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Expliquer et discuter cette affirmation de G. Belot : e La science est née à la chasse, à la cuisine, à l'atelier, dans l'exercice libre et profane des activités techniques et intellectuelles directement déterminées par le besoin ou la curiosité et faisant leur apprentissage au contact de la réalité. »

Publié le 15/09/2014

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INTRODUCTION. - Comment l'homme est-il passé de la simple observation des faits à la détermination des lois dont la synthèse constitue le corps

des diverses sciences    Les philosophes discutent la réponse à faire à cette question : pour les uns elle serait née de la technique qui a polir but la production d'objets utiles; pour d'autres, la technique aurait été précédée par la magie qui prétend imposer sa volonté à la matière par des rites et des incantations; parfois aussi on la fait dériver de la reli­gion qui explique les phénomènes par l'action de la divinité et dont le domaine se restreindrait à mesure qu'augmente celui de la connaissance scientifique; beaucoup enfin pensent que, dès l'origine, l'homme était poussé par le désir de savoir et de comprendre, en sorte que la science serait chez l'homme une attitude primitive et non dérivée.

 

Dans ce débat, Gustave BELOT prend position en une déclaration assez complexe que nous discuterons après l'avoir analysée et expliquée

« 216 LOGIQUE système cohérent, soit par l'ensemble des systèmes cohérents que sont les diverses sciences, par exemple la physique ou la chimie. b) De celte science, on dit comment elle est née. Il n'est pas question de son développement et moins encore de son évolution actuelle, mais de sa première apparition dans le monde. Toutefois naissance dit plus qu'apparition : on naît d'une chose antérieure de même espèce ou d'es­ pèce voisine, et la question est précisément de savoir quelle est l'as­ cendance de la science. c) BELOT ne répond pas simplement de la technique, comme une lecture rapide de sa déclaration pourrait le faire croire. Il commence d'abord par énumérer à titre d'exemple plusieurs activités concrètes à l'occasion des­ quelles le primitif a pu s'élever aux premières notions scientifiques la chasse, la cuisine, l'atelier. Ce seraient donc leurs besoins qui auraient amené nos lointains ancêtres à travailler et en mème Lemps à chercher l'explication du monde : la science serait née de la technique, qui a pour but d'obtenir certains résultats pratiques. d) .ais la suite de la citation apporte à cette première impression d'importants correctifs et des précisions d'un grand prix. Généralisant, BELOT fait naître la science dans l'exercice libre et profane des activités techniques et intellectuelles. Tous ces mots sont à peser. Cc n'est pas de n'importe quel travail que peul sortir la science, mais d'un trarnil libre : l'esclave qui roulait des pierres sous la menace du fouet ne pouvait pas découvrir une loi physique. On peut en dire autant du misérable qui peine pour apaiser la faim qui le tenaille. La science ne nait donc pas de n'importe quel travail, mais d'un travail exécuté avec la liberté d'esprit dont jouissent les professions qu'on appelle de nos jours libérales. Le travail qui donne naissance à la science est, ajoute BELOT, un tra~ vail profane, c'est-à-dire n'ayant pas de caractère religieux comme les pratiques magiques. Par là est rejetée la théorie, soutenue par exemple par FRAZER, d'après laquelle la science se rattache à la magie. A première vue, ce rejet pourrait paraître injustifié et la science pourrait dériver en même temps et de la technique et de la magie. Mais si on y réfléchit un peu, on verra que la magie ne prépare la science que dans la mesure où elle implique une certaine technique, si elle n'est pas une technique véritable qui se cache sous des apparences magiques. Les actiYités par lesquelles l'homme subvient à ses besoins ne sont pas seulement techniques; elles sont aussi intellectuelles. Il y a en effet des techniques instinctives : celle que nous admirons chez certains animaux, en particulier chez les insectes. D'autres pourraient résulter d'une sélec­ tion irréfléchie des mouvements qui ont obtenu le but cherché. Ce n'est pas par là qu'on peut expliquer l'origine de la science : vraiment savoir, c'est comprendre; or, ce n'est pas une activité simplement productrice qui se transformera en compréhension; il faut, de plus, à l'origine, l'in­ telligence dont l'exercice à l'occasion de l'effort producteur parviendra à la science. e) Ces actiYités sont déterminées par le besoin et la curiosité. Par là, Gustave BELOT montre qu'il ne juge pas suffisante la théorie pragmatiste de l'explication de la science et qu'il fait une part à la théorie intellec­ tualiste : le besoin de savoir et de comprendre y joue un rôle en même temps que le besoin de manger et de se garantir du froid. »

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