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Y a-t-il, au point de vue psychologique, une différence entre l'homme passionné et le volontaire ?

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Bien plus, par suite de la tension de tout l'être à les satisfaire, ces désirs se renforcent et s'élèvent parfois au niveau de la passion: Cette transformation est même normale; aussi a-t-on pu dire qu'on ne fait rien de grand sans une grande passion. N'est-ce pas admettre équi-valemment qu'un grand volontaire est un grand passionné ?

 

ci, Inversement, la raison par laquelle on définit la volonté ne manque pas chez le passionné. Bien plus, il faut considérer la raison comme une « condition première de la passion « (1), sinon comment expliquer chez l'animal que les tendances ne s'élèvent jamais au degré passionnel ?

« 180 PSYCHOLOGIE et calcule; il se montre même souvent d'une pénétration d ·esprit el d'une ingéniosité rcmarquabies. Il y a plus. La passion cherche à se donner les apparences d ·une \Oli­ tion résultant de l'examen de motifs rationnels et même d'ordre morc11: on observe en elle « cette espèce de prurit d'apologétique qui /Il fait ~c poser souvent elle-même en émule ostentatoire de la raison morale ... L'homme n'accepterait pas toujours sa passion, s'il ne trouvait le moye11 de se donner le sentiment qu.'clle est dans l'ordre et de lui en imposer /'apparence " (1). Il n'y a donc pas une ligne de démarcation bien nette entre la Yolonté et la passion : la première se dégrade souvent en prenant rruelrrue chose de la -seconde, et la seconde usurpe fréquemment les apparences de la premi".re. On comprend donc qu'on puisse les confondre. Mais la conf11cio11 esl,-elle inévitable. II. - PEUT-ON LES DISTINGUER ~ Pour connaltre les objets sur lesquels il a à ~e prononcer, le p,ycho· Jogue dispose Lie deux moyens : l'introspection et ! 'observation extérie11rl'. C'est pourquoi nous nous demanderons d'abord si nous pouvons discerner en nous d'une façon certaine la passion de la YO!onté; ensuite, si nous pouvons hors de nous distinguer l'homme passionné du vol ont aire. A. En soi. - aJ [;ne première affirmation ne paraît pas disrntable : celui qui agit par volonté sait bien qu'il ne se laisse pas mener par une passion. Sans doute, ainsi que nous l'avons dit, il éprouve des attraits et des répulsions, mais il les domine. De plus, il admet facilement le danger qu'il court de céder à l'entraînement; aussi lui est-il possible de remettre en question une décision prise; du moins se sent-il prèt à renoncer à ses projets, dans le cas, qu'il ne considère pas comme chi­ mérique, où il s'en présenterait de plus sages. C'est préci"l'ment da11> la mesure où il refuse toute discussion et devient incapable rie considérer une autre éventualité que celle à laquelle il s'est arrêté qu ïl fH"''C sons l'emprise de la passion. b) Mais il ne se rend pm; compte de ce changement, car il est bie11 difficile au passionné de reconnaître son esclavage; parfois même, il wrra dans son comportement ries signes d'une puissante volonté. Aux moments de crise, en effet, la tension de tout l'être Yers la con­ rruête de l'objet convoité présente beaucoup de ressemblance avec la coordination des énergies que réalise la volonté. Sans doute, une com­ paraison impartiale et approfondie aurait vite décélé des différences essen­ tielles entre les deux états; mais le passionné est incapable de l 'ab~­ traction sans laquelle il n'est pas de jugement possible; son esprit riv1> i1 ! 'objet qui J'hypnotise ne peut pas s'en détacher et prendre Je recul nécessaire à une comparaison. Aux moments de relâche, quand ! 'obsession se fait moins rigoureuo1~, le passionné peut bien aYoir un certain sentiment de ! 'anomalie de ! 'état par lequel il vient de passer; mais, il moins d'être habitué à ! 'intro­ spection et à l'analyse intérieure, il ne se reconnaîtra pas esclave de la passion : de ses folies d'hier la mémoire ne h,i conservera qu'un souvenir estompé et son imagination lui représentera un lendemain de possession paisible; il se croira sur le point de parvenir à 1 'équilibre. 't) ~!. PRADIC'iES. Traité de psychologie générale, t. Il**, p 320-321. »

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