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Pourquoi la pensée fait-elle la grandeur de l'homme ?

Publié le 31/12/2005

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C'est ce que nous pourrions avant tout retenir de Pascal, l'idée selon laquelle l'essence de l'homme tient à sa pensée. Dans cette analyse, l'opposition de l'homme et de la Nature est radicale. Comme nous ne voyons pas dans la Nature d'êtres qui, semblables à nous, seraient capables de disposer de la connaissance d'eux-mêmes, nous en venons à opposer brutalement l'homme et la Nature. L'homme existe en ayant conscience de lui-même, la Nature, elle, se contente d'exister sans conscience de soi. « Il n'y a pas de bonheur sans conscience du bonheur ». Cela montre bien que la notion même de bonheur appartient uniquement aux hommes. Il n'est donc pas concevable pour un animal d'être heureux. L'homme est donc le seul à pouvoir être véritablement heureux. De plus si l'on considère que la fin suprême est le bonheur, on insinue que l'animal n'a en quelque sorte pas de fin, que son existence est sans but puisque dans l'incapacité totale de pouvoir un jour arriver au bonheur. Seule l'existence de l'homme aurait un sens.

La conscience est le propre de l'homme en général. Ce n'est pas par notre corps que nous pouvons avoir une place particulière dans le monde. Comme toute autre parcelle de matière, nous sommes soumis aux lois physiques; comme tout être vivant, nous subissons le vieillissement et la mort. Mais par la conscience de nous-mêmes, par la pensée de notre condition, nous atteignons un rang spécifique.

« Pour Pascal, la conscience équivaut à la pensée qui nous révèle les limites de notre existence : "La grandeur de l'homme est grande en ce qu'il se connaîtmisérable. Un arbre ne se connaît pas misérable. C'est donc être misérable quede se connaître misérable ; mais c'est être grand que de connaître qu'on estmisérable." Ainsi l'arbre n'a pas une représentation concrète de ce qu'il est, ilne fait qu'exister. En revanche l'homme peut prendre une certaine distancepar rapport à lui-même ce qui lui permet de s'auto- regarder et de s'auto-juger. De plus l'homme a conscience de ses limites corporelles, il sait qu'il estun être fini et c'est cela qui le rend misérable. Pourtant on peut constater unesorte de paradoxe entre la conscience de cette finitude qui rend l'hommemisérable et d'un autre côté cette même conscience qui fait la grandeur del'homme. "Pensée fait la grandeur de l'homme" (Pascal, Les Pensées) Ce paradoxe fait donc apparaître toute l'ambiguïté de la pensée, puisqu'elle est àla fois ce qui tire l'esprit de l'inertie d'une existence ignorante, mais qui leprécipite aussi dans les limites tracées par ses représentations. La grandeur de l'homme est grande en ce qu'il se connaît misérable. Un arbre ne se connaît pas misérable. C'est donc être misérable que de se connaître misérable ; mais c'estêtre grand que de connaître qu'on est misérable. Penser fait la grandeur de l'homme. Je puis bienconcevoir un homme sans mains, pieds, tête (car ce n'est que l'expérience qui nous apprend que la têteest plus nécessaire que les pieds). Mais je ne puis concevoir un homme sans pensée : ce serait une pierreou une brute. [...] L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature ; mais c'est un roseau pensant. Ilne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'écraser : une vapeur, une goutte d'eau, suffit pour le tuer.Mais, quand l'univers l'écraserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu'il sait qu'ilmeurt, et l'avantage de l'univers a sur lui, l'univers n'en sait rien. Toute notre dignité consiste donc en lapensée. C'est de là qu'il nous faut relever et non de l'espace et de la durée, que nous ne saurions remplir.Travaillons donc à bien penser : voilà le principe de la morale. Blaise PASCAL Approche problématique Dans ce célèbre texte, Pascal tend à démontrer le supériorité de l 'homme sur tous les éléments de la nature. En effet, on serait tenter de voir l 'homme comme un être faible et donc inférieur à tout autre élément. La condition mortelle de l 'homme, sa fragilité, en comparaison aux montagnes ou aux grands mammifères ne le posent elles pas en dessous de tout? Prendre conscience de sa propre misère ne manque pas d'une certaine grandeur, voilà la thèse de l'auteur. L'homme est certes faibles et soumis plus qu'un autre au temps et à l'espace mais il est le seul à en êtreconscient. La nature est certes plus résistante mais elle n'en a pas conscience, elle vit dans l'immédiateté, elle nepense pas. Ce n'est donc pas la matérialité de l'objet qui fait sa valeur mais plutôt sa spiritualité. Être conscientc'est être grand, l'homme est donc un roseau pensant, un être supérieure dans une enveloppe insignifiante? PourPascal, la pensée est le concept absolu de la définition de l'humanité, je suis homme non pas parce que jecorrespond physiquement à certains critères mais parce que je possède une activité intellectuelle intérieure. Qu'est-ce que l'homme ? Pascal nous le montre marchant entre deux abîmes : l'infiniment grand et l'infinimentpetit. L'homme apparaît ainsi comme « un milieu entre rien et tout », perdu dans l'univers infini que nous dévoile lascience. Cet univers est désenchanté. « Son centre est partout et sa circonférence nulle part » (Pensées). L'homme est de toutes parts dépassé par la puissance énorme de la nature. Sa faiblesse est immense, ses senssont limités, son corps est infirme. Il erre sur un milieu vaste, « toujours incertain et flottant », sans trouver destabilité. Mais l'homme pense. C'est là sa grandeur. « Par l'espace, l'univers me comprend et m'engloutit comme un point ;par la pensée, je le comprends. » Si l'univers peut écraser l'homme, l'homme est plus noble que ce qui le tue, car ilsait qu'il meurt. Mi-corps, mi-esprit, l'homme n'est ni ange ni bête. Mais qu'il ne cherche pas à faire l'ange ! car « quiveut faire l'ange fait la bête » (id.). L'homme ne doit pas chercher à ignorer sa condition chamelle. I La pensée donne une dignité à l'homme A- si elle nous fait méditer sur notre condition: « La grandeur de l'homme est grande en ce qu'il se connaîtmisérable. » L'homme est misérable parce qu'il est un élément faible de la nature, au moindre changementclimatique; à la moindre maladie, à a moindre pression physique il s'effondre là où beaucoup d'animaux et devégétaux survivraient. Descartes : « Ce qui me semble un très fort argument pour prouver que ce qui fait que les bêtes ne parlent pascomme nous est qu'elles n'ont aucune pensée, et non point que les organes leur manquent » B- Cependant l'homme possède quelque chose d'unique, d'éternel car non soumis au temps, d'inatteignable pour unquelconque élément de la nature: la pensée. C'est cette pensée qui permet à l'homme d'atteindre la spiritualité »

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