Devoir de Philosophie

Peut-on concevoir une société sans État ?

Voir sur l'admin

Extrait du document

Partout où il y a encore du peuple, il ne comprend pas l'État et il le déteste comme le mauvais oeil et une dérogation aux coutumes et aux lois.Je vous donne ce signe : chaque peuple a son langage du bien et du mal ; son voisin ne le comprend pas. II s'est inventé ce langage pour ses coutumes et ses lois.Mais l'État ment dans toutes ses langues du bien et du mal ; et, dans tout ce qu'il dit, il ment -, et tout ce qu'il a, il l'a volé. Tout en lui est faux ; il mord avec des dents volées, le hargneux. Même ses entrailles sont falsifiées.Une confusion des langues du bien et du mal, - je vous donne ce signe, comme le signe de l'État. En vérité, c'est la volonté de la mort qu'indique ce signe, il appelle les prédicateurs de la mort ! Beaucoup trop d'hommes viennent au monde : l'État a été inventé pour ceux qui sont superflus !Voyez donc comme il les attire, les superflus ! Comme il les enlace, comme il les mâche et les remâche !Il n'y a rien de plus grand que moi sur la terre : je suis le doigt ordonnateur de Dieu », - ainsi hurle le monstre. Et ce ne sont pas seulement ceux qui ont de longues oreilles et la vue basse qui tombent à genoux !Hélas, en vous aussi, ô grandes âmes, il murmure ses sombres mensonges ! Hélas, il devine les coeurs riches qui aiment à se répandre ! Certes, il vous devine, vous aussi, vainqueurs du Dieu ancien ! Le combat vous a fatigués et maintenant votre fatigue se met au service de la nouvelle idole !Elle voudrait placer autour d'elle des héros et des hommes honorables, la nouvelle idole ! Il aime à se chauffer au soleil de la bonne conscience, - le monstre froid !Elle veut tout vous donner, si vous l'adorez, la nouvelle idole : ainsi elle s'achète l'éclat de votre vertu et le fier regard de vos yeux. Vous devez lui servir d'appât pour les superflus ! Oui, c'est l'invention d'un tour infernal, d'un coursier de la mort, cliquetant dans la parure des honneurs divins !Oui, c'est l'invention d'une mort pour le grand nombre, une mort qui se vante d'être la vie, une servitude selon le coeur de tous les prédicateurs de la mortL'État est partout où tous absorbent des poisons, les bons et les mauvais ; l'État, où tous se perdent eux-mêmes, les bons et les mauvais ; l'État, où le lent suicide de tous s'appelle - la vie ».

Le verbe « concevoir « trouve son étymologie dans le latin « concipere « qui signifie « recevoir dans son esprit «. Deux dimensions de l’expression sont à dégager. D’une part, il y a l’idée que la conception relève d’une fiction philosophique ou intellectuelle, on pourrait attribuer à « concevoir « des synonymes comme « inventer « ou « imaginer «. D’autre part, la conception doit être recevable pour l’esprit, elle doit satisfaire certaines exigences telles que celles de cohérence ou de non-contradiction.

            Une conception de l’Etat devra donc être cohérente, logique de telle sorte que ses différentes parties ne soient pas contradictoires entre elles, mais cette conception devra avant tout ne pas être contradictoire avec la réalité. Quand se on demande si on peut concevoir un Etat sans violence, on pose la question de l’application pratique, de a réalisation concrète d’une théorie politique. Concevoir un Etat sans violence est-ce tenir compte de la réalité, de sa complexité et de son imperfection ? On peut envisager tant la dimension individuelle, celle du citoyen qui cède à la violence et qu’il faut contrôler, que la dimension étatique , la nécessité pour l’Etat de se conserver en tant que tel et de réprimer toute forme de violence qui transgresse les lois. Immédiatement on se heurte à un autre problème, affirmer la possibilité de la conception d’un Etat sans violence n’est-ce pas tomber dans l’utopisme et ignorer une violence perpétuellement résurgente? La refuser, n’est-ce pas tomber dans une forme de pessimisme fataliste ?

« L'État de la domination d'une classe sociale chez Marx « L'origine de la famille... » vise à doter la pensée politique marxienne d'un fondement scientifique. S'appuyant sur les données del'ethnologie naissante, Engels souligne qu'il a existé des sociétés sans Etat, et affirme que seules la division du travail et la constitution declasses aux intérêts antagonistes rendent celui-ci nécessaire. Il entendrompre ainsi avec la conception idéaliste de l'État, et notamment lathèse hégélienne selon laquelle celui-ci est « la réalité effective de l'Idée morale ». En fait, Hegel ne niait pas que du point de vue de sa genèse, l'État fût lié au développement des tensions économiques, écrivant lui-même qu'« un véritable État et un véritable gouvernement ne se produisent quequand il y a une différence de classe, quand la richesse et la pauvretédeviennent très grandes et qu'il apparaît une situation telle qu'un grandnombre de personnes ne peut plus satisfaire ses besoins comme il enavait coutume. » (« La Raison dans l'Histoire », p. 239). Seulement, il considérait les contradictions sociales comme l'élément contingent àtravers lequel s'accomplit progressivement l'essence de l'homme,autrement dit sa nature générique d'esprit libre. Pour Marx et Engels , Hegel a commis l'erreur d'identifier le réel à la Raison, car celle-ci n'est pas « la rose dans la croix du présent », mais l'avenir que l'humanité doit bâtir de ses propres mains, en détruisant les structures qui font du monde un lieu de misère et d'oppression. La vie humaine possède bien sûr une rationalité,qui n'est cependant ni proprement spirituelle, ni en elle-même positive. Aussi le véritable réalisme consiste-t-il à lapenser en partant de ses déterminations les plus élémentaires. La thèse marxienne est que les institutions de la société et leur évolution procèdent non pas de la conscience del'homme, qui est un phénomène second, mais de sa vie matérielle, c'est-à-dire de ses besoins premiers et desconditions concrètes de la production (ressources, travail, technique, etc.). « Les rapports sociaux , écrit Marx , sont intimement liés aux forces productives. En acquérant de nouvelles forces productives, les hommes changentleur mode de production, et en changeant le mode de production, la manière de gagner leur vie, ils changent tousles rapports sociaux. Le moulin à bras vous donnera la société avec le suzerain ; le moulin à vapeur, la société avecle capitalisme industriel . » (« Misère de la philosophie », p. 119). Les forces productives se développant, apparaît la division du travail, qui implique la répartition inégale des tâches et des produits, la « propriété privée », et finalement la contradiction entre l'intérêt de « l'individu singulier » et « l'intérêt collectif de tous les individu » (« L'Idéologie allemande », p. 31). Dans le passé, tous les modes de production ont été caractérisés par l'opposition entre les détenteurs des moyens de production, qui forment la classe économiquement et politiquementdominante, et ceux qui, d'une manière ou d'une autre, en sont réduits à soumettre leur force de travail à autrui.Ainsi, loin d'avoir consisté dans les progrès de la liberté, l'histoire n'a été qu'aliénation, déchirement de la société etfragmentation de l'homme. La désintégration de la communauté en un agrégat d'êtres incomplets et malheureuxculmine dans la société civile et l'État modernes, qui ne réconcilient nullement, comme le croit Hegel , l'unité politique et l'indépendance personnelle, mais constituent la forme de l'exploitation bourgeoise. « Là où l'Etat politique est parvenu à son épanouissement véritable , affirme Marx , l'homme mène [ ...] une vie double, une vie céleste et terrestre : la vie dans la communauté politique où il s'affirme comme un être communautaire et la vie dans la sociétécivile, où il agit en homme privé, considère les autres comme des moyens, se ravale lui-même au rang de moyen etdevient le jouer de puissances étrangères. » (« A propos de la question juive », p. 350). Pour Marx et Engels , l'État est donc l'expression du caractère conflictuel des rapports productifs et sociaux, et l'instrument par lequel«les individus d'une classe dominante font valoir leurs intérêts communs » (« L'Idéologie allemande », p. 74). Cette vision des choses est-elle en rupture avec l'idéalisme, comme ses auteurs le prétendent ? À son fondement, ily a l'idée que l'histoire est gouvernée par les contradictions des modes de production successifs, et notamment laplus déterminante d'entre elles, la lutte des classes, qui oriente peu à peu l'humanité vers le communisme, fin ultimede l'histoire des antagonismes sociaux, où la collectivité, débarrassée de l'exploitation économique et de ladomination politique associées au régime de la propriété capitaliste, organise la production conformément auxbesoins de tous, et où les individus, réconciliés entre eux et avec eux-mêmes, parce qu'ils travaillent désormais pourleur propre épanouissement, existent et agissent en toute liberté. Bien qu'elle se veuille un « matérialisme dialectique », cette philosophie de l'histoire ne se démarque que superficiellement de ta métaphysique hégélienne du devenir humain. Certes, d'après Marx et Engels , l'histoire universelle, qui est le mouvement de l'émancipation du travail, a pour élément principal, à chacun de ses stades, un type déterminé d'organisation de l'économie et desrapports sociaux, et pour moteur l'opposition des classes dominantes et dominées, tandis que pour Hegel , elle constitue le processus de libération de la conscience, dont les moments s'actualisent dans les esprits des peuples,grâce à la « ruse de la Raison », qui fait concourir les passions des particuliers et les actions des grands hommes au même principe nécessaire. Mais au coeur de ces deux conceptions se trouve la conviction que l'histoire est ladialectique des formes de la vie sociale à travers laquelle s'opère la réconciliation de l'existence et de l'essencehumaines. Pour Marx , en effet, l'homme est un être générique dont l'activité essentielle est le travail, mais dont l'existence réelle est déterminée par des institutions économiques et politiques qui réduisent celui-ci à des formesaliénées. L'histoire, comme mouvement d'abolition de la propriété privée, et acte d'instauration du communisme, estla suppression de toute aliénation, et « l'appropriation réelle de l'essence humaine par l'homme et pour l'homme » »

Le document : "Peut-on concevoir une société sans État ?" compte 3690 mots. Pour le télécharger en entier, envoyez-nous l’un de vos travaux scolaires grâce à notre système d’échange de ressources numériques ou achetez-le pour la somme symbolique d’un euro.

Echange
Loading...

Le paiement a été reçu avec succès, nous vous avons envoyé le document par email à .

Le paiement a été refusé, veuillez réessayer. Si l'erreur persiste, il se peut que le service de paiement soit indisponible pour le moment.

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Prévisualisation du document Peut-on concevoir une société sans État ?

Liens utiles