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Expliquer et discuter cette affirmation de G. Belot : La science est née à la chasse, à la cuisine, à l'atelier, dans l'exercice libre et profane des activités techniques et intellectuelles directement déterminées par le besoin ou la curiosité et faisant leur apprentissage au contact de la réalité.

Publié le 16/09/2014

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Le travail qui donne naissance à la science est, ajoute BELOT, un tra­vail profane, c'est-à-dire n'ayant pas de caractère religieux comme les pratiques magiques. Par là est rejetée la théorie, soutenue par exemple par FRAZER, d'après laquelle la science se rattache à la magie. A première vue, ce rejet pourrait paraître injustifié et la science pourrait dériver en même temps et de la technique et de la magie. Mais si on y réfléchit un peu, on verra que la magie ne prépare la science que dans la mesure où elle implique une certaine technique, si elle n'est pas une technique véritable qui se cache sous des apparences magiques.

« 216 LOGIQUE système cohérent, soit par l'ensemble des systèmes cohérents que sont les diverse·s sciences, par exemple la physique ou Ia chimie. b) De celte science, on dit comment elle est née. Il n'est pas question de son développement et moins encore de son évolution actuelle, mais de sa première apparition dans le monde. Toutefois naissance dit plus qu'apparition : on naît d'une chose antérieure de même espèce ou d'es· pèce voü,ine, et la quesfüm est précisément de savoir quelle est l'as­ cendance de la science. c) BELOr ne r,)pond pas simplement de la technique, comme une lecture rapide de sa déclaration pourrait le faire croire. Il commence d'abord par énumérer à Ure d'exemple plusieurs actiYités concrètes à l'occasion des­ quelles le pdmitif a pu s '•!lever aux premières notions scientifiques : la chasse, fo cu.isine, l'atelier. Ce seraient donc leurs besoins qui auraient amené nos lointains ancêtres à travailler et en mèmc temps à· chercher l'explication du monde : la science seruit née de la technique, qui a pour but d 'obh:nlr certains résultats pratiques. d) MaiE. la suite de la citation apporte à cette pre1mcre impression d'irnporlanls cotTectifs et des précisions d'un grand prix. Généralisant, IlELOr fuit. naître la science dans l'exercice libre et profane des activités techniques et intellectuelles. Tous ces mots sont à peser. Ce n'est pas de n'importe quel travail que peut sortir la science, mais d'un travail libre : l'esclave qui roulait des pierres sous la menace du fouel; ne pouvait pas découvrir une loi physique. On peut en dire autant du misérable qui peine pour apaiser la faim qui le tenaille. La science ne na.ît donc pas de n'importe quel travail, mais d \m travail ex:écuté avec la liberté d'esprit dont jouissent les professions qu'on appelle de nos jours libérales. J,e travnil qui donne naissance à la science est, ajoute BELOT, un tra­ vail r1rofan·e, c'est-il-dire n ·a~·ant pas de caractère religieux comme les pratiques magiques. Par là est rejetée la théorie, soutenue par ex:emple par FRAZim, d'après laquelle la science se rattache à la magie. A première vue, ce rejet pourrait paraître injustifié et la science pourrait dériver en même temps et de la technique et de la magie. Mais si on y réfléchit un peu, on Yerra que la magie ne prépare la science que dans la mesure où elle implique une certaine technique, si elle n'est pas une technique véritable qui s,3 cache sous des apparences magiques. Les activités par lesquelles l'homme subvient à ses besoins ne sont pas seulement techniques; elles sont aussi intellectuelles. Il y a en effet des techniques instinctives : celle que nous admirons chez certains animaux, en particulier chez les insectes. D'autres pourraient résulter d'une sélec­ tion irréfléchie des mouvements qui ont ohtenu le but cherché. Ce n'est pas par là qu'on peut expliquer l'origine de la science : vraiment saYoir, c'est comprendre; or, ce n'est pas une activité simplement pI'odnctrice qui se tfflnsforrnera en compréhension; il faut, de plus, à l'origine, l'in­ telligenee dont l'exercice à l'occasion de l'effort producteur parviendra à ln science. e) Ces activités mut déterminées par le besoin et la curiosité. Par là, Gustave llELor montre qu'il ne juge pas suffisante la théorie pragmatiste de l'explicati »

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