'est le développement desfacultés esthétiques, de l'appréciation sensuelle des choses qui peutnous permettre d'approfondir notre rapport à la réalité ; par exempledevant la Joconde, il ne faut pas s'arrêter à la première perceptionabstraite : c'est une femme qui croise les bras, mais s'arrêter sur lescouleurs, les coups de pinceaux.. ; toutes les qualités charnelles dutableau. 3) C'est l'attention qu'il faut développer. Une perception attentive s'arrête sur les détails, apprécie les qualités singulières de la chose. Conclusion : La perception n'est pas une simple réception, elle est aussi un travailde la sensation. C'est pourquoi il faut travailler son attention et saréceptivité pour ne pas être aveugle à la beauté du monde. »

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