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Percevoir n'est-ce que recevoir ?

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Enfin, dans la perception de chaque objet particulier, la part du construit est bien plus importante que la part du donné, et on a pu dire avec raison que "percevoir n'est guère qu'une occasion de se souvenir "· Devant le magasin d'un marchand de fruits, je vois des oranges. Qu'est-ce qui m'est donné ? Des taches colorées rondes : tout le reste est construit. En effet, je vois l'orange avec l'impression qu'elle produirait à mon toucher si je la prenais dans ma main....

« quoi avons-nous conscience que l'état psychologique que nous appelons perception est différent de l'état psychologique appelé souvenir ou image, sinon parce que la perception implique une relation immédiate avec une réalité extérieure ? Cette relation immédiate, inexplicable quand on a fait de l'homme une pensée unie, on ne sait trop comment, à un corps, ne fait pas de diffi­ culté insurmontable si on le considère comme un être un, mais résultant de l'union de deux principes, l'un matériel et l'autre spirituel. L'étendue, elle aussi, est donnée immédiatement, et les efforts pour la construire avec des sensations inétendues (Spencer) se sont révélés tout à fait vains. Par la cénesthésie, résultante des impressions du toucher interne, nous avons la sensation de la voluminosité de notre propre corps ; le tou­ cher externe actif, c'est-à-dire le mouvement de nos membres parcourant et palpant les objets, nous fait percevoir des lignes et des surfaces résistantes ; la vue, enfin, nous donne la sen­ sation de 1 'étendue colorée. L'homme étant surtout visuel, le monde extérieur nous est donné sous forme de masses colorées extérieures à nous. Mais ce tableau est d'une confusion extrême; ce n'est qu'au prix d'une longue élaboration que nous parvenons aux représenta­ tions distinctes de l'âge adulte, percevant nettement les objets avec leurs caractéristiques essentielles, dans leur vraie rela­ tion les uns avec les autres. Il. - LA PART DU CONSTRUIT On l'entrevoit d'après ce qui précède: il y a beaucoup de construit dans notre perception extérieure ; aussi est-il bien diffi­ cile d'en dresser un inventaire satisfaisant. Il semble bien tout d'abord que la troisième dimension soit construite, et non perçue. Sans doute, le toucher actif paraît bien nous faire percevoir immédiatement la distance, la pro­ fondeur, le relief. Mais notre représentation du monde est essentiellement visuelle et il semble bien plus probable que la vue ne perçoit immédiatement que les surfaces. En effet, les impressions sensorielles (convergence du cristallin, parallaxe binoculaire), au moyen desquelles l'adulte parvient à apprécier la distance, sont des impressions non pas visuelles, mais mus­ culaires ; d'autre part, ce ne sont pas des sensations de dis­ tance, mais des sensations au moyen desquelles on apprecie la distance. Enfin, c'est surtout en nous fondant sur d'autres »

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