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Faut-il nécessairement se référer à la réalité pour établir la vérité ?

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Ainsi, les vérité: scientifiques d'aujourd'hui déclassent ou refondent celles d'hier et seront les «erreurs» de demain : on sait que les théories d'Einstein n'ont pas réfuté la physique de Newton, mais, pour une part l'ont complétée, pour une autre, l'ont rectifiée et relativisée (les lois de Newton, sont toujours vraies pour les corps et les phénomènes macrophysiques : révolutions planétaires, comètes, marées, arcs-en-ciel etc), mais elles ne «marchent» plus pour les atomes et les particules, c'est à dire pour les phénomènes microphysiques, qui ne sont régis que par des lois probabilitaires.Toutefois, on peut se demander si le problème du critère de la vérité concerne de la même façon la connaissance humaine commune et les sciences. De ce point de vue, il semblerait que la science, si elle n'est pas vraie de façon absolue, nous permette en tout cas de nous délivrer de l'erreur et de l'illusion, c'est à dire, en somme, de ce qui trompe et abuse ordinairement les hommes. 2. Erreur et illusion : Il faut d'abord distinguer l'erreur de l'illusion. L'erreur est le plus souvent due à un jugement hâtif ou précipité. Ce qui revient à dire qu'il y a erreur dès que nous affirmons plus que ce que nous savons en réalité. Nous jugeons alors par prévention, c'est à dire sans savoir, avant de s'être instruit. Toute erreur serait alors de l'ordre du préjugé (= d'une idée préconçue). Celui qui, comme Socrate, sait qu'il ne sait rien, s'abstient de juger et par conséquent ne se trompe jamais.

« ainsi le critère du vrai, et un savoir vrai est ainsi un savoir qui possède un pouvoir. Mais n'est-ce pas là ramener lavolonté de vérité à une volonté de puissance ? Tout savoir est-il donc intéressé ? • Le vrai n'est rien d'autre que ce qui se vérifie, ce qui est utile à l'action. Pensée et action sont liées dans lesuccès. SUPPLEMENT: Vérité et utilité ? Introduction : Le vrai ou le faux se disent d'abord des jugements ou des idées plutôt que des choses ou des événements. Il nefaut pas confondre la vérité et la réalité. Dire par exemple que j'ai éprouvé une «vraie joie», c'est dire simplementque j'ai éprouvé une joie authentique et non une simple satisfaction passagère. Mais les choses ne sont en elles-mêmes ni vraies ni fausses. Ce sont les représentations que nous en avons qui peuvent l'être. Ainsi un faux Gauguinest aussi bien une vraie imitation, faite par quelqu'un d'autre. Les choses sont ce qu'elles semblent être ou alorselles sont autre chose : du faux or peut être du vrai cuivre !De là, la définition traditionnelle de la vérité comme correspondance de l'idée et de l'objet qu'elle représente. Estvrai, en somme, un jugement conforme à ce qui est. Toute la difficulté est alors, bien entendu, de parvenir à saisirles choses telles qu'elles sont en elles-mêmes, et non pas simplement telles qu'elles nous apparaissent. C'est leproblème de la connaissance. Nous savons déjà que nos sens peuvent nous induire en erreur : par exemple la vuenous fait bien voir un soleil qui se «lève» et qui se «couche», quand nous savons qu'il n'en est rien, puisque c'estnous (la terre) qui tournons autour de lui. Parvenir à la connaissance implique ainsi souvent que nous dépassions ceque nous donnent nos sens et que nous en appelions à notre rais o n. 1. Vérité et cohérence : l'idéal scientifique. On définit la science comme une connaissance objective, c'est à dire une connaissance qui portesur des objets dont l'existence est clairement établie et qui en énonce les lois et les propriétés, indépendamment dece que nous en percevons immédiatement. Une telle connaissance doit alors répondre à la fois à des critères devalidité (= de cohérence) et de vérité (= conformité entre l'énoncé et les faits), ce qui n'est possible que si elleutilise des concepts (= des idées générales), clairs et distincts.La validité est un critère essentiellement logique qui nous interdit simplement de soutenir des énoncéscontradictoires. Mais ce critère de validité est en lui-même insuffisant pour produire une connaissance vraie. Lacohérence ne définit en effet que l'accord de la pensée avec elle-même mais pas encore avec son objet. Il fautdonc lui adjoindre un critère de vérité proprement dite. Il n'y a de science que lorsque nos représentations ne serèglent pas seulement sur elles-mêmes, mais aussi sur leur objet.Mais comment juger de l'accord de la connaissance avec son objet ? Si on ne peut pas savoir ce que le réel est ensoi (indépendamment de la représentation qu'on en a), il ne reste plus qu'à établir la conformité de nos idées avec lafaçon dont le réel se montre à nous dans l'espace et dans le temps. Ce qui se montre à nous c'est ce qu'on appellejustement les phénomènes (= les choses, en tant qu'elles nous apparaissent).Dans les sciences, on fait alors appel aux preuves et aux démonstrations. Est vrai ce qui est prouvé ou démontré.Mais peut-on tout démontrer ? Même dans les sciences les plus rigoureuses (logique, mathématiques, physique), ilest impossible de tout démontrer.En mathématiques, par exemple, on est obligé de recourir à des propositionspremières ou initiales qu'on admet comme vraies, sans qu'on puisse les démontrer : ce sont les axiomes. Ainsi, dansla géométrie d'Euclide, l'affirmation qui pose que : par un point extérieur à une droite, on ne peut faire passer qu'uneseule parallèle à cette droite, est un axiome. On la tient pour évidente et pourtant on n'a jamais pu la démontrer !Plus généralement, on ne peut démontrer les principes fondamentaux auxquels fait appel toute démonstration, quellequ'elle soit. En logique, par exemple, le principe de non-contradiction ne peut pas être démontré, bien qu'il soitrequis et présupposé dans tout raisonnement. On trouve même, dans certains systèmes logiques, des propositionsqui n'obéissent pas au principe du tiers exclu, c'est à dire qui ne sont ni vraies, ni fausses, ni absurdes et qu'onnomme pour cela indécidables. (par exemple : Épiménide le Crétois déclare : «tous les Crétois sont des menteurs»,ment-il ou dit-il la vérité ?). Enfin, plus radicalement, s'il fallait tout démontrer, on tomberait dans une régression àl'infini : il faudrait démontrer la démonstration, puis la démonstration de cette démonstration etc.De même, en physique, une théorie n'est jamais entièrement et définitivement prouvée par l'expérience. Uneexpérience est toujours particulière et une théorie est toujours universelle (du moins pour une classe donnée dephénomènes). Or, même répétée dans des conditions identiques – ce qui, même en laboratoire, est déjà difficile –une expérience ne suffit pas à rendre vraie une théorie : elle peut tout au plus la réfuter ou ne pas la contredire.C'est pourquoi une théorie est déclarée vraie, non parce qu'elle est prouvée, mais parce qu'aucune contre-expérience ne parvient à la réfuter et qu'il n'en existe pas de meilleure et de plus féconde pour expliquer lesphénomènes étudiés (c'est la thèse de K. Popper). Ainsi, la théorie de la sélection naturelle des espèces de Darwin,n'a jamais été prouvée par l'expérience, puisqu'elle n'opère qu'à l'échelle de millions d'années. On ne peut doncmonter aucune expérience capable de la confirmer, ni d'ailleurs de la réfuter. Pourtant, elle reste largement admisepar les biologistes parce qu'elle est la seule à pouvoir expliquer de façon cohérente la formation et l'évolution desespèces vivantes (par exemple, pour comprendre les relations qui existent entre certaines espèces actuelles et desfossiles).Il n'y a donc pas de critère universel et absolu de la vérité par rapport à sa «matière» (c'est à dire à la particularitéconcrète de ses objets), mais seulement en ce qui touche à sa forme, c'est à dire à sa cohérence interne. Or, on l'a »

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