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Percevoir, est-ce seulement recevoir ?

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Le plaisir ne se partage pas, celui qui ne fait que sentir est incapable de donner, il ne sait que recevoir. II : La perception est un travail d'organisation de l'expérience. 1)      Il y a toujours un travail de l'esprit dans la perception. Dans les méditations métaphysiques, Descartes raconte qu'il aperçoit des hommes passer dans la rue, puis il se ravise : il n' vu passer que des manteaux et chapeaux. Cela montre qu'il y a toujours un travail dans la perception, il a ajouté à la simple sensation visuelle l'idée qu'il y avait des hommes sous les chapeaux et les manteaux, alors qu'il aurait pu y avoir des automates. 2)      Husserl dit qu'il y a toujours une intentionnalité dans la perception ; l'intentionnalité est le contenu sémantique d'une représentation. La perception est toujours perception « de » quelque chose, ce n'est pas une pure réception, on a toujours une idée de ce qu'on perçoit. Lorsqu'on perçoit un objet, les sens ne nous donnent jamais tout l'objet, et pourtant, nous avons une idée de l'objet entier ; si je perçois la table devant moi, les sens ne m'en donnent qu'une petite partie et pourtant j'ai bien conscience de me tenir devant une table entière. 3)      Selon Kant, dans la perception, les données des sens sont apportées à des catégories de notre entendement. C'est l'imagination qui fait le lien entre les données sensibles et les catégories de l'entendement par l'intermédiaire de « schèmes ».

La perception est notre rapport immédiat au monde ; c'est un rapport subi de par notre participation corporelle au monde matérielle. Dans ce sens, la perception apparait avant tout comme réception. Je suis devant mon ordinateur et je reçois les effluves de stimuli visuels auditifs, tactiles qui viennent de l'ordinateur ; en percevant mon ordinateur, je le reçois, ce n'est pas moi qui le crée.

Cependant, la perception n'est pas une simple réception de la sensation, elle ajoute des idées aux données des sens. Par exemple, les stimuli qui me proviennent de mon ordinateur ne contiennent pas en eux même l'information ordinateur, c'est par un acte intellectuel que je rassemble un flux hétéroclite de sensations sous l'idée d'ordinateur.

 

« originaire mais aussi l'être psychique qui s'y incarne, et tel qu'il s'incarne. Ce psychisme n'est-il pas le mien propre ?Par contre, le corps psychophysique étranger est sans doute perçu dans mon environnement spatial et de façontout aussi originaire que le mien ; mais il n'en va pas réellement et proprement donné lui-même mais simplement viséconjointement avec lui par apprésentation. » Husserl. Je rentre chez moi. Il est tard. Je vois un homme dans l'entrée à qui j'adresse un « bonsoir ». Personne ne me répond et je m'aperçois que ce que j'avais pris pour un homme n'était qu'un portemanteau chargé d'habits.Descartes nous avait bien dit que seul un échange de paroles pouvait nous donner la certitude de la présence d'autrui. Husserl reprend cette problématique, mais à un niveau plus primordial : quand j'ai cru reconnaître cet homme dans l'entrée, quelle fut l'opération de conscience qui m'a donné, ne serait-ce qu'un instant, l'évidence d'uneprésence humaine ? C'est ainsi qu'il examine les présupposés de la perception du corps de l'autre. Le premier mouvement du texte affirme la primauté absolue de mon corps propre dans le processus d'identificationdu corps de l'autre : je ne peux, dans le domaine de la perception, faire l'expérience d'autres corps que parce quemoi-même je suis un corps vivant. L'expérience de moi-même comme corps constitue donc un principe primordial àpartir duquel je puis affirmer l'existence d'autres corps vivants. La deuxième partie du texte insiste sur le caractère immédiat de cette reconnaissance qui, loin de mettre en jeudes processus intellectuels, ne suppose que la présence physique (l'homme « en chair et en os » de Husserl contre l'homme « de parole » de Descartes ). Enfin, Husserl indique ce qui constitue la spécificité de la perception d'autrui (de l'autre homme, et pas seulement d'un autre corps vivant). Ce qui m'est donné absolument et immédiatement (dans la perception de mon propre être),ce sont mon corps et mon « psychisme » (mon monde intérieur). Dans la perception de l'autre (ce que Husserl appelle son « apprésentation »), son corps physique m'est bien donné immédiatement, mais son psychisme m'estseulement annoncé comme ce qui existe, mais ce à quoi je ne pourrai jamais être présent qu'indirectement : je nepourrai jamais vivre l'intériorité de l'autre. 3) Selon Kant, dans la perception, les données des sens sont apportées à des catégories de notre entendement. C'est l'imagination qui fait le lien entre les données sensibles et les catégories del'entendement par l'intermédiaire de « schèmes ». Notre expérience est donc toujours un travail de l'esprit, laperception n'est pas une simple réception, elle est un travail des données sensibles. III : Travailler la réception. 1) Hegel dénonce l'abstraction de la perception qui désigne « ceci » ou « cela », le « ceci » est la détermination la plus abstraite par ce qu'elle peut s'appliquer à toute chose. La désignation est donc l'actede l'esprit qui empêche de recevoir la chose singulière et qui la voile sous la plus grande abstraction. 2) Plutôt que de désigner spontanément une chose par « ceci », il vaut mieux travailler sa réceptivité. C'est le développement des facultés esthétiques, de l'appréciation sensuelle des choses qui peut nous permettred'approfondir notre rapport à la réalité ; par exemple devant la Joconde, il ne faut pas s'arrêter à la premièreperception abstraite : c'est une femme qui croise les bras, mais s'arrêter sur les couleurs, les coups depinceaux.. ; toutes les qualités charnelles du tableau. 3) C'est l'attention qu'il faut développer. Une perception attentive s'arrête sur les détails, apprécie les qualités singulières de la chose. Conclusion : La perception n'est pas une simple réception, elle est aussi un travail de la sensation. C'est pourquoi il faut travaillerson attention et sa réceptivité pour ne pas être aveugle à la beauté du monde. »

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